NAISSANCE, VIE ET MORT DES MALADIES INFECTIEUSES
par Charles Nicolle
Ce petite livre est l’œuvre d’un grand esprit. Il est impossible de l’analyser. Il faut le lire, et on le lira d’un bout à l’autre avec un intérêt passionné, car il est passionnant. Il a même ceci d’admirable qu’il peut être lu par tous, compris par tous, et cette sorte d’étude biologique de l’évolution des maladies infectieuses est écrite dans une langue simple et claire, qui fuit les termes barbares dont les sciences nouvelles aiment à s’enrichir. Il y a même quelque part une page charmante sur la nécessité de conserver aux maladies leurs vieux noms populaires !
Un peu partout, dans ces pages lumineuses sur la vie, la naissance et la mort des maladies infectieuses, sur leur adaptation scientifique à certaines espèces animales, sur leur transmission par des parasites ou des insectes déterminés, des éclairs de divination qui n’appartiennent pas à tous. Car cette intuition, cette imagination, dont l’auteur montre la nécessité pour celui qui veut s’aventurer dans la recherche de l’inconnu — comme Claude Bernard lorsqu’il parlait des « hypothèses pour voir » — il s’en est lui-même magnifiquement servi dans cette découverte qui a fait sa gloire et qui perpétuera son nom dans la mémoire reconnaissante des hommes !