Journal officiel, 49 octobre
pouvoirs légaux que Mgr Marbeau, par exemple, n'en avait à Meaux à pareille heure, comme lui il ordonna et comme lui il fut obéi.
Déjà, la bataille faisait rage. De tous les côtés, le canon tonnait. La population était affolée. Femmes, vieillards, enfants, se pressent, tremblant et pleurant, autour de leur curé. C'est d'eux, les faibles et les petits, que tout d'abord l'abbé Nottin s'occupe et il leur donne les vastes cryptes de son église pour abri. Puis, il fait rouvrir l'hôpital. On l'avait malencontreusement fermé au départ de la municipalité. D'autorité, il y rappelle les cornettes blanches des Sœurs de Charité éloignées des lits des malades dix ans auparavant, et, au fur et à mesure que ces pauvres gens arrivent, il y installe paternellement les blessés.
Ce môme jour, à 9 heures du soir, les premiers éclaireurs du prince de Wurtemberg pénètrent dans la ville. D'un ton hautain, un officier de uhlans réclame le maire comme otage. On lui répond : il est parti. Qu'à cela ne tienne, le presbytère prendra la place de l'Hôtel de Ville,, et, de fait, l'archiprêtre et son vicaire, l'abbé Courtaux, sont arrêtés. Mais, deux otages, cela constitue une garantie de sécurité bien maigre pour des Allemands. Le uhlan en exige donc deux autres encore. Sur la prière de M. l'abbé Nottin, deux excellents catholiques, MM. Paillard et Bernât, se dévouent. Avec une simplicité héroïque, ils se constituent prisonniers volontaires et ils viennent se ranger, en futures victimes peut-être, aux côtés de leur curé.
Sur ces entrefaites, un régiment est arrivé. 11 doit pousser jusqu'au faubourg pour constater que les Français l'ont évacué. Sur Tordre du colonel, l'abbé Courtaux est placé en tête de la troupe et, une fois
de plus, l'humble soutane d'un prêtre français sert de palladium aux soldats sans peur et sans reproche du Kaiser.
Pendant que cette reconnaissance avait lieu, l'abbé Nottin était resté, avec MM. Paillard et Bernât, au café des Oiseaux, sous la garde d'un piquet. A une heure de la nuit, un officier supérieur l'y vint quérir pour le conduire chez le général Tuff von Tscheppe, commandant du VIIIe corps. L'interrogatoire fut long et pressant. Il fut bien douloureux aussi. Du moins, porta-t-il quelques fruits, car c'est lorsqu'il prit fin que Tarchiprêtre arracha à von Tscheppe la promesse formelle, si les réquisitions étaient servies, que la ville ne serait ni bombardée, ni pillée.
Gela n'empêcha pas du reste l'abbé Nottin et ses trois compagnons de continuer à être gardés à vue, au presbytère cette fois, par des factionnaires, baïonnette au canon et chargeurs garnis. Ces factionnaires ne quittèrent même pas l'archiprêtre, lorsque à onze heures du matin il se rendit à son église pour y célébrer la messe du dimanche, bien que la bataille eût repris avec fureur. Cette messe fut donc dite, mais avec un enfant de chœur d'un nouveau genre : un fantassin casqué à pointe, botté et armé, debout sur Tune des marches de l'autel !
Cette captivité, à laquelle une exécution sommaire pouvait à chaque instant mettre fin, et ses gardes ne se faisaient pas faute de le laisser entendre à M. Nottin, dura vingt heures. Au bout de ce temps, les quatre otages furent rendus à la liberté ; leur premier soin fut de pourvoir d'urgence aux besoins publics les plus pressants. Sous le soleil brûlant de septembre, les nombreux cadavres d'hommes et de chevaux tués dans les rues commençaient à s'y putréfier. Secondés par des équipes de fossoyeurs volon-
taires, M. Paillard et l'abbé Gourtaux procédèrent le plus promptcment possible à leur inhumation. Un grand incendie ayant été allumé par les obus, l'abbé Nottin, pour réteindre, s'improvisa capitaine de pompiers. D'autre part, les vivres manquaient, le pain surtout. Que faire? Toutes les céréales disponibles avaient été réquisitionnées. L'archiprêtre court chez les autorités allemandes; il prie, il supplie; enfin, à force d'instances, il obtient quelques sacs de farine et il assure ainsi à la population civile la nourriture strictement nécessaire pour ne pas mourir de faim.
Le 11 septembre, afin de ne pas être encerclées, les troupes allemandes battirent en retraite. Le souspréfet revint quelques jours après. Une «Délégation» fut officiellement installée à l'Hôtel de Ville et, libérés des responsabilités qu'ils avaient dû assumer dans une heure critique, les abbés Nottin et Courtaux purent se consacrer de nouveau à de moins profanes labeurs K
Si, après les centres importants, on en vient aux villages, les noms à citer se présentent par centaines. C'est partout en effet que les curés de campagne se distinguent ; et leur abnégation, leur oubli d'eux-mêmes sont tels qu'ils frappent immanquablement tous ceux qui en ont le touchant spectacle sous les yeux. Des journaux de nuance foncièrement laïque les signalent : « Il est vrai, écrit par exemple le Petit Parisien, le 12 septembre 1914, après la victoire de la Marne, que les maires qui sont demeurés à
1. « Le sous-préfet revenu, le maire fut révoqué et le Conseil municipal dissous : M. Paillard, M. Nottin et M. Foureur, instituteur, dont la conduite fut remarquable durant l'invasion, furent nommés membres de la Délégation officielle, chargés d'administrer la ville. M. Nottin crut devoir bientôt donner sa démission pour se consacrer exclusivement à son ministère, mais cette désignation officielle était toute à son honneur » (La guerre au diocèse de Châlons u 72 P. Téqui, Paris, 1910). ' { '
leur poste sont malheureusement rares. Il reste des curés. J'en ai vu un qui, sur le cadavre d'un cheval, jetait des fagots allumés. C'était un vieillard à cheveux blancs, qui avait un visage de cire et une soutane élimée. Quand il a enseveli les morts, assisté les mourants et soigné les blessés que l'on amène dans sa commune, il brûle les chevaux. Personne ne le seconde... parce qu'il n'y a personne pour le seconder... » Les correspondants des feuilles protestantes font chorus avec nos journaux avancés. Et le Daily Mail n'hésite pas à écrire : « Les héroïques curés, qui, dans les villes et les villages, ont fait face aux Allemands, se comptent par centaines *, pasteurs intrépides de troupeaux saisis par l'épouvante, hommes que leurs traditions et l'honneur ont enchaînés à leur poste, alors qu'autour d'eux tous les autres s'enfuyaient 2 ».
C'est pour mieux garder les biens de ses paroissiens, qui avaient presque tous évacué le pays devant l'invasion, que dans la Marne le curé de Chaudefontaine, M. Lequenne, s'improvisa maire de son petit village à l'arrivée des Allemands. Intelligemment assisté par l'instituteur, il les protégea de fait on ne peut mieux. Il en fut singulièrement récompensé du reste ; car, la marée allemande ayant fini par refluer, une lettre anonyme le dénonça comme ayant pactisé avec les envahisseurs. Heureusement le général, qui reçut cette « saleté », — c'est l'énergique expression dont il se servit, — n'en tint aucun compte. Il fit même davantage et il envoya ce triste factum au vaillant curé pour lui prouver combien il en était non seulement indigné, mais écœuré.
,1. C'est nous qui soulignons.
2. Daily Mail, 7 octobre 1914. The bravepriests of France, b£ Georg. C. Curnock.
A Pargny-sur-Saulx, près de Sermaize, le 6 septembre 1914, au milieu d'une grêle de mitraille, le curé relevait des blessés. Arrive une bombe incendiaire qui, tandis qu'il administrait un petit fantassin tout couvert de sang, le renverse lui-même et le crible de minuscules éclats. Le chirurgien-major du 72e se précipite vers lui et lui donne les premiers soins. Grâce à cette prompte intervention, le bon curé reprend connaissance. Mais quand on lui conseilla de se retirer, on ne put jamais l'y décider. Une heure après, il se remettait à l'ouvrage, comme s'il n'avait pas été blessé. 11 ne quitta son village à moitié éventré par les obus qu'à la nuit noire, la tête bandée, sans chapeau, la soutane en loques, pieds nus ou à peu près, mais prouvant par son aspect minable comment il avait fait son devoir jusqu'au bout.
Cent autres curés payèrent non moins héroïquement de leur personne, durant la bataille de la Marne. Dans le diocèse de Châlons, par exemple, citons au hasard de la plume, l'abbé Laisnez, porté à l'Ordre du Pays, l'abbé Hugny, doyen d'Heiltz-le- Maurupt, l'abbé Briquet, curé de Montmirail, l'abbé Laplaige, curé de Villeneuve-les-Charleville, le doyen d'Ecury-sur-Coole, les curés de Givry, de Daméry, de Saint-Martin-d'Ablois, d'Avize, de Vertus, d'Orbain-l'Abbaye, de Mareuil-en-Brie, de Maisons, de Vienne-la-Ville, d'Esternay, etc., etc. j.
Au diocèse de Verdun, même abnégation, même courage. Pendant la retraite générale qui précéda la victoire de la Marne, jours de deuil qui livrèrent aux troupes allemandes la moitié du pays meusien, les prêtres demeurèrent indomptablement fidèles à leurs postes ; une cinquantaine furent pris comme otages.
1. La guerre au diocèse de Châlons, passim. Tequi, Paris, 1916.
Ceux qui, sur Tordre des autorités militaires, durent quitter leurs paroisses pour échapper, eux et leurs iidèles, aux atrocités qui les menaçaient, partirent la plupart, vrais pasteurs de troupeaux affolés, à la tête des tristes convois d'évacués. « Avec eux, a raconté leur évêque, M61* Ginisty, ils campèrent le long des routes, ou dans des abris de fortune, partageant leurs privations et leurs souffrances, aidant surtout ces malheureux à supporter leur détresse. Quelquesuns, après la victoire de la Marne et de la Meuse, ramenèrent en partie leurs troupeaux aux bercail s, hélas ! bouleversés, saccagés, à moitié détruits. Et peu à peu autour d'une église improvisée dans une grange ou dans le couloir d'un presbytère, la vie 'et le travail reprirent. »
Quand « le calvaire de Verdun » commença et lorsque des centaines de milliers d'obus tombèrent en déluge sur cette « petite Rome, qui donnait à ses habitants la musique de trente clochers », les curés de la région ne désertèrent pas leurs cures. Pour les en éloigner, il fallut des ordres d'évacuation formels : encore ne partirent-ils que les derniers, après tous les autres.
Un de nos grands généraux, « qui cependant, souligne l'évoque, ne partage pas, assure-t-on, nos croyances », disait un jour à M^r Ginisty : « Nous avons dans Farmée deux grands facteurs d'énergie morale, les médecins et les prêtres-aumôniers : les médecins qui soignent les corps et les prêtres qui réconfortent les âmes ». Faisant allusion à cette parole, l'éminent prélat a écrit dans sa belle conférence sur Verdun * :
1. Revue HebcL, 24 février 1917, loc. cit., p. 475. M«r Ginisty rapporte que des chefs de tous grades lui ont dit souvent sur le iront : « Partout où ils se trouvent, les prêtres font admirablement leur
« Dans toutes les paroisses peu éloignées du front, les prêtres ont été par leurs conseils, leurs encouragements et leur belle assurance, des « facteurs d'énergie morale », autant pour les civils que pour les soldats. Grâce à eux, que de familles résistèrent à la peur et à la tentation de fuir des périls plus ou moins imaginaires ! Mais enfin, lorsque l'heure fatale du départ sonna, ils préparèrent les esprits à Tépreuve et ils soutinrent le courage de tous. L'un d'eux va, sous les obus, chercher les vieillards et les infirmes, les place sur des voitures et ne consent à s'éloigner de sa paroisse qu'après s'être assuré qu'il n'y a plus personne. Un autre a sa chambre à coucher traversée par un projectile pendant la nuit. îl ne se lève ni ne part plus tôt pour cela. Un autre obtient de rester avec l'instituteur et quelques notables, pour surveiller les intérêts matériels, des habitants évacués. Deux autres, curés de paroisses sur le front, ont reçu la Croix de guerre. — M. le curé de D..., encore dans sa paroisse avec une douzaine d'hommes, les réunit au presbytère : « Mes amis, « leur dit-il, nous sommes seuls ici : il faut que « nous nous occupions des affaires de tout le monde.
devoir. » Rapprocher de ce témoignage exclusivement militaire, le témoignage si élogieux rendu, — avec faits à l'appui, — par un instituteur public (incroyant), M. Alfred Tintignac, dans un article intitulé « Le Prêtre et l'Education aux armées » et publié dans la revue L'Ecole et la Vie, n° du 10 août 1918, Armand Colin, éditeur. M. Tintignac y a écrit entre autres choses : « que l'on se rassure ; je n'écrirai rien de contraire aux lois de lUnion Sacrée. Et je ne m'imposerai en le faisant aucune contrainte. Si je dénigrais l'action des ecclésiastiques, je proférerais un mensonge et je commettrais une injustice. Les membres du clergé que j'ai approchés, que j'ai appris à connaître et à apprécier, face au danger, ont fait preuve en toutes circonstances, et ils recherchaient souvent les plus périlleuses, d'un esprit de sacrifice, d'un mépris de la mort, d'une volonté inébranlable et d'une égalité d'humeur souriante, qui soulevaient partout une admiration sans réserve. Je tiens à leur adresser ici l'hommage du respect d'un laïque, qui les a vus de près devant la mort et qui ne saurait être suspect de partialité ».
« Mettez en commun vos attelages : labourez, « semez, cultivez tous les champs de la commune, « et, à la récolte, on donnera à chacun ce qui lui « reviendra, en nature ou en argent ». Et ces douze, hier encore divisés d'opinion politique, ont conclu un pacte d'union sacrée, pour travailler ensemble au bien public, grâce à la sage diplomatie de M. le curé. « M. H..., curé de F... reste seul dans sa paroisse pendant dix jours après l'évacuation générale. Avec un officier, deux gendarmes et deux soldats, il visite les maisons de fond en comble, prend note de ce qui reste de denrées, de pommes de terre, de foin, de paille, de bois, etc. Il garde cet inventaire, pour rendre à chacun ce qui lui est dû. Forcé de partir à son tour, il reçoit de l'autorité militaire un certificat des plus élogieux pour sa belle conduite et, plus tard, de M. le ministre de l'Intérieur, de M. le préfet de la Meuse, de M. le sous-préfet de Verdun, une lettre de compliments. »
Ce ne fut pas seulement dans les Marches de la Lorraine, c'est tout le long de la frontière martelée par les talons allemands, que le même dévouement, le même oubli de soi-même se rencontra à chaque pas dans les presbytères.
L'héroïque curé de Troyon d'abord, l'abbé Dubois. Il porte la croix de guerre, après avoir été cité à l'Ordre de l'armée et il l'a, certes, bien méritée. Deux fois, eu effet, durant ce tragique mois de septembre 1914, qui, sous la terrible ondée de sang dont il couvrit le Nord de la France, y fit éclore tant de fleurs d'héroïsme, il monta au fort au péril de sa vie : le 8 septembre d'abord, lors du premier bombardement, le 25 septembre ensuite, lors du second.
La première fois, « c'est par lui que les défenseurs
du fort, isolés du reste du monde depuis trois jours, apprirent que les Allemands avaient perdu la bataille de la Marne, ce qui leur rendit courage et espoir ».
Le 25 septembre, il sert de guide à deux sousofficiers du fort de Génicourt. Envoyés par leurs chefs pour voir exactement ce qui s'est passé à Troyon, ils se sont égarés en route et n'ont pas pu arriver au but. L'abbé Dubois s'offre alors pour les guider. Sous une pluie d'obus, il les conduit jusqu'aux fossés. Reste à y descendre et ce n'est pas facile, car ces fossés sont très profonds. Mais l'intrépide curé s'en est souvenu : il a pris cordes et échelles; on y descend donc quand même et, leur mission remplie, il a l'immense joie de ramener les deux sous-officiers sains et saufs.
A Rambervilliers, où le curé donne l'exemple d'un dévouement sans défaillance, c'est aussi vers les poilus sous le feu que va son vicaire, l'abbé Hecker. L'ennemi est à 2 kilomètres à peine. Qu'importe ? Les soldats ont besoin d'encouragements. Ils sont friands de tabac et de chocolat. Recevoir souvent lettres et journaux les enchante. Aussi, vaguemestre volontaire, l'abbé Hecker consacre gaiement le temps que lui laissent les soins aux blessés et l'inhumation des morts « au milieu des obus qui pieuvaient » ' à faire sans cesse le va-et-vient entre
1. Citation à l'Ordre du Pays, Journ. off., 4 avril 1916. L'abbé Godin, curé do Mcrly, fut si beau sous les obus, malgré ses soixantedix ans, qu'il lut porté, lui aussi à l'ordre de la division par le général Beaudemoulin : « Prêtre de la plus haute valeur morale et d'un sang-froid toujours souriant ; desservant un village soumis aux tirs de l'artillerie ennemie, ne l'a jamais quitté depuis le début de la guerre, malgré ses soixante-dix ans, a toujours prodigué, de jour et de nuit, les soins de son ministère aux civils et aux militaires avec le plus grand mépris du danger et le dévouement le plus admirable ». Quant à l'abbé Halm, curé de Dancmarie, en Alsace, il rendit de tels services à la cause française que le Président de la République voulut lui remettre lui-même, lors de l'un de ses voyages au front, la croix de la Légion d'honneur.
136 l'église de frange pendant la guerre
les tranchées et la ville pour encourager et combler de gâteries nos bons troupiers.
L'abbé Hecker s'est fait vaguemestre. A Glémery, l'abbé Vanier se transforme en facteur rural. Il ne se borne pas à faire fonction de receveur des postes. Il porte les lettres et il dessert, non seulement sa paroisse, mais plusieurs des paroisses voisines. Ce que faisant, il ne se livre pas à de simples promenades hygiéniques. Car, toutes les fois qu'il part, c'est sa vie qu'il expose, puisqu'il doit toutes les fois aussi franchir les lignes allemandes, au risque d'être arrêté et collé au mur comme espion. Au surplus, cela ne lui suffit pas et, entre deux tournées, il veille à l'extinction des incendies et à l'enlèvement des céréales, au repliement du bétail 1.
Son vieux confrère, l'abbé Lamy, curé d'Attienville, qui comme lui a été cité à l'Ordre du Pays, n'est pas moins admirable. Les Allemands, ah! il les connaît de vieille date, car, octogénaire, il a tâté de leurs geôles en 1870. Gela ne l'empêche pas, lorsque en 1914 ils reviennent, de ne point plier devant eux, et « sous des bombardements répétés, qui atteignent sa propre maison, de donner le plus bel exemple de fermeté souriante et d'activité »'2.
Un autre vieillard, l'abbé Gérard, fait l'admiration des soldats par sa bravoure et sa bonhomie. En deux mois, du 21 janvier au 28 mars 1915, son village de Baulecourt, près de Saint-Mihiel, est quatorze fois bombardé. Et toujours le vieux curé est