CONDUITE DE LA FEMME FOULAH VIS-A-VIS DE L'EUROPÉEN
Tout d'abord les habitants très inquiets de la présence d'un Blanc, restent dans leurs huttes ; les femmes et les enfants osent à peine guetter son passage, mais peu h peu les femmes s'habituent à lui, elles osent le regarder, rapprocher même avec une respectueuse crainte, il est vrai } enfin dès le deuxième
jour, elles flont complètement rassiu'iîes et profitant d'un palabre elles font cercle autour de lui avec leurs enfants ; elles examuient la physionomie, la couleur du " porto " (toubab, europceu), et attendent quelques cadeaux.
La connaissance est nouée et pendant quelque temps tout en gardant une prudente réserve, on échange des regards, des sourires. — Mais ce n'est pas ce que veulent les femmes : elles étaient d'abord craintives, elles deviennent ^-ite embarrassantes ; elles ari-ivent par g-roupes, entourent la case, pénètrent h toute
FEMME FOULAH
heure de la journée ou de la soirée," elles s'installent, regardent tout, fouillent tout, veulent tout voir, tout connaître. Cependant malgré la multitude d'objets nouveaux le plus curieux échantillon c'est le " porto ". Elles s'approchent de lui et tout en causant et riant h gorge déployée, ellea le regardent, l'examinent, le tâtent, le palpent, et Unissent par l'enserrer. Le voilfi prisonnier de ces dames, le malheureux blanc, il est devenu leur chéri, leur coqueluche ; malgré la faiblesse voulue du porto, le terrain a été promptement et habilement gagné, on ne peut
le nier, mais c'est un genre si nouveau de conquête, une étude si curieuse, et la gaieté est si franche que le temps a paru moins long au voyageur et qu'il a oublié un instant sa fièvre et ses fatigues. Cependant tout n'est pas fini ; à son tour, le voyageur est mis k contribution, non d'amabilité, car avec les Noires il n'y a pas de galanterie à faire, elles n'y sont pas habituées, mais il est obligé de payer son tribut de cadeaux. .
' ' Tu dois être bien riche, porto, pour venir dans notre pays ? tu as des paquets en quantité qui doivent porter ta fortune ? tu n'as pas besoin de tant de charges " — et d'insinuations en insinuations, elles finissent par obtenir ce qu'elles avaient convoité.
Mollien a dit : '' On ne conçoit pas comment ces femmes peuvent allier la modestie qu'elles affectent quelquefois devant les étrangers, avec l'audace qu'elles montrent en leur demandant sans cesse des présents. Leur parure, la manière dont elles arrangent leur chevelure, annoncent un certain art... "
Comme on le voit, chez les sauvages comme chez les peuples civilisés, la femme est rusée et coquette, mais le Foulali comme l'Européen aime bien trouver dans sa compagne, ces imperfections qu'il considère comme des qualités.
Dans cet ordre d'idée, les Foulahs sont fiers de leurs mœurs et du raffinement de leurs manières extérieures.