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culablement loititain, où le globe aura cess» d'être habitable. Ce jour-là, nos descendants b^ réfugiés en nombre infime dans le petit coil ila de vallée où persistait encore un peu d'aif d'eau, de chaleur et d'aliments, s'éteindront ces indispensables facteurs vitaux venaiit I manquer tout à fait. Wells, dans la Machirn à explorer le Temps, nous a montré leâ derniers hommes agonisant sur la terre, que ne parvient plus à réchauffer un soleil pâle él clignotant.

L'humanité n'a-t-elle donc aucune chance de survivre, même après que notre planète sera devenue inhabitable ?

Il suffirait pour cela qu'elle réussît â quittéf auparavant cette planète et à trouver ailleurs Ip] uti gîte. Cette fois il n'est plus question d'atteindre, en bâtissant des tours colossales, le seuil azuré d'un firmament chimérique. Il| s'agit de changer d'astre, tout simplement.

Cette idée n'est pas neuve^ Jules Verne,

P5|iYells, l'Allemand Lasswitz ont imag-iné de tes voyages interplanétaires, soit de la Terre i la Lune, soit de Mars k la Terre, soit de la Terre à Mars. Mais les êtres qui les entre- )renaient n'y étaient poussés que par le îaprice ou la curiosité. Un jour peut venir jù la réalisation de cette tiction apparaîtra mx hommes comme une nécessité, comme 'unique cliance de salut.

En dehors de la littérature romanesque, Tautres symptômes manifestent la persistance ie ce rêve magnifique, conçu dès l'origine par nos premiers ancêtres, La question des ommunications, par signaux, avec Mars, 3élle des ballons dirigeables et des aéro-^ planes, sont deux aspects du même problème. En outre, la conscience du but à atteindre â'âtïîrme et grandit en nous : le sentiment que tous les labeurs, tous les progrès accumulés par les générations successives, sous la poussée des intérêts les plus divers, con-

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couraient, en définitive, à la poursuite de ce but et de nul autre. Somme toute^ c'était l'instinct de conservation, instinct collectif, très clairvoyant et très prévoyant, qui, à leur insu, préoccupait ainsi les individus. Il s'agissait, il s'agit encore aujourd'hui de préserver l'espèce de cet anéantissement par asphyxie et inanition qui l'attend ici-bas.

Gomment donc ? Je l'ai dit. En faisant ce que font, périodiquement, les hirondelles, ce qu'ont fait jadis les animaux et sans doute f aussi les hommes, aux temps où les conditions climatériques du globe subirent des f^^ bouleversements rapides. En émigrant d'une planète à l'autre, comme eux d une latitude à l'autre.

Est-ce possible ? Pourquoi pas ?... Seule- f' ment, dépèchons-nous. C'est une lutte de vitesse qui s'engage entre le refroidissement, le dessèchement de la terre et les progrès de ( la science, de la technique humaine. Et, des i^fi

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lillions d'années dussent-elles s'écouler neore, avant que la terre devînt incapable de ous offrir un abri, c'est là un délai tout de lême assez bref, si l'on songe à Ténormité e la lâche à accomplir.

Comme on comprend bien l'impatience de e savant, mort il y a quelques années, qui, vant d'expirer, pria ses confrères de ne pas 3 déranger pour suivre son convoi, disant : Nous n'avons pas de temps à perdre. Laboemns ! »

Oui, l'homme, qui fit déjà tant de merveilîuses découvertes, trouvera également, qui ait ? le moyen d'assurer la pérennité de espèce. Sinon, toutes nos découvertes appaaissent vaines, tous nos efforts ridicules. ;. [ ne faut pas que la route suivie par nous boutisse à une impasse . Si telle n'était pas otre ambition secrète, si cet espoir latent ne ous soutenait pas, un grand nombre de nos es tes, de nos actes resterait une énigme. Gha-

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cun de nous a l'air de songer à son propre soi infiniment plus qu'à celui de la race. La pers pective de retourner au néant le révolte < répouvante ; serait-il aussi ému d'apprendr que le genre humain finalement périra ? E pourtant, s'il en doit être ainsi, que signifie, quoi rime cette recherche obstinée de la véritt j des lois naturelles, de leurs applications mul tiples ? Est-ce curiosité pure ? Est-ce simple ment désir de léguer aux générations posté rieures un peu plus de confort ou de sécu rite ? A quoi bon, si, lot ou tard, quand 1 terre ne sera plus qu'un amas d'élément chimiques inertes, où se confondront lespous sières de tous les êtres, rien ne doit subsiste de cet effort mille fois millénaire ? Et la gloir< que rêvent les génies, ne la rêvent-ils qu« pour une durée limitée ? S'ils ne l'espéraienB pas éternelle, penseraient-ils qu'elle valût 11 peine d'être conquise ?

Il se peut que cet espoir soit viu leurre. Et

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le fait, l'humanité reste toujours à la merci iu hasard, d'une catastrophe imprévue. Mais et espoir existe, on ne saurait le nier. Sans ai, le formidable, Tinfati gable labeur humain le s'explique, ne se justifie guère.

Au contraire, si, pénétrés de cet espoir, lûment avertis du danger qui nous menace, ;onscients de la nécessité qui s'impose à lous de gagner de vitesse les forces inélucables travaillant à faire de la terre un astre nort, nous considérons tant de têtes courbées >ur les livres, tant d'yeux fixés sur les cormes, tant de mains forgeant des outils, tant le fronts qui méditent^ tant de vies qui sucîombent à la lâche, comme tout ce spectacle, levant lequeL au premier abord, songeant au îiel rieur, aux sentiers ombreux, aux fleurs les prairies, aux chairs parfumées, aux mille 5t mille possibilités, aux mille et mille tentaions de joie immédiate, nous nous senions déconcertés et apitoyés, comme toute

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cette vision s'éclaire d'un jour nouveau

Et comme aussi on se prend à maudire plus haut et plus fort que jamais, ces haine dépeuple à peuple et d'homme à homme, qu gaspillent tant d'heures, de forces et d'exis tences si précieuses ! N^'

Car qui sait depuis quelles éternités, su tant d'astres épars dans l'Infini, d'autre humanités ont caressé le même rêve, de sor tir de leur isolement, de parcourir l'espace et se sont éteintes avant d'avoir pu le réaliser?

Est-ce à nous, habitants de ce globe minus cule, qu'est dévolue la mission de faire aboutir enfin tant d'eff'orts renouvelés, accumulés dans les siècles des siècles ? Le Surhomme, l'Homme-Dieu, conquérant de l'Univers, régnant sur la terre et dans les cieux, naîtrat-il de nous ? ;

Travaillons ! j.

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