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M. M..., avril

humide et de rosée, comme si, elle aussi, voulait honorer à sa façon le Créateur. Quelques hussards attardés profilent à travers les futaies leur silhouette bleue. Ils se hâtent, de crainte de manquer le divin sacrifice qui se consomme sur l'autel de verdure ; les oiseaux joignent leurs voix à l'universelle harmonie de la forêt qui s'éveille; après la consécration, les soldats chantent en sourdine, car l'ennemi est proche, VO Salutaris, et, la messe finie, après un dernier cantique, plutôt murmuré que chante, chacun s'en retourne, le recueillement au cœur et le réconfort dans l'âme, à sa tâche journalière et monotone ; quelque chose de divin flotte dans l'air. »

Qui donc aurait cru que la Fêle-Dieu, avec ses processions, pût être célébrée sur le front? On F y célébra pourtant dans bien des endroits, et dans l'un, 2.000 soldats entourant un reposoir improvisé où quelques drapeaux rompaient de leurs tons clairs le vert foncé des feuillages « la Fête-Dieu fut un triomphe »*. Surprise plus inattendue encore : les processions circulèrent jusque dans les méandres des tranchées. Dans un secteur, le Saint-Sacrement y fut ainsi porté, le 3 juin 1915, après une messe dite en plein air. Il était suivi d'officiers, et sur son passage les hommes s'agenouillaient tête nue, tandis que les factionnaires lui présentaient les armes. Dans un secteur, le même jour, on vit les quatre compagnies d'un bataillon entier monter volontairement la garde chacune pendant une heure devant le Saint-Sacrement exposé dans l'église d'un petit village2.

Ces scènes furent plus particulièrement frappantes peut-être durant la première année de guerre. Mais

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