M," André Charpentier
rent et ils ne rougissent pas de l'avouer. Un soldat l qui signe « Montmartrois de Montmartre, membre du Vieux Montmartre » mandait à sa famille :
« Il y avait messe à 8 heures; l'église était remplie de soldats
« Le pauvre vieux curé a fait, paraît-il, un petit sermon que je n'ai pas entendu, mais une fois sa messe finie, très simplement, il est venu devant l'autel et a dit : « Et maintenant, vaillants... allez à la « victoire ! » Et les mots s'étranglaient dans sa gorge. Quand j'ai osé regarder mes voisins j'ai vu de tous les côtés des yeux rouges et des larmes que furtivement on essayait de dissimuler
« Tout à l'heure, le lieutenant est venu dans la grange et il a bien résumé l'impression générale en disant : « Eh bien ! oui, j'ai pleuré... et je suis sorti de cette petite église plus impressionné que le soir où je sortais de la tranchée de X... poursuivi par les Allemands ! »
Gomme ce « Montmartrois de Montmartre », la plupart des soldats sont frappés de la simplicité grandiose de ces messes, du recueillement profond qui les caractérise, malgré tous les bruits de la guerre, ronronnement des fokkers ou des gothas survolant nos lignes, coups de canon ébranlant les vitraux, obus qui, faisant parfois irruption dans l'église et y éclatant, rappellent à chacun combien il est près de la mort.
Ils sentent que « quelque chose d'infiniment grand, de surnaturel, un souffle divin » a passé sur eux. Et ils déclarent qu'ils n'oublieront jamais « ces messes dites par des prêtres-soldats que l'on voit officier avec de gros souliers ferrés et boueux et dont l'aube