A MON AMI M. B
En souvenir des grandes manœuvres de Beauce
Traînés par des chevaux que la marche a fait rosses , Dans le morne pays des Beaucerons féroces ,
Nous avons parcouru des horizons sans fin ,
Sans manger quelquefois , mais rarement sans faim ;
Couché partout, brancards, bons lits, foin pourri, paille ; Chanté gaîment, pesté, jeûné ou fait ripaille;
Mangé dans du cristal ou dans du zinc poli ;
Vu de très braves gens et des gens impolis ;
Trouvé dans Chateaudun une dame excellente ; Effarouché sa bonne, âme perplexe et lente!...
Et de tous ces longs jours V heure la meilleure est Celle que je passai hier à la Meilleray ! ...