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RIO GRANDE

Le Rio Grande prend ses sources dans la région de Labé pv^s du village de Oré-Dimmah.

Selon les peuples rivemins, ce cours d'eau prend différents nonu; les Landoumans ou Tyapîs l'appellent Kokoli; les Foulacoundas, Koliba oa Kakoussou; les Mandingues, Kooli; les Foulahs, Knmba ou Uinimah. et les Européens, Rio Grande.

ce comptoir, consiste en cuirs, cire, ivoire et esclaves, que Ton envoie à Bisss^^o^ oïl les Européens venaient autrefois faire la traite (1).

A rentrée du Rio-Grande et en façade sur T Océan se trouve la viei^BV^ ville de Bissao.

La position de ce lieu est à l'extrémité sud-ouest d'une grande île que foi l'estuaire du Grande.

Le terrain sur lequel on a bâti ce bourg est bas et couvert de mares d'eai

Les som'ces fournissent une eau dont le goût marécageux annonce la qualimorbide; le climat est brûlant et malsain, mais le terrain est d'une remarquab/e fertilité.

Brue visita plusieurs fois Bissao. Un dinianclie, le gouverneur l'avait invité à une messe solennelle, qui était célébrée dans la paroisse annexée au fort. Quand la cérémonie» fut terminée, le directeur, qui n'oubliait jamais son rôle, fit remarquer au commandant portugais un tableau qui était sm* l'autel et qui portait les armes de la Compagnie Française. Ces armes étaient d'argent, semées de fleurs de lys d'or sans nombre, avi^c des nègres pour 8upiK)rt, et une couronne tréflée. Comme le tableau i)araissait aussi ancien que l'église, Briie en concluait que les Français avaient eu un établissement k Bissao avant les Portugais ou en même temps qu'eux. C'était par des souvenirs pareils, par les noms finançais de la géogra})liie africaine ou par le témoignage des indigènes, que nos voyageurs du dix-septième siècle clierchaient k refaire les archives de notre ancienne marine.

Le gouvernem* ne; i)ut expliquer la présence de ce tableau, car il ne savait rien de ces vieilles liistoires. Il avait seulement appris qu'un roi de Bissao avait envoyé jadis son fils h Lisbonne pour reconnaître la suzeraineté du Portugal, auquel il accordait le commerce exclusif de ses Etats. Alors Brtte lui demanda la date de ces événements, le nom du roi de Bissao,. et au moins celui du roi portugais. Comme don Alfonça ne put répondre, il nia l'exactitude de ces souvenirs; " le défaut de ces circonstances, qu'un gouverneur devrait savoir sur le bout du doigt, dit-il, doit faire présumer qu'on n'est pas fort obligé à y ajouter foi (2) ".

Briie avait raison de se moquer d' Alfonça ; aucun administrateur ne devrait ignorer l'histoire du pays qui lui est confié (3).

Un siècle plus tard un second voyageur français décrivait ainsi Bissao : " Les maisons, dit-il, placées sur le bord de la mer, sont construites en pierres; celles qui se trouvent dans l'intérieur de la ville ne sont qu'en terre et couvertes

(1) Mollien, Voyage en Afriqite.

(2) Labat.

(3) Berlioux, André Brûe.

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de la chapelle ; l'un passait pour un méchant et un caloïnnîateU^:=r\ l'autre ne nartàt dn pied de Tautel que pour aller s'enîvrer dans la caserne ave les soldats. Ce ne sont nas les fleak individuâ chez oui i'ai remarau^ fia

une dépravation profonde. H semble que le soleil pr^s de Téquateur est u influence corruptrice chez les Européens qui y sont longtemps exposés, et qu' relâche peu à peu les ressorts de Tâme comme ceux du corps (1) ".

De nos jours Bissao, malgré qu'elle ait perdu son titre de capitale, est st cependant restée la ville commerçante de la Guinée portugaise.

Dans le sud-est du Rio Gmndc se trouve l'archipel des Bissagos.

Boulam, dans l'île du même nom, est la capitale de la Guinée portugais

Les Français et les Anglais s'établirent naguère dans cette île, cependant 1 Portugais seuls en ont aujourd'liui la possession.

D'après les statistiques de la colonie, Boulam avait en 1873 une populatiorr composée d'éléments manjaques, papels et de descendants portugais; 3,73 individus habitaient cette ville.

RIO DE BOUBAH

Le Rio Grande de Boubah est un vaste» estuaire parsemé d'îles en très gran nombre et dans lequc^l le mouvement de la marée se fait sentir jusqu'à Boubah Partout sur les bords on rencontre des palétuviers; les oiseaux les plu communs sont les aigrettes, et, le riz est la culture ordinaire des Noirs qui habitenir les pays voisins de cet estuaire.

RIO CA88INI

Cassini, anciennement dans la zone française fut cédé, en 1886, aur: Portugais, en échange du bourg de Zighinchor situé dans le com-s moyen de 1» Casamance.

Ce fleuve prend sa source a quc^lques kilomètres ouest du village de Sambasi, passe à Koumataly, Kantagniès et se jette dans l'Atlantique par un estuaire très large mais dont l'accès est <liffieile. L'île de Miel, au nord, et les Tristes au sud, limitent l'estuaire du Cassini.

(1) Mollien, Voyage en Afrîq'ue.

de l'hivernage, aussi le climat y e8^il chaud, humide et malsain. Cette région est cependant très fertile : on y cultive le riz, le mil, le maïs, le coton et un peu l'indigo.

' ' On travaille la terre avec un instnnnent en bois en forme d'aviron, et dont l'extrémité est ferrée; on emploie, pour bC-eher les champs de maïs, des houes dont le manche est très court.

Le Kabou est habité par un mélange de plusieurs races; les Mandingnes sont les plus nombreux, et leur langue est la seule en usage. lueurs villages sont grands, très peuplés, leurs champs cultivés avec soin; mais ce peuple est enclin, au vol, insolent, peu hospitalier et avare. Il possède des richesses considérables qu'il doit à, son industrie et à son esprit mercantile (1) ".

Ce paya fut envalii il y a une cinquantaine d'années par les Foulaha du Foutar-Diallo. Ceux-ci soumirent par Iji force le peuple mandingue et en firent des disciples de Mahomet, Cependant le peu de 8ur\-eillance qu'exercent Ic^BS Foulabs sur ce pays et son éloignement de Timbo, résidence de l'Almamy duL^ Fouta, permirent aux habitants du Gabou de se détacher peu à peu de l'influencées peul.

Aujourd'hui, le Gabou est indépendant; son chef est l'Alpha Mamadou Pat^^ ■ en résidence à Bashi. sur la rivière du mène nom.

Tchagnia, ancienne capitale du Gabou, et berceau d'une ancienne familiers royale du pays, u'est plus qu'un modeste village à un jour de marche de Bashï.^

COURBALI

Le Courbali est situé près du confluent du Rio Géba et du Rio Grande.

C'est un pays habité par des esclaves BiafFades et Papels, sous la domination de Mandinguea qui furent pendant quelques années sujets du Fouta-Diallo.

En 1880 le. Courbali ae révolta contre son suzerain direct, le chef de Eladé; il est resté depuis pays libre. La capitale est Sékéré.

(1) Mollien, Voyage en Afrique.

de grands arbres habités par dea cynoct^phalos qu'en Afrîquij on appelle singes aboyeui-8.

Partis de trts bonne heur« de Ivandiafara nous arrivons près de Simb<*Ii à 6 h. 40, sur le flanc d'un coteau, limité en bas par le lit d'un ruisseau et i>ar do grands arbres qui nous cachent lo8 oftses du liamcau. Simbéli pos.sèdc une douzaine de feux et soixante habitants. Le chef du village est averti de notre passage et vient avec tous les notables nous présenter ses salutations; c'est un liomm»^ de trente ii trente-cinq ans, agile et intelligent, il est également maître de Kandiafara. C'est un des hommes les pins estime's du Foréali.

KAISDIAFAKA

Après ce petit ai-rêt de la colonne, nous invitons Mamadou, chef de Sinibëli. k nous accompagner et nous gravissons le sentier pour repi'endi*e sur le plateau le chemin de Morso. La route est bordée d'un nombre infini de termitières, ce sont des monticules, aff'eetant la f onne de gros champignons, de 60 à 70 centimètres de haut, d'autres fois ce sont de hautes agglomérations de terre accumulées toujours par les termites (fom-mies) , ayant l'aspect de colonnes de cinq à six mètres de haut.

Quoique nous ne soyons qu'au commencement de février, la végétation est déjà, brûlée par le soleil, aussi les nombreux troui)eaux de bœufs s' acharnent-ils sur les derniers restes de verdure, car bientôt ils seront réduits h brouter les arbustes

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et les massifs de Iiambnus. A S lieiirofi nous parvenons ïi Sarn'-Jroi'sn : nous nommes toujours en Guinée fi'an<;aise, mais c'est le dernier villajfc situé sur notre territoire. Les commissions portugaises et françaises sont passées k Morso il y a quelques années, mais elles se sont bien gardées de placer des bornes-frontières (pi eussent ettaroucfié la |")])ulation. Nous sonnnes donc en pays franc;ais (1),

1.1) haa commisaions fraoco-portagaifle ont placé h tori SsrrÉ-Morso sur ia zoue portugaise. tjaetqaes erreurs ?c soat âgalement glissées dans la carte de M. Itrosselard : la rivière qui pa^ à KouioAtalj D'est pas ua affluent du Coambindiau. mais le cours supéiieni du Caasini.

tnaîs sans que les indîj^ènes supposent un instant qu'ils dépendent d'une de nos colonies dont ils ne connaissent du reste ni le nom, ni la capitale.

Les cases de SaiTe-Morso sont réparties dans un réduit fortifié appelé tapade et près d'un iniisseau qui longe le village. La population est peu nombreuse, elle ne comprend pas plus de 120 h 140 in<livi(lus.

SaiTé-Morso est un nom foulah qui signifie " Village de l'amorce ", autrement dît " Village gagné par la gueiTo ".

Notre arrivée annoncée, tous les habitants sortent de la tapade et viennent au devant de nous. Amdaye Sako, fils aîné du feu chef du village est à la tête de la députation.

Après les saints d'usage oîi chaque foulacoimda presse la main de l'ëtranger entre les siennes et les protestations d'amitié de part et d'autre, nous sommet conduits dans le village extérieur où des cases nous ont été préparées et mèmei balayées.

A peine sommes-nous installés que nous recevons un messager de TUibëi chef par intérim du Foréah, qui nous annonce son arrivée à la tête de gu e ififlBi et nous demande à Ctrc reçu. Nous faisons dresser notre tente pour domier ptos d'éclat à la réception et nous revêtons des costumes blancs.

Talibé est bientôt en vue, il est escorté d'une troupe de 120 guerriers amiéi de fusils h pieiTe se bourrant par la bouche du canon ; ces hommçs armés sont de tous les âges, ils marchent un peu h la débandade le long du sentier et d'un ptt presque lent, ils entourent bicnt(jt les cases voisines de la nôtre. Talibë anive enfin et se présente k nous armé d'un trident. Notre interprète fait tous les tnÔB de la conversation et toutes les salutations nécessaires pour l'entrée en matière d'un palabre; ce préambule dure environ dix minutes; c'est un peu long sous leMleil d'Afrique, aussi, comme la chaleur est devenue accablante faisons-nous entrtr Talibé avec deux intimes dans notre case; h ce moment il paraît légèrement impressionné, ses yeux indiquent qu'il a ressenti une certaine émotion en pénétrant dans la case d'un Blanc — il a si peu l'hal^itude <le rendre ^^site à des hommes du Nord! Et nous commençons un palabre plein de francs sentiments. Il nous explique qu'il se trouve dans les bois environnants, car depuis quelques semaines il coui'ait bruit que les Foulahs et Mandingues de Kadé étaient en marche vers le Foréah.

Talibé est un bel homme, d'origine Foulah ; il a la tête fine, la parole assurée et le teint clair.

Il nous dit que nous sommes dans son pays comme dans le nôtre et que si nous désirons quelque clioso nous n'avons qu'il parler. Enfin, après vingt minutes d'entretien il se lève et i)art sans prononcer un seul mot ; ce mode de dépai't subit et silencieux existe dans tous les pays musulmans de cette partie de l'Afrique.

Dans la matinée nous recevons des œufs et des poules de la part de Talibé ' et encore quelques volailles de la part des chcfs^lu village de Morso.

La ioumée est très chaude, et la température très inégiile donne au ;, thermomètre, à 4 heures du "matin 29°: ïi fi heures, 23°; îi 1 heure du soir 34" à , l'ombre et 42° au soleil.

Nous finissons par cuire dans notre case et nous attendons avec impatience le coucher du soleil pour nous plonger dan» l'excellente eau du ruisseau de [ Sarré-Morso.

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LE CHEMLV DE RONDE DE LA TAPADE DE SARKK-M0R30

Talibé nous fait savoir qu'il doit partir dans la soirée et nous demande un l palabre public pour le soir.

Talibé ayant satisfait aux questions de préséance en venant le matin, le [ premier, nous rendre visite, nous lui faisons dire que nous nous rendrons au I palabre.

A cinq heures nous gagnons les dernières cases des villages oîi tous les Iguerriers, les hommes libres et Talibé se trouvent réunis. Quelques chefs et usagers de» villages environnants ont aussi tenu à se rendre Ji iiotre entretien. \A notre aiTÎvée, tous nous reçoivent avec empressement, on nous parle des

affaires du pays, de la guerre de 1890 avec Yaya et Dinah-Salifou ex-roi de» Nalous, de. la révolte actuelle contre l'ancien chef du Foréah, et des relations commerciales avec Boké et les Blancs des comptoirs du Nunez. L'entretien a été des plus cordiaux.

A un signal de Talibé toute rassiatance se lève et part sans prononcer une parole ; chacun passe devant noua, les chefs et les hommes libres d'abord, les guerriei-s suivent et défilent sans ordre pour regagner leur campement dans les bois (1) ".

Depuis quelques années le Foréah et le Gabou se sont révoltés contre le chef de Kadé leur suzerain, aujourd'lmi niodi Yaya, ex-alpha du Labé.

Le premier de ces paya avait été réuni par conquête, tandis que le Glabou lui revenait par mariage. Le père de Yaya avait en effet épousé une princesse royale du paya et Yaya en était le seul héritier direct; mais depuis 1888 le Gabon suivi par les guerriers du Foréah, se révolta contre son chef, et sons Tautorité de Mamadou Pâté se déclara indépendant. Ces deux pays et le Kadé se trouvent donc en guerre sans que les hostilités aient toutefois éclaté depuis 1890, car de toute part on reste dans l'expectative. Cependant Mamadou Pâté craignant incessamment une incursion de son ex-suzerain, se tient toujours sur les frontières du Pâquisse, et laisse la direction du Foréah à Talibé, modi (seigneur) de ^ Kantagniès sur le bas Gassini.

(1) Cl MadroUe, Note» do voyage.

PEUPLES

[ LES BIJOUGOTS - LES BIAFFADES - LES PAPELS &. LES MANJAQUES

LES BIJOUGOTS

ES lîijougots sont dca réfugiés da continent qui occupent les îles Biasagos, situées dans l'ouest des Rios Grande et de Boubah ; ce peuple varie d'une île Ji l'autre par les moeurs et le langage. Ce sont de beaux Noirs, bien proportionnés, qui vivent du produit de leurs cultures et de leur pOche; le vin de palme est, comme sur tout le littoral africain, leur boisson préférée.

Les Bijougots portent des cheveux rasés et s'enduisent le corps d'huile ou de graisse : ils ont le nez épaté mais les lèvres moins épaisses que celles de leurs semblables du littoral.

Ils vont nus ou à peu près, n'ayant pour tout vêtement qu'une bandelette de cuir que parfois ils ornent de coquillages. Ils ont l'habitude de porter, comme les Papels, une espèce de canne à l'extrémité de laquelle ils font saillir des pointes ayant la forme d'un bec d'échaasier ouvert.

Pom* tout costume les femmes portent un court jupon de 20 Ji 30 centimètres de hauteur, fait de crins ou de feuilles, et composé de tresses végétales.

L'habillement des enfants est très jjrimitif : une tresse en forme de ficelle où se trouvent attachés parfois des coquillages.

La population est fétichiste et adore surtout Ick oiseaux, des sujets en boia sculptés qui représentent des animaux ou des personnages plus ou moins mythologiques,

Chez les Bijougots, le crime est puni de mort. Le coi-ps du défunt est ■présenté devant l'assemblée judiciaire sur un brancard et l'accusé présente [ui-même sa défense. Le mort répond aux questions en avançant ou reculant, il traverse la place et s'agite sur le brancard que portent deux femmes qui n'en

démarches ; sa femme (c'était mie négresse) fut députée vers les Papels. Les conférences qu'elle eut avec le roi Joseph (ces peuples ont presque tous pris des noms chrétiens) eurent un succès complet; on convint d'une entrevue pour conclure la paix.

Le lendemain matin, des coups de fusil furent tirés pour annoncer cet heureux événement; à midi, on vit le grand monarque des Papels faire son entrée à Bissao. Un Papel représentant sa nation et, un matelot nègre, le peuple portugais, donnèrent au roi le spectacle d'un combat simulé ; le Papel, armé de son long sabre, combattait contre le Portugais, armé de même ; mais celui-ci avait derrière lui une cinquantaine de nègres qui tiraient des coups de fusil au Papel; la victoire ne fut pas longtemps indécise. Le Papel demanda grâc^. Le roi Joseph continuait cependant sa marche triomphante. Jamais nègre ne ressembla davantage à un orang-outang. Il portait un habit rouge et une culotte courte de la même couleur, attaché aux jarretières avec des boucles de cailloux du Rhin; sa jambe, extrêmement maigre, était cachée sous des bas blancs; mais, par habitude, il marchait sans souliers; sa tête était couverte d'un chapeau rond; il avait une chemise et une cravate blanches. Deux anneaux d'or pendaient à ses oreilles, et deux autres en fer étaient à ses doigts; le bruit qu'il faisait en les agitant sans cesse servait à annoncer son arrivée. Ce nègre était si mal à son aise dans son costume européen, qu'on l'eut pris pour un mannequin d'osier. Son ministre portait un chapeau et un pagne de drap bleu; il tenait im parassol au-dessus de la tête du roi; un sergent blanc qui remplaçait sans doute le gouverneur de Bissao, était à la gauche du monarque africain. Une multitude confuse de Papels, les uns armés de piques, les autres de sabres et de fusils, tous à peu près nus, formaient le cortège de sa majesté noire. Les acclamations du peuple de Bissao l'accompagnèrent jusque dans la maison du gouverneur, auquel il offrit en présent un bœuf qu'on traînait h sa suite; il reçut en retour une bonne provision d'eau-de-vie. Dans la soirée les coups de fusil annoncèrent le retour du potentat dans sa capitale ; sa démarclie était moins assurée que le matin; il fut même tombé à terre, sans le secours de son ministre, qui le soutenait de son bras.

La fête se prolongea dans la nuit en l'honneur du retour de la paix. Les habitants de Bissao étaient dans l'ivresse de la joie pour le rétablissement de la concorde entre les deux peuples.

C'est par de pareils actes de faiblesse que les Portugais ont su, sans avoir besoin de recourir à la force, s'attacher toutes les peuplades nègres qui les entourent ; elles ont pour eux une telle partialité que les habitants des Bissagots ont massacré, au commencement de ce siècle, la garnison anglaise établie à Boulam, parce que sa présence pourrait nuire à lem's relations avec les Portugais.

Ce peuple est païen, cependant par leur fréquentation avec les Portugais

GUINÉE FRANÇAISE

GUINÉE FRANÇAISE

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