‹ En GuinéeChapitre 61 sur 115 · AVEC I,E FOUTA-DIALLO · texte numérisé non relu

AVEC I,E FOUTA-DIALLO

Superficie '.\, . ..... îèo.OOO kmq. '

Population 1.109.000 habitants.

Commerce 11 ,000,000 francs.

Recettes 650 .000 francs ,

Dépenses 660 ,000 francs .

GUINÉE FRANÇAISE

HI8T0RIQUE-Q0UVERNEMENT-PEUPLE8-DIALECTE8-C0MMERCE BUDGET - FORCE ARMÉE - COMMUNICATION

HISTORIQUE

E ne fut qu'au milieu de ce siècle que la région ancïenne^ment connue sous le nom de Rivières du sud, devint colonie française. — Le Rio Nunez fut notre premier établissement.

Déjà célèbre par le passage de René Caillé en 1827, il avait attiré l'attention des croiseurs anglais et français par le nombre et la hardiesse de ses négriers, qui traqués de toute part vendirent peu à peu leur fonds à des commerçants plus honnêtes.

En 1850, le Rio Nunez était débarrassé des repaires le marchands de bois d'ëbène et les premières plantations de caféiers étaient entées par Auguste Sauton, commerçant français établi k Bel- Air.

Le premier traité qui ait donné à la France des droits sur le Nunez date le 1865. A cette époque, le gouverneur du Sénégal, Pinet Laprade visitait les ivières du sud du Sénégal et concluait avec Youra, roi des Nalous, un traité )ar lequel les états de ce prince étaient placés sous le protectorat de la France. En 1876 lîoké fut fortifié, et huit ans plus tard (20 janvier) ce même roi les Nalous cédait en toute propriété k la France le territoire situé entre la rivière le Caniope et Roppas.

Plus au sud, la Mellaeorée devenait aussi en 1865 pays protégé, et l'Almamy Coure laissait la France s'établir à Benty.

Par ces deux prises de possession (Nunez et Mellaeorée) la colonie de la Juinée Française était désormais limitée.

Le Rio Pongo devint à son tour territoire protégé; un administrateur fut 'placé

dans cette rivière pour veiller à la sécaritfî commerciale et empêcher l« populations soussous de rançonner k leur aise les commerçants.

Vers le Kou-Kouré quelques chef» indigènes avaient, malgré des traités antérieurs avec la France, réclamé le protectorat allemand.

M. Colin, directeur d'une maison allemande à Conakry (Boulbiné), avait dirigé ses entreprises sur le bas de ctMe entre le Rio Pongo et la presqu'île du Dubréka. Deux importants chefs soussoui régnaient sur cette région ; Balé Demba, roi du Khabitaye et William Fernandez, chef du Bouramaya. " Cea rois firent bon accueil, comme d'usage, au nouveau venu et il paraît même que le roi Balé Demba, sur l'inspiration de M. Colin, signa une lettre adressée à l'empereur d'Allemagne, et dans laquelle il disait qu'il recevrait avec bienveillance les sujets allemands qui viendraient le visiter. Cette lettre a fait le tour de la presse d'Allemagne, mais on oublia de dire que ce m^me Balé-Demba, anx paroles si courtoises, avait placé son pays et ses états tributaires sou» la protection de la France par un traité passé avec le commandant Cliapelet, de la Mellacorée, le 20 juin 1880 k Tanéney, résidence du roi, et confirmé le 30 du mêmi; mois aa poste de Benty par Balé-Demba en personne, en présence des chefs les plu» influents du pays et des Européens et Natifs (1) ".

" Au mois de juin 1884, le docteur Nachtigal tenta de conclure avec Balé- Demba un traité qui aurait donné le protectorat des territoires de ce chef 1 l'Allemagne, mais Balé Demba ne put que lui montrer le traité qui le liait k France. A la fin de décembre 1885, une nouvelle tentative paraît avoir été faiti auprès de lui par le capitaine d'une corvette allemande de guerre, sans plus di réussite. Une tentative de même nature aurait été faite le 1" janvier 1885 auprèl de William Fernandez qui, lui aussi, dut montrer les traités conclus avec 1 France en 1883 et 1884. Mais, quelques jours plus tard, le capitaine du navin de guerre allemand l'Ariane )>assait un traité avec le chef d'un petit village situ entre les rivières Bramayah et Dubréka, dans le pays du Kabitaï. Le chef de < village nommé Yatia, s'intitulant roi du Kabitaï, conclut avec le capitain allemand un traité à la suite duquel le pavillon germanique fut hissé sur 1 côte. Le lendemain une opération analogue avait lieu sur le territoire de Kobft Le lieutenant-gouverneur des Uivièrr» ilu Sud, dorteur Hayoi, ne tarda pas i protester contre la présence «lu pavilhm allemand sur des villages que noui considérions conmic nous appartenant. A la suite de ces protestation» de( pourparlers furent engagés entre la France et l'Allemagne ; on étendit le terrail de la discussion k toutes les possessions allemandes et françaises de la côt occidentale de l'Afrique et l'on finit par signer la convention du 24 décembs

(1) Bolm, Les postetsion» françalien Ju Bas de Côte (Bvilef Margêille, 1" trimestre 1886).

t de la Sociftr de géographie t

— 2fl) —

circuler librement sur ces côtes et rivières, sauf k se conformer aux règles de police et autres établies dans les deux postes de Benty (Mellacorée) et BofFa (Rio Pongo). "

Les Anglais tinrent peu compte de cette déclaration et réclamèrent longtemps File de Conakry (Tombo), comme faisant partie du groupe de Los.

En 1879, le gouverneur anglais de Sîerra-Léonc, avait fait occuper les deux rivières des Scarcies, au sud de la Mellacorée. Le commerce de ces rivières était depuis longtemps entre les mains des Fran(;ais, et, en 1878, sur un mouvement commercial de 4.000 tonnes, le commerce français y était représenté par •3.000 environ. *' La prospérité de nos établissements était due en partie au voisinage de notre poste de Benty, sur la Mellacorée, et surtout à la liberté du commerce, les marchandises préférant se porter vers les Scarcies où n'existait pas de douane que vers Sierra-Léone où ell(^s étaient soumises à des droits. Nous n'avions pas fait acte officiel de possession sur les Scarcies, mais ces rivières devaient être considérées comme des dépendances de notre territoire de la Mellacorée. Cependant, le 24 avril 1S7Î), le gouverneur de SieiTa-Léone se rendait en grande pompe dans les Scarcies, accompagné de deux navires de guerre anglais ; il prenait possession du territoire de ces deux rivières et, par une proclamation du 25 avril 1879, il les déclarait annexées à la colonie britannique de Sierra-Léone. Un service de douane anglais était immédiatement installé sur l'emplacement d'une factorerie française. A la suite de cet acte, les commerçants français abandonnèrent les Scarcies dont le conniierce est, aujourd'hui, exclusivement anglais (1). "

Ce fut dans le but de résoudre ces contestations que les gouvernements français et anglais signèrent le 28 juin 1882, un premier arrangement (2).

(1) Do Lanessan. — Ouvr, cité,

(2) Artiole PBEmER. — La ligne do démarcation cntro les torritoires occupés ou revendiqués par la France et TAngleterre, au nord de Sierra-Léone, sur la côte occidentale d* Afrique, sera tracée entre les bassins des rivières Mellacorée et Grande Scarcies. La position exacte de ladite ligne de démarcation sera déterminée par une enquête faite sur les lieux par des commissions à nommer à cet effet.

Cependant, ladite ligne de démarcation sera tracée de façon à laisser à la France le contrôle complet de la Mellacorée, et à la Grande-Bretagne le contrôle complet des rivières Scarcies. Le point Mahéla et le comptoir de ce nom, ainsi que les communications par les eaux adjacentes, appartiendront à la nation à laquelle, d*après ladite enquête, la possession en aura été reconnue nécessaire pour l0 contrôle de la rivière Mellacorée que sur les rivières Scarcies, ladite ligne de démarcation partira sur la côte du milieu du cours d*eau qui se jette sur la côte à Mahéla et sera continué de manière ^ attribuer à la France la communication avec la rivière Mellacorée, et à la Grande-Bretagne 1* communication avec les Scarcies.

Abticle 2, — L'île de Matacong et toutes les îles revendiquées ou possédées par la France sur la côte occidentale d'Afrique au nord de ladite ligne de démarcation jusqu'au Rio Nunez, seront reconnues par la Grande-Bretagne comme appartenant à la France à rezception des îles de Los,

Présentée au Sénat, cette convention fut ratifiée sans discussion, mais à la Ohambre il en advint tout autrement,

M. Dureau de Vaulcomte, rapporteur de la Commission des députés fut chargé d'examiner la question. Voici comment se termina son remarquable rapport :

" La France a de grands intérêts politiques et commerciaux en Afrique, et les moindres faits se rattachant a l'état de ses relations avec nos voisins sur ce 3ontinent, empruntent à sa situation une importance qu'il n'est pas permis de méconnaître.

Un accord qui aurait pour objet de régler entre la Grande-Bretagne et la France, les questions litigieuses, et d'écarter toutes causes de conflit entre elles, ae pourrait que contribuer au développement de leur influence et resserrer les liens d'amitié qui les unissent. Mais un tel acte, procédant d'un même désir de conciliation, doit ménager également les intérêts et les droits de chacune des deux puissances ; k cette seule condition, il mettra fin aux difficultés du moment et préviendra celles que peut réserver l'avenir. \

Il n'a pas paru k la Commission que la convention du 28 juin 1882 ait ce caractère et cette portée.

Elle attribue à l'Angleterre, sans compensation, sans même qu'il ait été voté ane indemnité au i)rofit de nos nationaux ruinés, le territoire des Scarcies qui avait toujours été considéré comme français.

En dépit de cette concession, il n'est pas un des résultats recherchés par aotre Gouvernement qui puisse être considéré comme ayant été réellement atteint ^ la suite des négociations engagées avec le gouvernement anglais, si ce n'est toutefois, le droit de propriété attribué aux citoyens français dans les colonies inglaises de la côte d'Afrique (1).

Mais ce point admis, la convention se propose de séparer une fois pour toutes, dit l'exposé des motifs, les possessions respectives de la France et de l'Angleterre 3ur la côte occidentale d'Afrique. Elle n'y réussit pas puisque les îles de Los, rituées au milieu des territoires français, continuent d'appartenir k la Grande

lesquelles continuent d^appartenir à la Grande-Bretagne, et Tîle de Yellaboyah et toutes les lies revendiquées ou possédées par la Grande-Bretagne et situées au sud de ladite ligne de démarcation |usqu*à la limite méridionale de la colonie britannique seront reconnues par la France comme ippartenant à la Grande-Bretagne.

Les articles 3 et 4 contiennent rengagement réciproque par les deux puissances de s*abstenir Tezercer ou de f avorisor Toxercice de leur influence sur les pays au nord et au sud de la ligne de iémarcation.

Les autres articles ont trait à la situation faite dans chaque colonie aux citoyens des puissances signataires, et à la commission de délimitation.

(1) Ce droit a été retiré en 1885 par un bill de la Reine.

Bretagne. Elle se propose de délimiter les possessions des deux Etats ; elle n'y réussit pas, puisque la frontière commune reste à établir entre les bassins des deux rivières. Elle se propose d'écarter pour l'avenir toutes causes de conflit entre les deux nations. Les contestations (jui se sont élevées au sujet de Tîle Matacong (1) se reproduiraient, les conditions étant les mêmes qu'aux îles de Los. D'autres conflits peuvent même éclater encore si le droit de ce contrôle complet des rivières Scarcies doinie îi TAngloterre accès dans le Fouta-Djallon et dans le haut Niger (2). Enfin elle im])lique la reconnaissance i)ar la France de la souveraineté de l'AngleteiTC sur des territoires qui sont encore revendiqués par la République de Libéria.

La convention du 28 juin 1882 ne règle pas équitablement les droits respectife de la France et de l'Angleterre. Elle impose h la Fnmce des sacrifices sans compensations. Elle ne remédie à aucun embarras pour le présent; elle en

prépare pour l'avenir.

La Commission demande à la Chambre de ne pas voter le projet de loi qui vous est présenté par le Gouvernement (îî)."

La convention, rejetée par la Commissîtm, ne vint jamais en discussion devant la Chambre des Députés ; cependant les deux nations en ont toujours exécuté les clauses et les conditions.

Si la partie du littoral était h peu près déterminée, le haut pays restait encore inconnu des diplomates comme des connner(;ants établis vers ces r^ons. Les gouverneurs anglais, plus puissants, s'a(*harnèrent donc h nous devancer vers la haute Scarcies, et, pour nous empêcher d'étendre notre domaine vers le Fouta- Diallo et le Niger s'efforcèrent h nous susciter toutes sortes de difficultés avec nos chefs indigènes du Bas de Côte.

Cependant nous possédions a l'époque, un administrateur intelligent, qni sut déjouer les intrigues anglaises, et devancer les SieiTa-Léonais au Bennab comme au Khokhonia,

Forichon était le nom de ce Français. Bon administrateur, comme savate* diplomate, il sut gagner k notre cause les chefs du Bennah et du Tamisso, et sîgi"^^ avec ceux-ci des traités qui i)la(;aient ces pays dans notre zone d'influence.

Différents incidents k Pamala, Mahéla, dans le Maurécaniah, l'enlèvemeX^ de notre administrateur de Benty par surprise, et la saisie de fonctionnaire"* anglais trop zélés, arrêtés en armes sur territoire français, forcèrent les gouve:^"'" nements anglais et français, îi mieux délimiter leurs zones resi^ectives.

Une convention signée le 10 août 1885) compléta celle de 1882.

(1) C'est ce qui est arrivé en l^D'i.

(2) Ces conflits étaient prévus dès 1884, ils sont arrivés eu effet, pour se terminer le 23 décembre 1893, par un combat entre les troupes françaises et anglaises où 50 blancs ou noirs ont été tués (^ blessés. •

(8) 7 février 1884.

Elle d(itermine lea principaux points de passage de la frontière et donne, mme limite orientale ji la zone anglaise, le 13' degré de longitude ouest de Iris.

x\u nord-ouest, la colonii- de Sierra- L(^-one est limitée par la rivière de Mahéla un tracé conventionnel jusqu'il Kambia, sur les Hcarcies, puis par le cours eau, de manière k laisser le Bennah k la France et le Tambakha ii l'Angleterre. i frontière rcmoute ensuite vers le nord-est pour aller rejoindre rinteraection l 13* degré de longitude avec le 10" degré de latitude nord, laissant ainsi le

B et le pays des Houbbous dans notre influence, et le Talla et le iSoulimana ec Falabah au Sierra-Léone.

Cette convention a été faite approximativement, et il est certain que l'on n'a au compte ni de l'orograpliie, ni de l'hydrographie.

On envoya, eu 1890-91, la mission Brosselard-Faidherbe, pour reconnaître terrain, maia les Ijandes armées de Karamokho-Bilali, lieutenant de Samory, mpêchèrent de parvenir sur le Niger.

Eh 1890-91, les campagnes des colonels Archinard et Humbert contre les fas de Samory entraînèrent nos troupes vers les affluents du coui-s supérieur t' Nige r. L'Angleterre, inquiète de nos progrès, chercha k assurer une limite

orientale à sa colonie de Sierra-Léone, et des commissions furent nommées par les gouvernements intéressés qui conclurent l'accord du 20 juin 1891.

" Les commissaires teclmiqùes qui seront désignés par les gouvernements anglais et français par application de l'article 2 de l'arrangement du 10 août 1889, en vue de tmcer les démarcations des zones respectives, suivront autant que possible, ainsi qu'il est indiqué audit arrangement, la ligne du méridien 13, ouest de Paris, k partir du 10* degré dé latitude, en se dirigeant vers le sud. En établissant la frontière d'après la direction générale de ce méridien, ils pourront tenii' compte d'un commun accord de la configuration du terrain et des circonstances locales, et faire fléchir la ligne de démarcation soit à l'est soit k l'ouest du méridien, en prenant soin de ne pas avantager l'une des deux parties sans compensation équitable pour l'autre. Ces modifications ne seront, d'ailleurs, définitives qu'après ratification des deux gouvernements.

n est entendu que la ligne de démarcation suivra autant que possible la crête des hauteurs qui, d'aj)rès la carte Monteil, avoisinent le cours du Niger sur la rive gauche entre le 10* degré et Tembi-Kounda.

Cependant, au cas oii la ligne de faîtage des eaux ne serait pas telle qu^elle figure sur la carte Monteil, les commissaires des deux pays pourront tracer la frontière sans en tenir compte, sous la réserve expresse que les deux rives du Niger resteront dans la zone d'influence française.

Par le terme " Niger " on entend le Djoliba, ainsi que ses deux sources principales, le Fali-Ko et le Tembi.

Dans le cas précité, la ligne frontière k partir du 10* degré jusqu'k Tembi- Kounda (la montagne où le Tembi prend sa source) suivra, k une distance de 10 kilomètres, la rive gauche du Djoliba, du Fali-Ko et ensuite du Tembi jusqu'k sa source, s'il y a lieu.

Au cas ou la crête des montagnes se trouverait plus rapprochée de la rive gauche du Niger, la frontière suivrait la ligne de partage des eaux".

On se souvient qu'en exécution de cet arrangement une commission mixte fut envoyée en Afrique pour délimiter sur place la nouvelle frontière. Le délégué français était M. Lamadon, administrateur en Guinée française ; il avait comme collaborateur technique le lieutenant Bransoulié.

Le délégué anglais était le capitaine Kenny.

Les bandes de Saniory (Samadou) empêchèrent les commissaires de parvenir au Niger. Du reste, rinintelligence qui régna dès le début de la campagne entre les deux missions empêchait toute entente sur le terrain même; les délégués français et anglais rentrèrent en Europe après avoir relevé le pays chacun pour leur compte.

Durant la campagne (1892-93) dirigée par le colonel Combes contre Samory, Hiermakono fut occupé par le capitaine Briquelot (février 1893); la prise effective

de cette place assure définitivement à la France la possession du haut Niger et de tous ses affluents.

Les colonnes du Soudan ont depuia parcouru une partie de la frontière Sierraliéonaise, cependant afin d'éviter des erreurs comme celle d'Ouéma (déc. 1893), et la récente violation de frontière au Bennah, par des agents anglais trop zélés (janv. 1894), il serait prudent que la France et l'Angleterre donnassent au plus tôt des frontières bien définies, et reconnues sur le terrain même, par des conuniasiona techniques de ces deux pays.

Dans ces dernières années, quelques chefs indigènes ont fait parler d'eux soit h cause des guerres néfastes qu'ils ont entreprises, soit jmr la tyrannie qu'ils ont exercée tant sur leurs sujets que sur les négociants européens. Je ne citerai pour mémoii-e que le roi Dinah Salifou, ex-chef des Nalous, qui expie aujourd'hui au Sénégal le fait d'avoir déplu à nos commerçants du Nunez après son célèbre voyage en France k son retour de notre Exposition de 1889.

Vers le Bennah, quelques tribus soussous sont parfois d'un caractère difficile. Plus au nord, chez un peu|)le appelé Foulakoundjié {Foulahe, Mandingues et Soussous), la France dût intervenir en 1894 et envoyer une compagnie de légionnaires pour que ce peuple laissât les caravanes foulahs descendre aux comptoirs de la côte.

GOUVERNEMENT

La Guinée, anciennement connue soua le nom de " Rivières du Sud ", est aujourd'hui colonie française dans tout le parcours du littoral de l'Atlantique, depuis le groupe des Tristaô jusqu'à l'estuaire de la rivière de Mahéla.

Ce fut à la date du 1" janvier 18!)0 que M. Etienne, soua-aecrétaire d'État aux colonies, constitua cette région en pays indépendant du Sénégal, en laissant dans la sphère d'influence de cette nouvelle colonie le pays montagneux du Fouta-Diallo.

La capitale est Conakry, dans une île située en face des groupes de Los.

Quatre postes d'administrateurs ont été créés pour le cours navigable des rivières importantes, afin de surveiller les populatiofis soussous et indigènes et

assurer les libres transactions commerciales entre les peuples de la côte et les Foulahs et les Mandingues de riotërieur. Ces quatre postes sont aussi chef-lieux de cercles :

Boké, sur le Rio Nunez ; Boffa, dans l'estuaire du Bio Fongo ; Dubréka, non loin du Kou-Kouré ; et £enty, en Kellacorée.

Les races noires de cette partie de l'Afrique s'étendent, en arrière de Ja côte, par couche longitudinale, d'après leur époque d'émigration.

Le peuple qui ait le plus anciennement habité la Guinée est le Baga.

Refoulé peu h peu vers le littoral, on ne le retrouve plus aujourd'hui que disséminé dans les marais du Rio Nunez, et a presque disparu des îles formées par les estuaires du Ponge et du Kou-Kourë.

Les Landoumans et les Soussous, anciens possesseurs du pays de Kadé et du Fouta-Dîallo, ont été débordés, il y a environ deux siècles par l'invasion des Foulahs (Foulbé), puis rejetés vers le Uttoral de l'Atlantique.

Les tribus iolas, tendas et nalous ont encore une origine mal définie; cependant les premiers pamissent Être venus de la Casamance, les seconds du cours moyen de la Gambie, et les troisièmes des rives méridionales de la Guinée portugaise.

Les autres peuples sont les races envahissantes; on les trouve parsemées par masses dans les différents bassins de la colonie et tendent de plus en plus à s'infiltrer dans les populations du Bas de Côte pour gagner, eux aussi, le littoral.

La population blanche, du reste peu nombreuse (1), est d'importation récente. Le climat ne permettant pas h l'Européen un travail manuel important,

(1) Od compte ea Gaioée française nno centaine d'Européens , dont 10 Anglais, 8 AUemaDda et 1 Grec.

Voici la répartition par cerclq :

3ok(', 18; BofTa, 17; Dubréka, 15; Bent;, 15; Coaakry, 36.

il ne vient dans le pays que pour établir une factorerie, surveiller ses plantations, gouverner ses semblables ou préparer des débouchés pour notre industrie.

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