Journ. off., 2 juillet
LE CLERGÉ RÉGULIER A l'àRMÉE 357
« l'impétuosilé avec laquelle il a mené sa compagnie à l'assaut, le 15 septembre 1916 », impétuosité « qui a électrisé toutes les unités qui y prenaient part » \
Le P. Messager, Oblat de Marie, n'est qu'un simple caporal. C'est sur sa demande que d'infirmier il a été versé comme combattant dans une compagnie, où, du reste, il continue d'assurer les secours religieux à ses camarades. Un jour d'attaque, il est avec son escouade au poste le plus avancé. Tout à coup des cris sauvages partent des tranchées ennemies, et ses hommes en paraissent saisis et troublés. « Pourquoi avoir peur, leur dit-il alors. Tenez, ai-je donc peur, moi ? » Et, pour les rassurer, il se dresse avec une belle témérité, de toute sa hauteur, sur la tranchée face aux Allemands. C'est là qu'une balle, trouant son front, le renverse. Il retombe dans la tranchée et il expire, en murmurant : « Pour Dieu et pour la France ! Je meurs content ! »
Ancien Saint-Cyrien, le P. Ricard, faisait partie des 51 enfants de Saint-Benoit, qui avaient été mobilisés et dont 10 devaient rester sur le terrain2. Il était entré en campagne en qualité de sous-lieutenant. Blessé deux fois, il ne tarde pas à recevoir le second galon. 11 commandait sa compagnie, lorsqu'il reçut l'ordre d'attaquer une tranchée de seconde ligne redoutablement fortifiée par un réseau de fils de fer de plus de 30 mètres de profondeur. 11 s'élance, iet il est frappé d'une balle. 11 se fait panser sur le terrain et il reprend la lutte. Seconde balle, second pansement sommaire, seconde marche en avant. C'est alors qu'une troisième balle achève l'œuvre des deux premières et le renverse mourant sur le sol.
Quel rude combattant encore que ce jeune Capucin,