‹ En GuinéeChapitre 8 sur 115 · AUDÉOUD · texte numérisé non relu

AUDÉOUD

Slguii'i au Fouta — 1888

L'année 188S fut féconde en explorations : tandis* que le lieutenant Plat cherchait à Timbo k placer le Fouta-Diallo sous le pi-otectorat de la France, le capitaine Audéoud, avec toute sa compagnie de timïlleurs quittait Siguiri le 25 mars 1888 pour s'assurer que les lieutenants Plat et Levasseur étaient bien traités dans les pays habités par les MandJngues et les Foulalia.

Cette compagnie de tirailleurs sénégalais, forte de 100 indigènes, du lieutenant lîadisson et du sous-lieutenant sénégalais Toumané Aïssa, franchit le Tankisbo et pénètre dans le Fouta où elle tut reçue avec une certaine crainte mClée de respect.

" ...Un retard des porteurs nous retient encore au campement pour* la matinée. Cela nous vaut le coup d'œil curieux du défilé de la colonne de l'Ahuamy.

Auparavant Deniba est venu trouver mystérieusement le capitaine et, l'obligeant îi s'écarter, lui a, plus mystérieusement encore, donné une espèce de plaque en or ! C'est le remerciement du cadeau d'hier : 300 francs en gourdes (pièces de 5 francs) renfermées dans un petit cofiVet en orfèvrerie, et deux boubous en soie brodée d'or, remis k l'Almamy par ordx-e du colonel.

Un détachement d'esclaves est parti avant-hier et a préparé la route que l'Almamy doit suivre, faisant des ponts sur les torrents, pratiquant des tranchées dans les forêts.

Il est neuf heures. Voici d'abord les deux fils d'Ibrahima, précédés d'une espèce de bannière et d'un chœur Je griots. Cent mètres plus loin et k cent mètres les uns des autres, les groupes de chaque chef, îi cheval, eutourés de guerriers et de captifs, et précédé de griots chantant ses louanges.

Piaf

(1) Plat, Tour du Monde, LIX, 1,637» livraison.

Les armées françaises devaient marcher comme cela du temps de la féodalité, lorsque le roy convoquait sch vassaux. Les chefs sont par ordre d importance. Enfin voici l'Almamy, ayant devant lui ses banni&res, ses griots, ses marabouts, les gens de sa suite ; derrière, une troupe compacte de guerriers. Il marche h pied, suivi de son cheval. Nous allons au-devant de lui pour le saluer. Il I «'arrête. Mais les paroles ne s'entendent pas, parmi les vociférations de sea griots, faisant un porte-voix de leurs mains. Puis, il continue sa route, et dans le bruit qui décroît, on n'aper<;oit bientôt plus que les longues draperies de I ses femmes, ondulant dans une perspective décroissante.

Le mot de la fin sera donné par un fils de l'Almamy : un des officiers lui [ annonçant le départ de la compagnie pour le lendemain : " Vous partirez si mon I père veut " ou bien encore par ce Peul disant h un de nos porteurs: " N'as-tu I pas honte de te faire le captif des blancs ! ", ou enfin par ce vieillard défendant I à un marchand de veudre des oranges k ces " tils du diable ". (1).

BROSSELARD

et la Commlaeion pour la délimitation dea territoires entre les G-ainéca française et portugaise

Le traité du 12 mai 188(î signé par la France et le Portugal a donné aux [ ■Colonies de ces pays : la Casamauce, la Guinée portugaise, et, :i cette époque, les Rivières du Sud (aujourd'hui Guinée française) des limites acceptées et qui éviteront pour l'avenir des conflits commerciaux, militaires et politiques.

Afin de rendre exécutoire ce traité, des Commissions françaises et portugaises furent nommées pom- reconnaître les territoires des deux partis.

Le Portugal nomma M. E.-J. da Costa Oliveira, commissaire du gouvernement royal, tandis que la France plaçait la sienne sous la direction de M. le capitaine Brosselard-Faidherbe.

La Commission française comprenait M. le lieutenant Clerc, M. Galibert, I ■ publiciste, M. le docteur Noury et une vingtaine de tirailleurs et de laptots.

Du côté de la Guintîe française, M. Brosselard fit reconnaître le bas

i Coumpony et le cours inférieur du Rio-Grande, parcourut le Foréah et remonta

[ dans le haut pays vers l'ancien Dandoum. L'interprète Ibrahima fut chargé de

;agner Kadé et de présenter les cadeaux du gouvernement français au puissant

■ chef du pays, modt Yaya, devenu dans la suite alpha du Labtî.

Vers la Casamance, les Commissions franco-portugaise se rendirent à f Zîghlnchor où les Portugais firent remise k la France de cet établissement en I échange duquel nous cédions le bassin du Cassîni.

(1) Journal de route du lieutenant Jtadisson. — Tour du Monde.

Ces explorations furent utiles à la géographie, car, pour la première fois, il y eut une carte assez exacte du pays de la Guinée portugaise et du bassin du Coumpony ou Cogon.

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