‹ En GuinéeChapitre 10 sur 115 · DE BECKMANN · texte numérisé non relu

DE BECKMANN

Oonakry à Timto. — 1891.

Comme on le remarque, c'est presque toujours Timbo qui est le point d'attraction des explorateurs de la Guinée fran(;aise et du Soudan.

il. de Beckmann, administrateur du Dubi'éka fut, lui aussi, chargé en 1891, de se rendre îi Timbo pour reconnaître le tracé de la future route coloniale vers le Fouta.

M. de Beckmann apportait îl l'Alniamy la redevance annuelle que la colonie de la Guinée française a la mauvaise habitude de payer h. des chefs, peu scrupuleux des ti-aitcs et toujours en quête de mauvais sentiments à l'égard 4e3 Eui-opéens a' égarant dans leur pays.

MADROLLE ET BAILLAT

Du Nnnez à Kadé. — 1893.

En 1893, Mil. Madrollc et Baillât reçurent du gouvemement colonial de la Guinée française, la mission de reconnaître les îles Tristao et de se rendre dans la vallée du Rio-Grande par le Cogon, pour gagner le Fouta-Biallo.

Ils suivirent la route suivante : Boké — Marigots du Bas-Nunez — Tristao — le Coumpony jusqu'à Kandiafara — Koumataly — Cogon et Rio-Grande — Mahmadou Guimi — Saraba — Kadé — les sources thermales — Dourabiadji —

(1) Rapport de M, lo capitaino Brosselard-Faidherhe. — Journal officiel du 27 juillet 189t.

Môrliiia — Gut'mé — Bnnihaya — Kokm-oto - Bakero — Bi>fiii — Conakrj- Sierra Leone.

Dans ce voyage, les pennies reconnus furent les Ijaniîounians, les Xalous, lei Bag'as, les Tendas, les lolas, Ifs Foulacomulas, les Mandingues du Gabou, dnj Kadé et de Toubah, les Foulali». et les Soussous.

" Au Foréah, ehez les Foulaenundas, nous sommes liien reçus. Ap^^s avoid flëjoum^ quelque temp« dans ce pays, nous nous mettons en route vers le couda siipérîem' de Cogon et Kade, mais comme les premiers villages foulalia. en guen avec Its Foulacoundas, se sont retirés vers l'intérieur de leur jiays, nous alloni sans guide, h l'aveuglette.

Aprts quelques jours de marrlio, nos provisions se sont beaucoup épuîsi-c( et nous devons, alors, avoir recours h la cliasse.

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AILLAT ET MADROLLE, A SAItliE-.MOliSU

Nous envoyons notre inteqjrète pour rechercher la direction du premie) village foulah ou tout au moins quelques indices, car nous avons perdu toufl sentier, toute trace d'iiomme. Seules, quelques empreintes de pied d'éléphants, dw biches et d'antilopes, nous indiquent la direction d'une source ou d'un cours d'eauJ

Nourrir et satisfaire une trentaine d'hommes qui composent notre suite, eau

A peu de temps de lii, noua parvîmmes h Kabara.

Le filsdu chef de Kadé, Agnibou, circulait dans la contrée : il vint k Kabara et noua rendit visite avec toute sa troupe. Il nous assura des bonnes dispositions de son père envers les Français et nous promit que les chefs de village qui nous avaient mal re(;us seraient batonnés. II alla mijme plus loin, il nous otî'rit la tête de l'un d'eux. Maïs nous nous contentâmes d'une simple bastonnade.

Cette punition était nécessaire, parce qu'il fallait qu'après cet affront, notre passage Ht époque pour que nos concitoyens qui y passeront dans l'avenir y soient mieux reçus...

Treize jours après notre départ de Kad(5, nous pénétrions dans la ville de Guémé, située au sommet d'un mamelon... Notre marehe fut continuée vers Bambaya et le Cogon, traversé h six kilomètres au nord de cette \'ille.

Le pays est accidenté et les pâturages permettent k de nombreux troupeaux d'y vivre pen<lant la bonne saison...

M. Baillât, souffrant d'un long séjour dans les colonies, tonil>a bientôt malade. Ma santé, affaiblie par six mois de courses continuelles, me for<^ à m' aliter; l'anémie commençait, et, nous sentions qu'il était temps de rej^agner la côte. Nous laissâmes donc nos projets de Timbo et notre itinéraire de retour par le Caniah et la Mellacorée, pour prendi-e au plus tôt le sentier du Rio PongD.

Pendant notre retom* k la côte, les pluies se mirent k tomber. C'était le commencement de riiivernage oti par seaux d'eau la pluie vient tout effondrer.

En quittant Bambaya, nous pi-îmes d'abord une direction sud-ouest Jusqu'au village de Dara Slagnaki, lieu habité le plus propre et le plus coquet que j'aie rencontré en pays foulab. De lîi, on passe dans le bassin du Pongo et en pays

BOUSSOU.

Ici, les villages sont propres et vastes, les maisons sont en ten-e et plus agréables k habiter, et les habitants plus commerçants et moins rebelles k nos mœurs.

Dans les maisons on voit des étoffes et des objets européens : on est alors eliez un peuple qui a l'habitude de fréquenter nos comptoirs. Les villages sont plus nombreux et le terrain plus favorable aux cultures.

A notre arrivée au Pongo, toutes les maisons de commerce furent en ft-te et rivalisèrent pour nous offrir l'hospitalité la plus cordiale.

■ D'après les rumeurs indigènes, on croyait que M. Baillât avait été assassiné par les Noirs avant notre arrivée k Kadé, et, que mon convoi Ji moitié pillé, avait été attaqué plusieurs fois ; que j'avais dû quitter le Fouta et gagner le Sénégal; tels étaient les bruits des indigènes de la brousse. Un service divin était même sur le point d'ôtre fait par les Pères du Pongo, quand M. Baillât et notre mission y parvini'ent.

Notre voyage d'exploration se trouvait terminii. La mission gagna Conakry par mer où elle reçut un parfait accueil.

Noua amenions dans le chef-lieu de la colonie un messager particulier ily l'alpha Yaya, modi Baker, qui nous avait suivi depuis Kabara. Précepteur du jeune Aguihou, Baker fut adjoint ïi notre mission et nous rendit de signalés services dans nos rapports avec les Foulahs. Très bien reçu par le gouveroeur de la Guinée, il regagna Boké à bord d'un vapeur et rentra dans son pays très satisfait de son séjour panni les Blancs de la côte, desquels il reçut force cadeaux.

Son retour dans le Labé répandra le nom de la France et fera, je pense, connaître le nom de Conaki-y, qu'aucun habitant de la vallée de Rîo-Grande ne connaissait encore lors de notre passage dans ce pays.

Un court voyage dans la presqu'île de Dubréka, dans les iles de Los et h Sieri"a^Léone teraiina mes excursions en Afrique... *' (1).

Tandis que MM. lladrolle et Baillât exploraient la partie occidentale de la Guinée française, M. Paroisse, la même année, reconnaissait le bassin central de de la colonie : le Kou-Kouré.

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