L'EUROPÉEN AU FOUTA-DIALLO
Dans les villages du Fouta, TEuropéen est généralement montré aux enfants comme un croquemitaîne, et dans certaines parties, dans les villages de captifs surtout, il est pris pour un anthropophage. Cela tient sans doute au nombre considérable d'psclaves que les factoreries achetaient pour peupler l'Amérique, et que les indigènes ne revoyaient plus.
L'Européen voyageant au Fouta est relativement bien reçu, si les chefs consentent à prendre son parti : on lui retient alors des frases à l'étape, mais il trouve rarement les vivres nécessaires, les indigènes les lui refusant s'ils ne le connaissent pas ; cependant s'il demeure quelques jours dans le village, s'il se rend agréable par ses médicaments, par ses cadeaux, il trouve enfin ce qui lui est nécessaire.
Cependant si l'on parvint encore assez facilement au Fouta, il est parfois difficile d'en sortir, car les Almamys ou les alphas retiennent les voyageurs pour toutes les raisons :
MoUien et Hecquard durent rester de longs mois à Timbo, et le missionnaire anglais Thompson y trouva la mort.
Parti avec son fils de Sierra-Léone il fut longtemps retenu à Dara par TAlmamy Boubakar, qui remettait toujours au lendemain le laisser-passer. A la mort de Thompson, le fils de celui-ci fut recondui<r sous escorte à Sierra-Léone,