LE MEDECIN INSPECTEUR GENERAL DELORME
Avec cet homme, aux larges épaules, à la haute taille, au front têtu, à la voix dominatrice, et sur lequel les années semblaient n’avoir aucune prise, disparaît celui qui, depuis que s’est éteint le vieillard qui portait le grand nom de Larrey, et que nous avons vu parmi nous comme son image vivante, fut, sans doute, la plus haute figure de la chirurgie militaire.
C’était un esprit hardi que ne semblait effrayer aucune entreprise opératoire, et l’on sait qu’à une époque déjà lointaine, il ne reculait pas devant l’ouverture large de la poitrine pour aller pratiquer cette décortication pulmonaire, qui n’est à la portée que de ceux qui sentent brûler en eux-mêmes ce feu sacré qui donne le courage de regarder en face les angoisses de la chirurgie.
Peut-être même eût-on pu lui reprocher, dans l’acte opératoire, une certaine brutalité qui n’est plus, comme elle l’était autrefois, une des vertus nécessaires du chirurgien. Mais, s’il en était ainsi, il n’en fallait sans doute accuser que l’énergie d’un caractère qui poussa peut-être un peu trop loin le culte de la hiérarchie et le fétichisme de l’uniforme.
J’ai été, je l’avoue, parmi ceux qui souriaient autrefois quelque peu de cette tendance d’esprit. Mais quand je vois, comme