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LE PROBLEME DE L’EVOLUTION

Par Maurice Caullery

Voici un très beau livre et qui vient à point, à cette heure où l’on parle encore de la Crise du transformisme et même de son procès ! Mais nous sommes loin, avec cet ouvrage, de cette « illusion transformiste » que dénonçait Vialleton, et qui a provoqué de ma part, ici même, une réponse dont les lecteurs de la Presse Médicale n’ont peut-être pas encore perdu tout souvenir.

L’épigraphe de ce volume suffit à montrer l’esprit qui l’anime : « Le fait de l’Evolution s’impose ; seul son mécanisme demeure incertain ».

Et c’est bien ainsi, en effet, que surgit le grand problème, de plus en plus difficile, à mesure que s’étendent nos connaissances.

Lamarck conserve la gloire impérissable de s’être libéré des chaînes millénaires d’un passé qui ne pouvait être que ce qu’il fut, parce qu’il ne faut pas demander à l’esprit des hommes plus qu’il ne peut donner. Chaque chose vient en son temps.

La notion de l’évolution, de la transformation des espèces, du transformisme , — pour employer ce mot autour duquel se livrent des batailles, — fait aujourd’hui partie des vérités certaines, — je serais presque tenté de dire évidentes. Elle est en tout cas comme le dit M. Caullery « hors de toute contestation pour la quasi-unanimité des zoologistes et des botanistes ». Elle est entrée dans le patrimoine de l’humanité pensante et rien ne l’en arrachera.

Ce qui est discutable, ce qui est incertain, ce qui peut-être même restera toujours plongé dans un insondable mystère, c est le mécanisme de cette Kvolution, et c est là le problème que M. Caullery étudie avec une richesse de documentation, un esprit critique et une indépendance de pensée auxquels je suis heureux de rendre un hommage éclatant.

Sans aucun doute, les explications de Lamarck : 1 adaptation au milieu et l’hérédité des caractères acquis ; celles de Darwin: la sélection naturelle et la lutte pour la vie, contiennent une grande part de vérité. Mais elles sont absolument insuffisantes pour nous faire comprendre les merveilleuses transformations que nous permet de constater le moindre coup d œil jete sur le monde vivant. Il y a des causes plus profondes. Il y a peut-être, il y a eu sans doute, dans le mystère des temps passes, des conditions que nous ne pouvons ni connaître, ni même soupçonner, et qui ont présidé, à travers l’infini des âges, à l’évolution relativement rapide des espèces végétales et animales, déjà profondément différencées dans les terrains les plus anciens que la paléontologie nous ait permis d’observer. Mais des découvertes nouvelles, inconnues de Lamarck et de Darwin, nous ont permis de lever un coin du voile, et d’entrevoir quelques données du grand problème.

Les recherches de de Vries sur les Mutations, et cette science nouvelle de la Génétique, en grande partie fondée sur les découvertes de Mendel, relatives au mécanisme intime de l’hérédité, ouvrent tout un champ de nouvelles études à la sagacité des savants. M. Caullery s’étend sur ces récents problèmes dans des chapitres remplis du plus puissant intérêt, et qu’il est impossible de résumer. Il faut les lire. Ils en valent la peine.

Sans aucun doute, beaucoup de transformations sont dues à des causes internes, attachées aux éléments mêmes qui, de génération en génération, transmettent non seulement la vie, mais encore tout ce qui, dans la chaîne infinie des êtres, constitue

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