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Lettre du sous-lieutenant Jacquart S. J

cette inepte calomnie renouvelée de la guerre de 1870 : « La guerre actuelle est la guerre des prêtres. »

« Oui, c'est vraiment la guerre des prêtres. Car les prêtres sont partout, dans le rang, au combat, à l'ambulance, dans les villes conquises, dans les forts assiégés... Les curés sac au dos sont sur toute la longueur du front, mêlés aux soldats, combattants ou brancardiers. Ceux qui ont passé lage ou qu'un congé de réforme dispense du service sont aumôniers...

« Et chacun peut en visitant les champs de bataille, les hôpitaux, les ambulances, savoir quel accueil y trouvent les prêtres, aumôniers, brancardiers, officiers, hommes de troupe, quels qu'ils soient...

« Voilà donc bien la guerre des prêtres. Entre eux et les soldats, entre eux et le peuple se nouent ainsi par l'épreuve et le sacrifice communs des liens que rien ne pourra rompre. Tout le monde le sait, tout le monde le voit, j'ose dire que tout le monde, tous ceux qui veulent la France forte et unie, salue avec émotion ce miracle de la guerre '. »

A ce rapprochement entre le troupier et le prêtre pas de doutes que l'aumônier militaire n'ait amplement contribué.

Au commencement du mois d'août 1915, c'est-àdire au moment où Ton entrait dans la seconde année de guerre, le nombre des aumôniers — aumôniers titulaires et aumôniers volontaires du comité de Mun, — présents sur les fronts de France et d'Orient, devait approcher de 350. Sur ce nombre, il y avait, le 17 novembre suivant, d'après une statisque officielle publiée par le ministère de la Guerre, 151 aumôniers titulaires. Quant aux prêtres-soldats, qui à ce moment-là faisaient fonction d'aumôniers

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