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Le P. Cascua, jésuite, tué à l'ennemi

nuit étoilée de Bethléem et à la Messe de Minuit, — la Messe de Minuit, évocatrice d'une poésie si pénétrante et de tant de souvenirs charmants.

La Noël venant, on devait donc naturellement songer à la Messe de Minuit sur le front : on y songea et on s'ingénia à l'organiser tout le long de cette interminable ligne où les soldats vivaient, ici, dans les tranchées, comme les renards dans leurs tanières, là, en forêt, comme des loups dans les bois.

L'ambulance était un lieu tout indiqué pour les messes de minuit. 11 y avait là tant de blessés, tant de malades que la fièvre empêcherait de dormir et qui, dans leur douloureuse insomnie, se rappelleraient les douces réunions de familles et les joyeux réveillons d'antan. On le comprit et on y organisa la Messe de Minuit, môme à de très faibles distances des Allemands.

M. Eug. Tardieu a relaté ! celle à laquelle il assista à Dunkerque, dans une vaste caserne construite au temps de Jean Bart et de Vauban. Et il n'a pas fait mystère de l'émotion profonde qu'il y éprouva.

Le prêtre, un jeune infirmier, monte à l'autel.. . « Un petit harmonium se met à jouer, et, d'une seule voix, mâle, vibrante, d'une voix ardente, tous les soldats attaquent le cantique « Je suis chrétien »... Pourquoi avons-nous tous les larmes dans les yeux?... Pourquoi ce sanglot au fond de la salle?... Jamais mon âme n'a plongé dans un atmosphère d'émotion aussi forte...

« Puis, à l'Evangile, un caporal infirmier, barbu, une tête énergique, aux yeux brillants, nous adresse la parole... Il parle du drapeau, du sang qu'il faut

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