M«r Touchot, évêque d'Orléans
2. M«r Humbrecht, évêque de Poitiers, aujourd'hui archevêque de Besançon.
lisation chrétienne. Pour la faire triompher, aucune souffrance, aucun sacrifice n'est de trop » \
« Votre paroisse aujourd'hui, c'est le régiment, c'est la tranchée, c'est l'ambulance, c'est le cantonnement, c'est le train sanitaire, c'est le dépôt; aimezla. Donnez-vous à elle comme à celle que vous avez quittée ; consacrez-vous à lui faire du bien à celle-là, avec toute votre foi, avec tout votre cœur »2.
Tout ministre de l'Evangile doit être essentiellement un homme de paix. C'est pour conserver à ses prêtres ce caractère que l'Eglise leur avait toujours interdit de porter les armes. La mobilisation des ecclésiastiques était donc opposée aux immunités canoniques. En droit, certainement. Mais l'Eglise ne peut-elle pas abdiquer provisoirement, pour un plus grand bien, certains de ses droits ? Elle accepta donc en fait la situation nouvelle que créaient à ses ministres les lois modernes et elle les autorisa à remplir les devoirs militaires qui en découlaient pour eux. Si bien que, fort de cette autorisation, bientôt soulignée parla suspension durant la guerre de « l'irrégularité canonique » frappant le prêtre qui verse le sang, le cardinal de Gabrières n'hésita pas à écrire : « Loin de nous plaindre aujourd'hui de cette violence faite à toutes nos traditions (la mobilisation), nous y voyons une intention providentielle, qui mêle plus intimement tous les éléments de la société contemporaine ».
Si chaleureuses que fussent ces paroles, si vibrants que fussent ces accents, lesÉvêques ne s'y bornèrent pas ; ils agirent.