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J'irai même plus loin. Je prétends que. si l'on disait à quelqu'un qui va s'endormir ; « Tu dormiras cent années, comme la Belle au Bois dormant! », il accueillerait sans enthousiasme [curiosité mise à part) la perspective de cette longue léthargie. C'est la ceP' titude du réveil très proche qui fait quenouîk nous endormons chaque soir sans apprélieii' m sion. Et encore, il y a des exemples dune telle appréhension. Je l'ai, pour ma part, éprouvée quelquefois, au seuil de celte abolit tion, si courte soit-elle, de la conscience ; 0I saus doute ne suis-je pas le seul,
Il va sans dire, d'ailleurs, que toute appré» hension de ce genre reste, aux yeux de la rai» son, peu justifiable, même s'il s'agissait d'uB sommeil séculaire. Car, pour notre conscience,M dormir une heure ou dormir des années, c'eslpi tout comme.
Un vœu fort naturel, au contraire, chez ud esprit curieux, chez un savant, serait de pou-
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oir diviser son existence en trois parties, par xemple. A quarante ans, il s'endormirait our un siècle et se réveillerait sans avoir ieilli.A soixante ans^ nouveau sommeil avant 1 dernière période. Quel plaisir de dépayselent, de surprise incomparable ne ressentiait-il pas chaque fois en se retrouvant dans n monde transformé ! Plaisir plus intense, à e point de vue, que n'en saurait donner îême l'immortalité terrestre !
Cette hypothèse se trouve parfois réalisée, jsqu'à un certain point, dans les cas — très @ires — de léthargie se prolongeant dix ans et lus; dans d'autres encore: celui, par exemple, e cet Italien qui, condamné, vers l'âge de ingt ans, à la prison perpétuelle, vient d'être racié et remis en liberté, après un demi-siècle 'internement !