Premier rapport, pp
lans sa lettre pastorale : Kft^ïttr de MaHnes
Cette barbarie sans nom permettait de deviner facilement ce qui allait se produire, quand, après Charleroi, les armées allemandes firent irruption dans nos départements frontières. De fait, nos ennemis ne faillirent pas à leur sinistre réputation.
Laissons de côté les prêtres qui trouvèrent une mort enviable, en soignant des blessés ou en les relevant surs les champs de bataille; tels : l'abbé Bernot, le curé de Saulcy, l'abbé Lenain, curé de Louvreuil, l'abbé Vallières, à Arras (cité à l'Ordre du Pays, Journ. off., 2 mai 1915) l'abbé Jeanpierre, à Saint-Dié, et tant d'autres comme eux ! Prenons simplement ceux qui sous les prétextes les plus divers et les plus futiles furent froidement passés par les armes.
Quelles funèbres et longues listes les noms de ces martyrs de la Patrie constituent !
Fusillé, l'abbé Delebecque, curé de Maing, au diocèse de Lille, qui récite les prières des agonisants pour lui-même, en allant au poteau d'exécution.
Diocèse de Malines : Dupierreux, de la Compagnie de Jésus; les frères Sébastien et Allard, de la Congrégation des Joséphites ; le frère Candide, de la Congrégation des Frères de la Miséricorde; le Père Maximin, capucin, et le Père Vincent, conventuel; Lombaerts, curé à 13oven-Loo ; Goris, curé à Autgaerclen; l'abbé Carette, professeur au Collège épiscopal de Louvain ; de Clerck, curé à Bueken ; Dergent, curé à Gelrode ; Wouters Jean, curé au Pont-Brûlé-
Diocèses de Namur, de Tournai et de Liège : Schlogel, curé d'Hastière: Gille, curé de Couvin ; Pieret vicaire à Etalle : Alexandre, curé à Mussy-la- ille : Maréchal, séminariste de Maissin;le R. P.Gillet, bénédictin de Maredsous ; le R. P. Nicolas, prémontré de l'abbaye de Leffe ; deux Frères de la même abbaye ; un Frère de la Congrégation des Oblats; Poskin, curé de Surice ; Hotlet. curé des Alloux ; Georges, curé de ïintigny ; Blondel, curé de Latour; Zendel, curé retraité à Latour; l'abbé Jacques Druct, curé d'Acoz; Pollart, curé de Roselies; Lebeye, curé deBlegny-Trembleur; Thielem, curé de Hacourt ; Janssen, curé d'Heure-le-Romain : Chabot, curé de Forêt; Dossogne, curé de Hoekay; Reusonnef, vicaire d'Olme ; Bilande, aumônier des sourds-muets à Bouge ; l'abbé Docq, etc.
Voir également Pierre Notthomb. Les Barbares en Belgique, pp. 59-69. Perrin, Paris, 4915 ; Christian Mallet, Etapes et Combats, Pion, Paris, 1916, chap. n,
LE CLERGÉ SECULIER DANS LES PAYS ENVAHIS lfc>5
Fusillé, l'abbé Hennequin, curé de Marthil.
Fusillé l'abbé Brun, curé de Saint-Etienne à Mulhouse, parce qu'il a essayé de sauver la vie à quelques petits soldats de France, en les cachant dans son église, vieil abri du Bon Dieu.
Fusillés, l'abbé Mathieu, curé d'Allarmont, et l'abbé Buechet, curé de Luvigny.
Fusillé, l'abbé Lahache, curé de la Voivre, qui, sommé d'indiquer s'il y a des soldats français dans sa paroisse et où ils se trouvent, répond : « Plutôt mourir que trahir ». Condamné à mort, il est conduit au supplice, et, lorsque les canons de fusils s'abaissent vers lui, stoïquement et d'une voix ferme, il entonne le Libéra de l'absoute1.
Fusillé, l'abbé Thiriet, curé de Deuxville.
Fusillé, l'abbé Barbot, curé de Rehainviller 2.
Fusillé, l'abbé Renaudin curé de Villiers-sur- Ghiers.
Fusillé, l'abbé Galba, vicaire à Lunéville.
Fusillé, l'abbé Thiery, curé de Gondrecourt.
Fusillé, l'abbé Robert, curé de Gutry.
Fusillé, l'abbé Mamias, curé de Vandières.
Fusillé, l'abbé Eug. Faivre, vicaire à Nancy3.
Fusillé, le curé d'Herbenval (Ardennes).
Fusillé, l'abbé Bogaert, curé de Pradelles.
Fusillé, l'abbé Persyn, vicaire à Longuyon.
Fusillé, l'abbé Braux, curé-doyen de Longuyon.
Fusillé, l'abbé Vouaux, agrégé de l'Université, pro-
1. Commission d'enquête française. Ve rapport, p. 34, Imprim. nation. 1916.
2. MM. Thiriet et Barbot furent cités à l'Ordre du Pays en ces ternies : « Arrachés de leur maison par l'ennemi, outragés, fusillés sans autre motif que leur ferme attitude. » Journ. off.,Ti octobre 1917.
3. Cité à l'Ordre de l'armée. L'abbé Faivre était sergent à la 23° section d'infirmiers. Il fut fusillé en août 1914 avec quelques-
• uns des blessés qu'il soignait dans un village lorrain. Y. Journ. o/7\, 3 juin 1916.
fesseurà la Malgrange, qui remplaçait son frère, curé de Jarny, mobilisé.
Quand, poussé contre un mur, ce prêtre au grand cœur vit s'avancer le peloton d'exécution, il porta à ses lèvres un petit crucifix qu'il tenait à la main : « Ce geste déchaîna une explosion de fureur sauvage, raconte un témoin oculaire de la scène1. Le chef de peloton arracha violemment l'image du Christ et, la jetant par terre, « il la piétina », en hurlant les plus ignobles blasphèmes. L'abbé Vouaux n'ayant pas été tué sur le coup, l'officier s'acharna sur lui ; il lui creva les yeux avec la pointe de son épée et il lui écrasa le visage à coups de pommeau »■*.
Si répugnants que soient de pareils actes, il s'en trouve de plus écœurants encore. L'abominable traitement infligé au vieux curé-doyen de Sompuis (Marne), l'abbé Oudin, le prouve bien. J'en emprunte le douloureux récit au Cinquième Rapport de la Commission française dont j'ai donné plus haut la composition.
« Mis en arrestation M. l'abbé Oudin, vieillard asthmatique de soixante-quinze ans, fut d'abord enfermé dans sa cave jusqu'au lendemain, sans