HECQUARD
Gambie à Timbo — 1860-61
Hecquard était lieutenant aux spahis sénégalais et commandant du cercle de Bakel, lorsqu'il reçut du gouverneur du Sénégal mission de gagner Ségou et le Fouta Diallo par la cote de l'Ivoire. N'ayant jm remonter la Comoé, il gagna par navire les comptoirs situés au sud du Sénégal. '^ Retenu en Cazamance par les vissicitudes de la guerre que se faisaient alors les habitants du Brassou et ceux du Cabou, je profitai de cet intervalle pour visiter le fleuve, ainsi que la rivière Saint-Grégoire (2), dont je pus i-econnaître la source. Cependant les hostilités ne cessant pas et ne voyant plus revenir un messager que j'avais envoyé h l'Almani du Fouta Diallon pour lui demander une escorte, je me décidai à changer mon itinéraire et à me mettre en route. Deux chemins s'offraient à moi: l'un, plus court, consistait h aller gagner Géba et h suivre en partie la route prise par M. MoUien à son retour ; Tautre, plus difficile, mais plus intéressant, me permettait de visiter les royaumes du Haut-Cabou, où jamais Européen n'avait mis les pieds. J'optai pour cette dernière voie et, franchissant les plaines inondées qui séparent la Cazamance de la Gambie, je suivis les rives de ce fleuve juscju'à Fattatenda ; puis, traversant les Etats du Haut-Cabou — qui jamais n'avaient vu d'hommes blancs, — j'arrivai sur les bords du Rio Grande. De là je visitai le Kolli, les villages inconnus des Tiapys (3), et après avoir erré longtemps dans les montagnes arides et désertes du
(1). René Caillié. Voyage a Tomhouctou (1830). (2). Songrogoa ou Marsassou.
(3) Les Londoumans ont encore dans le Rio Grande, plusieurs villages. Ce peuple est appelé Tiapys par les Foulahs.
Bauvès, pour éviter un chef insurgé contre TAlmani régnant, je gagnai Timbo, capitale du Fouta Diallon, où je séjournai quatre mois, attendant vainement des secours que j'avais demandés à Bakel ; mais n'espérant plus les voir arriver, je pris à regret le parti impérieusement recommandé par ma situation de retourner au Sénégal. Alors TAlmani, dontj'avaisconquis toute la bienveillance, me donna deux de ses parents pour m' accompagner à Saint-Louis, où j'arrivai le 14 sei^tembre 1851, aj^rès une absence de dix-neuf mois, ayant visité les sources du Sénégal, du Rio Grande, de la Gambie et de la Falémé, traversé le Tangué, le Nicolo, le Kaman, le Bondou et exploré quelques contrées sur lesquelles nul Européen que je sache n'avait encore porté ses pas, tels que le Haut Caboù, le KoUi, le Bauvès, le Nicolo, et le Kaman " (1).
Quelques années après, l'officier Lambert préparait un voyage vers Timbo, résidence des chefs du Fouta.