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ADMINISTRATION

La Guinée portugaise est une vieille colonie de la Coui-onne, qui fut créée au XVI' siècle pour servir de lieu de déportation (3).

(1) Berliotn — André Brùe.

<2) D'après la Tumenr pnblique, une société k capitaux anglais et portngrais viendrait d'obtenir la coucesaion définitive de tonte la Gainée portngraise ; cette noavello înatitutiou aurait le droit d'administrer la colonie, d'émettre dos billets de banqne, de créer des chemins de fer, des routes, et d'exploiter les mines le cas échéant. Sa charge aérait de combler les déficits de la colonie an cas où it s'en présenterait

(3) Los frontières de la colonie ont été déterminées par la convention franco-portn^îse de IS87 12 mai» :

Uiie ligne partant dn cap Boxo se tiendra à égale distance des rivières de Cacitéo (ou San- Domingo de Cachéo) jnsqn'à l'intersection dn 17' 30' do longitude ouest de Paris et le 12°40' de latitude nord.

Dans l'Est le 16° de longitude ouest de Paris servira de limite.

Au Sud, la frontière partira du rio Cajet (canal Madrolle), situé près de l'Ile Katak (Katrak on lie Aube; et remontera vers le Nord-Est en se tenant à (-gale distance des cours dn Cogon on (Compony (Coumponj on Tabati) et du Kio Cassini, puis dn Rio Grande jusqu'au point d'intersection du 11* 40' de latitude nord qoe la frontière suivra jusqu'au 16° de longitude.

Par ce traite le Cassini était cédé aux Portugais qui nous donnaient en compensation le comptoir de Zighinchor. entrepôt important au centre du bassin de la Casamance.

Le manque d'énergie et de ressources ont été les causes de la décadence des Portugais ; cependant une troisième vient encore réduire leur autorité en Afrique : c'est la question de races ; — en effet les Portugais de la Guinée, originaire^ presque tous des îles du Cap-Vert, sont de couleur noire ; — c'est pour cet:^^ raison que les nègres les prennent pour leurs semblables et qu'ils ne leur ©-^ ^ imposent pas ; — il n'y a que le Blanc qui, seul, leur paraisse supérieur puisqi Mahomet lui-même n'a pas pu le maîtriser.

L'armée se recrute dans la colonie de l'Angola portugais, des cadre européens les instruisent. L'infanterie se compose du 1" bataillon de chasseurs trois compagnies de 100 hommes (1) et d'un détiichement de quinze artîlleu«^ européens qui complète la défense de la colonie.

Malgré cette force année, les Blancs ne sont pas même en sûreté dans le^ postes portugais, car s'ils n'ont pas les indigènes contre eux, ce sont parfois le^ soldats qui se soulèvent ou refusent de marcher contre l'ennemi.

La marine militaire est peu considérable : deux petites canonnières à vapeur marchant k la voile, pour plus de sûreté, et trois cotres armés mettent en communication irrégulière le pouvoir central (Boulam) avec les postes portugais.

Les recettes de la Guinée sont peu élevées. En 1891-92, 303.000 francs sont entrés dans les caisses du gouvernement; les dépenses vont sans cesse en s'élevant et la même année la colonie devait avoir recours à la métropole pour 800.000 francs.

COMMERCE

Le commerce ne se faisait pas anciennement en Guinée portugaise comme dans les autres colonies européennes. " Les Portugais qui vivaient sur les terres des princes indigènes, étaient souvent les intermédiaires des Compagnies étrangères, et Brue avait recours à leurs services dans la Gambie. Dans leurs propres ' colonies, au contraire, le commerce avec les étrangers était généralement prohibé, et ils avaient aussi une» Conipaguie privilégîé(». Cependant le monopole de cette dernière n'était pas illimité, et il y avait certains achats qui lui étaient interdits et certains marchés qui lui étaient fermés.

(1) Anciennement à quatre compagnies.

La Guinée portugaise est un pays riche et d'un très grand avenir : i.ft longueur des rivières, la richesse de la terre dont les produits sont si beaux, ^Q font pour l'avenir un pays alléchant que la fVance ne devrait pas perdre de vi»^ «■

COMMUNICATIONS

Un service Ji vapeur, mensuel et régulier, dessert Bîssao «t Boulam et me= * en relation la Gruiu(?o avec les pays voisins. Les têtes de ligne de cfe service son *■ Dakai" et Sierra-Léone.

Un vapeur portugais, partant des îles du Cap Vert, met aussi mensuellemcai^MM Boulam en correspondance avec Lisbonne.

D'après Andrc BiTu», '' Caclic'o était le seul ctablîssemont européen de cetr jito côte qui ressemblât h une ville. Il y avait lii (juelques -fonetionnaires, m: -«nie population blanche j)lus iiombreusc et des relations moins rares avec l'Europ^^ «3t*i Le directeur s'y arrêta donc plus volontiers, et il a tracé de cette société af ricaii^r -«rne uii tableau fort i)eu flatteur.

D'après lui les citadins de Cacher» n'étaient pas précisément d'une lionnêtetfc" •*?te bien recommandable. Il y avait là toute une société de bravi qui opéraient ave^::::^ ce la plus grande trantiuiUité des (|ue la nuit était venue. Un plastron de cuir, qin-^ ui leui' couvrait la poitrine, était percé de j)etits trous où Ton pla<;ait plusîeui" -«^ i'^ paires de i)istolets comme dans des meurtrières; des poi<»"nards, un bouclier, un» -^^e grande épée, une carabine, <les lunettes (jui leur cachaient les yeux, un lon^^-g manteau noir, une fourche ])our servir d*aj)pui au fusil, tout cet attirail faisai' ^t de chacun d'eux une citadelle ambulante. Voilà les visiteurs qu'on rencontrait Ic^sJi nuit (hms les deux rues de Cachéo et, quel([uefois, dans les maisons, où Toi' ^i devait s'enfermer avec soin (1 :■.

Il ne fallait i)as conq)ter sur la garnison, (jui était de trente soldats; car le rondes ([u'elle faisait la nuit étaient presque aussi re»loutées que les roncontreîr=T des bandits. On expliciuait ces jiabitudes par linsufiisance de la solde, a laquell les soldats du roi ajoutaient tle jx-tits sui)i)léments. Le reste de la populatioi était à l'avenant et les Blancs ne valaient guère j)lus (jue les Noirs qui s'étaieu établis au milieu d'eux. Ceux (jui avaient la prétention d'aj)partenir aux classcrrrs élevées fermaient leur maison à toutt» société. Au résumé, dans cette bonne villiz-* - M^ de Cachéo. l'existence }»araissait remplie de quc:i"elles, de duels, d'intrigues, d vols et d'assassinats (2).

Cachéo a été ceinte, il y a (luelques siècles, dv murailles en pierre, mais ir ne reste plus anjciunThui (|ue (juclques bastions du côté du poste.

Cachéo n'a jkis de fortilieations pour se délendre. mais elle possède, au sucE de la ville, ime porte ([Ue Van lerme très scrui)ulensement tous les soirs, bieir" qu'elle ne soit reliée à rien et ([u'elle s(^it d'une hiutilité absolue. Si la prom nade nocturne devient nécessaire, les habitants ])rennent le chemin des ancienne!?-» murailles et gagnent la campagne mais en contournant la porte du Sud qui^fermée ou non, ne gêne en rien les eonnnunications avec le grand air.

Près de cette porte, mais dans la cami)Mgne, est situé le cimetière. A côté,.^le puits, (jni donne à toute la ville l'eau nécessaire à ses besoins.

Entre (.\*u-iiéo et ce |M)int d'eau, ce: n'est (|u'nne procession continuelle de^ jarres et de calebasses portées |)ar les nym[)lies de ci; bourg portugais. Toutes plus belles les unes (|Me les autri's. toutes riant à gorge déployée pour le moti h* plus futile, il semble r|Ue le biuiheurde vivi'e soit leur seul souci.

(1) Labat, t. V.

['2) Bcrlioux, Andrc' Brïio.

L'entrée du Rio Cachéo est très peu profonde; son accès en est très difficile et de nombreux écliouements défavorables au commerce comme h la navigation font qu'on a presque complètement délaissé cette rivière.

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