LES CARAVANES
On appelle caravane, un groupe d'individus appartenant à un seul pi*opriétaîre, qui viennent apporter k la côte des produits de l'intérieur pour les échanger contre les articles européens. La caravane comprend rarement plua d'une soixantaine d'individus; les porteurs sont des esclaves, leur fardeau est en général de 20 îi 30 kilos; parfois quelques guerriers sont chargés de la sûreté de la colonne, mais ordinairement les porteurs partent toujom-s armés de fusils à pieiTe, de sabres, de lances, de poignards ou de flèches.
Comme ils ont peu de confiance en leurs semblables, les propriétaires indigènes accompagnent généralement eux-mêmes leurs esclaves et leurs marchandises.
Lorsqu'au cours de la route deux caravanea se croisent, il est cui-îeux d'assister à ce qui se passe : les chefs s'accostent et une conversation plus ou moins anïnn^e s'eug-age sur le voyage, les factoreries visitées, le prix courant de la marchandise, l'hospitalité reçue, le logement, la nourriture ; apr&s quoi le chef qui se rend h, la côte, se décide k descendre dans telle factorerie de préférence à la voisine, ou bien chez tel traitant h, l'exclusion du moins aimable ou du moins persuasif.
Parfois, les maisons de commerce ont des agents spéciaux appelles " tirbia ", qui vont au-devant des camvanes poui' décider celles-ci h descendi-e dans leurs factoreiies.
Détails curieux, dans certains pays, les caravanes sont logées et nourries aux frais du traitant, mais il s'en suit que les produits indigènes sont estimés moins chers et que les articles européens sont hors de prix.