DIALECTES
Les Soussous, les Mandingues et les Foulahs sont les peuples les plus influents de notre colonie de Guinée; leur langage est donc le plus répandu.
Les autres peuples, comme les Nalous, les Bagas, les Landoumans, les lolas, les Tendas, sont sous Tinfluence de leurs puissants voisins et prennent peu à peu les habitudes et le parler de ces races entreprenantes.
Le cercle de Boké étant le plus varié comme population, est le seul où tous les parlers de la colonie sont en usage.
Le Pongo et le Dubréka n'étant peuplés que de races soussous et foulahs, les autres langages ne sont pas connus.
En Mellacorée, des immigrations de Mandingues et de Foulahs ont pénétré chez les peuples soussous du littoral et y ont implanté dans certaines régions les idiomes de ces deux races. Les frontières voisines du Sierra-Léone, où Ton rencontre des peuples d'origine landouman, ont fait aussi introduire le timené dans le cercle de Benty.
COMMERCE
Anciennement le commerce le plus important de la côte d'Afrique était la traite des esclaves. Mais depuis qus tous les états européens se sont efforcés d'en détruire le germe en employant au besoin la force, les commerçants ont dû chercher dans les produits du sol la. rémunération de leurs capitaux et de leurs fatigues.
Le sol voisin du littoral est du reste d'une fertilité remarquable.
Jusqu'à présent, l'agriculture a donné peu de résultats, mais la faute en est,
non pas à la pauvreté du sol, qui peut produire beaucoup, mais à la paresse des indigènes, aux guerres qui désolent les tribus souvent de même race, aux impositions excessives demandées aux caravanes qui se rendent à la côte ou aux exactions que les traitants indigènes ont k subir à chaque instant.
Néanmoins les produits naturels du sol entrent pour la plus grosse part dans les échanges commerciales. Le caoutchouc (1) (Bauvé, Labaya, Boakoundji, Bennah, etc.), la gomme (Filakoundji, Labaya, Caniah, Bennah, etc.), le café (Bambaya, Labaya), la sésame (2), (Maurécaniah, les Scarcies), le riz (sur tout le littoral et vers le Fouta), le mil (Kadé, Toubah, Fouta-Diallo, Bennah, etc.), les aracliides (sur le litoral, vers Toubah, etc.), les amandes et huile de palme (sur le littoral), le kola (Mellacorée, etc.), le ricin (pousse partout à l'état sauvage), le coton (dans l'intérieur), etc., donnent au commerce des bénéfices importants.
Les bœufs (Foréah, Kadé, Bauvé Lémayo, Bauvé Guémé, Kébou, Fouta- Diallo, Soumbouya, etc.) et les moutons (Kadé, Bauvé, Soumbouya, Tamisso, etc.), sont d'un commerce constant entre le haut pays et les comptoirs de la côte.
Parmi les produits de l'industrie, on remarque l'or en bague (3) et les cuirs (4).
L'ivoire est un produit afi'icain de valeur importante ; l'exportation annuelle, de Guinée, est de 1,000 à 1,200 kilos.
Les produits africains ont pour débouchés la France, l'Angleterre, l'Ailemagne et la Hollande.
Les renseignements statistiques sont rares dans la colonie de la Guinée française, oii il n'existe aucun recueil périodique qui puisse faire connaître les revenus des douanes et les importations ; cependant voici un tableau incomplet qui pourra faire connaître les exjDortations principales de l'année 1892 :
Amandes de palmes .... 2.311.000 kilos.
Arachides 858.800 »
Caoutchouc 1.000.000 »
Cire nette 7.450 >^
Gomme copal . 213.250 »
Huile de palme 141.000 »
Ivoire 1.000 »
Kola 21.886 »
(1) En 1890 on a exporto 785 tonnes de caoatchoac.
(2) On a récolté (1890) 4.50 tonnes de sésame. (3i On exporte annuellement 10 kilos d'or.
(4) L'exportation donne par an 390^000 kilos de pean. Le Dubréka et le Nanez sont les principaux centres de l'exportation g^uinéenne.
BUDGET
Les revenus de la colonie sont encore peu considérables; ils varient anuellement entre fJOO,000 et 050,000 franc».
Voici les quelques! taxes locales en vigueur en Guinée française :
1' Droit de 7 0/0 de la valeur (fixée par une mercuriale) sur les produits coloniaux de toute nature, exportés pour toutes destinations ;
2' Droit de consommation sur l'alcool, le tabac, etc., de toute provenance importés dans la colonie ;
3" Patentes de commerçant;
4° Un droit de 20 0/0 sur la valeur locative des bâtiments servant de magasins au commerce ;
5* Droit d'ancrage, dans les rivières seulement ; le port de Conakry étant franc de tous droits de ce genre.
Les dépenses coloniales comprennent les frais d'administration et les constructions et travaux d'art, exécutés pour le plus grand bien dans un pays neuf, où tout est k créer.