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en tout - fôOO - = 127.000 pour la première annee.
Ce chiffre, qui varie chaque année avec le nombre des enfants vivants au 1er janvier est indiqué dans la colonne C. Il va d’ailleurs en augmentant pendant environ vingt-cinq ans, au fur et à mesure de l’augmentation du nombre des enfants pour diminuer ensuite, au moment où la génération commen* cera à s’épuiser. Mais alors une génération nouvelle entrera en ligne. Je n’en ai pas tenu compte dans mes calculs. Il faut se borner et s’arrêter quelque part (Colonne C), tout en sachant que, dans l’avenir, l’augmentation continuera.
A côté de ces deux colonnes B et C, qui marquent les déchets, est la colonne des naissances D. Actuellement le nombre des naissances est d’environ 750.000, chiffre misérable, qui compense à peine celui des décès. Et c’est ici que nous entrons dans le domaine des conjectures. J’admets que l’influence des pensions se fera sentir immédiatement et progressivement, comme le fait s’est produit dans les familles Michelin, On peut penser que l’augmentation des naissances s’accroîtra pendant environ cinq ans, au taux moyen de 100.000 par an - — jusqu’à ce que la natalité arrive au taux de 30 p. 1.000 — inférieur encore de
l’impôt sur la dépense
2,3 p. 1.000 à celui clcs familles Michelin. Je pense que ce chiffre est trop élevé. Mais nous sommes obligés pour nos calculs de prendre le chiffre fort, de façon à ce que nous puissions organiser les obligations financières de l’État dans des conditions qui excluent toute surprise. En sorte que si nous pouvons faire face aux dépenses nécessitées par une natalité de 30 p. 1.000 nous pourrons mieux encore exécuter nos obligations avec une natalité plus faible.
C’est ainsi qu’après la cinquième année, nous arrivons à une natalité uniforme de 1.250.000 — destinée à s’accroître au bout de vingt-cinq ans, lorsque la nouvelle génération, plus nombreuse entrera en jeu (colonne D).
La colonne E indique la différence entre le nombre des naissances et celui des éliminations, soit par décès, soit par arrivée à la limite des quinze ans — et la colonne F marque le total des enfants à pensionner à la fin de chaque année, — total reporté dans la colonne A, au 1er janvier de l’année suivante.
Ici se pose une question capitale. Celle du chiffre total des indemnités.
Il est impossible de faire la moindre prévision sur les charges résultant d’une réforme de cette importance, sans envisager en même temps les ressources qui permettront d’y faire face. Il est donc absolument nécessaire d’élaborer un plan d’ensemble permettant de mener de front ces opérations multiples, qui, par la force des choses, sofit destinées à jouer ensemble et à se combiner sans cesse.
J’ai donc été conduit à calculer les éléments divers de cette question si complexe. Ils sont résumés dans le tableau annexé à cet article, tableau que je prie le lecteur de parcourir avec attention, malgré son aridité apparente. Toutes les parties en sont d’ailleurs solidaires — et je m’excuse d’avance des erreurs d’arithmétique qui auraient pu s’y glisser — tout en attendant les critiques sur les erreurs de raisonnement.
Pour établir ce tableau, iJ m’a fallu tenir compte d un facteur capital, celui de la valeur du franc dans les années à venir, valeur essentiellement variable comme nous n’avons eu que trop T occasion de nous en rendre compte. Cette prévision est-elle possible ? No?i, si nous continuons à nous abandonner aux insanités fiscales qui ruinent et déshonorent en ce moment la France. Oui , si nous avons le bon sens et l’énergie de confier notre destinée à des hommes qui aient le courage d’abandonner les conceptions financières démagogiques dont nous souffrons, en attendant d’en mourir, pour revenir au sens commun ! Je suis de ceux qui pensent qu’on peut, par des moyens très simples, et qui ne demandent qu’un peu d’énergie, de bon sens et d’esprit de suite, arrêter la chute du franc et lui rendre peu à peu sa valeur d’avantguerre. Or, pour apprécier et pour prévoir la valeur du franc, au milieu des événements imprévus qui surgissent de toutes parts, il n'y a qu’un élément stable, il n’y a qu’une méthode qui ne trompe pas, ou qui trompe moins que tout le reste. C’est celle qui repose sur ce principe évident que la valeur du franc, comme celle de toute chose en ce monde, est inversement proportionnelle à son abondance. Si l’on jette dans la circulation trois fois plus de francs, quand la quantité de marchandises qu’ils sont destinés à acquérir reste invariable, il est de toute évidence que ces marchandises tripleront de valeur nominale puisque, en fin de compte, elles sont destinées à être échangées contre une quantité de francs trois fois plus considérable. Le franc baissera donc par un phénomène tout naturel, jusqu’au tiers de sa valeur, pendant qu’au contraire la vie deviendra trois fois plus chère. Sans doute diverses circonstances peuvent, dans une certaine mesure, modifier la rigueur de cette loi : balance commerciale, nécessité d’achats considérables à l’étranger, spéculation, thésaurisation, crise de confiance amenant une crise de crédit. Mais ce sont là des circonstances variables, impossibles à préciser, d’ailleurs accessoires, et il n’en reste pas moins certain que le seul élément sur lequel
l’impôt sur la dépense
nous puissions compter dans nos prévisions, le seul fil conducteur dans ce dédale économique et financier, c’est l’état de la circulation fiduciaire, c’est l’abondance plus ou moins grande du franc.
Je pense donc avoir le droit, faute de mieux, de calculer la valeur du franc d’après cette méthode, qui est la seule ayant quelque valeur et qui puisse permettre une approximation raisonnable.
Nous avons environ pour 40 milliards de francs de billets en trop. Si nous voulons revaloriser le franc en vingt ans, car je pense qu’il faut un temps aussi long pour que la revalorisation se fasse sans à-coup et sans crise sérieuse, il suffit de rembourser à la Banque de France une somme de deux milliards par an. Le franc remontera ainsi automatiquement, avec un décalage et une adaptation plus ou moins variables, mais qui ont des chances d’être à peu près exacts, de 4 centimes par an. Il est vraisemblable que si l’amortissement commençait en 1928 le franc serait au pair vers 1948. A cette date nous reverrions donc le franc-or ! Et ce serait une heureuse surprise que de commémorer par ce triomphe d’une conception de réalité, le centenaire d’une crise d’idéologie qui nous a valu, entre autres chimères, les calamités du suffrage universel !
Cette revalorisation du franc est indiquée dans la colonne H, et dans la colonne G j’ai inscrit les chiffres correspondants, au fur et à mesure de la revalorisation du franc, à la pension de mille francs avec le franc à 0,20 centimes. Il suffit en effet de jeter un coup d’œil sur la colonne A pour se rendre compte que, dans une vingtaine d’années, le chiffre des enfants au-dessous de quinze ans, monterait à plus de 17 millions. Avec une pension de mille francs cela ferait 17 milliards, chiffre hors de toute proportion avec les possibilités budgétaires. Bien plus, à cette époque et progressivement jusqu’à elle, le franc montant de plus en plus, et la vie baissant parallèlement, le rendement des impôts
Tableau général résumant les conditions du redressement