‹ En marge de la chirurgie (volume 2)Chapitre 25 sur 56 · P R 1ÈRE · texte numérisé non relu

P R 1ÈRE

Oh ! qui saura jamais , en cette nuit profonde, Quel est ce Dieu puissant qui gouverne le monde Et commande au destin;

Qui tient au ciel ces feux que la nuit fait éclore, Et fait pâlir devant le flambeau de V aurore, L'étoile du matin P

Qui, du haut de son trône éternel et sublime, Abaissant son regard, fait au fond de l'abîme Gronder les flots amers ;

Qui déchaîne les vents et d'un signe de tête Peul faire à volonté hurler dans la tempête La grande voix des mers ?

Ou donc est-il ce Dieu que l'univers adore,

Auquel on voudrait croire, hélas ! et qu'on implore Mais que nul ne peut voir ?

Qui reste inaccessible en sa splendeur altière,

Et ne répond jamais à notre humble prière Que par le désespoir P

Où donc es-tu, Seigneur ? Réponds à ta servante , Ecoute sa prière et que sa voix tremblante S'élève jusquà toi,

Puisque son front qu'éclaire un rayon d' espérance , Inondé de l'éclat de ta toute puissance ,

S'incline sous ta loi !

Je n'avais ici-bas qu'un espoir et qu'un rêve ! Comme un nuage blanc que l'ouragan soulève Il s'est évanoui !

Et maintenant , mon Dieu ! devant moi tout est sombre , Et je ne vois plus rien que mon amour dans l'ombre Toujours enseveli.

Oh ! Comment te parler pour fléchir ta colère ? Faut-il donc me heurter le front dans la poussière Et me meurtrir le sein ?

Ou bien lever vers toi, Seigneur, mes yeux humides Dont les pleurs vont couler sur mes lèvres arides Qui t' implorent en vain ?

Non, tu ne voudras pas, en ce moment suprême, Refuser ton appui, Seigneur , à ceux que j'aime !

Oh ! viens les secourir !

Veille sur eux, car si le sort leur est contraire,

Si je perds à la fois mon époux et mon père,

Je n'ai plus qu'à mourir !

Pitié, pitié, pour moi , pauvre enfant misérable ! Mon Dieu ! Veuille appuyer de ta main secourable Mon père bien-aimé.

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