‹ En marge des vieux livresChapitre 9 sur 10 · UN IDÉALISTE M · texte numérisé non relu

UN IDÉALISTE M

devant les évêques, refusa de confesser son crime et d'en faire pénitence. Il s'entêta dans son erreur et la défendit par des arguments bizarres. Il alla jusqu'à soutenir cfue les parties inférieures du corps, formées par le diable, appartiennent au diable ; qu'un moyen de se libérer de sa chair est de l'exterminer à force de débauches, et que les comportements de ce (( corps de mort » sont au-dessous du regard de Dieu.

Mais ces doctrines d'une si haute spiritualité furent mal comprises des évêques ; et Ozias, à sa grande surprise, fut retranché de la communauté chrétienne.

Peu après, Myrrhina, ayant changé de fantaisie et imaginé de « se simplifier », tomme elle disait, quitta Ozias pour suivre an gladiateur.

Ozias s'aperçut alors de l'extravagance de

ses rêveries, et qu'elles n'avaient peut-être été, à son insu, qu'un efifet de sa passion pour Myrrhina.

Epouvanté de sa solitude, il eût voulu rentrer dans cette Eglise où il avait connu tant de si douces et si bonnes âmes. Mais, ayant gardé dans ses moelles le souvenir de la belle veuve lettrée, il n'avait plus le courage d'être pur. Il ne pouvait plus admettre que des plaisirs qui avaient paru innocents à tant de générations d'hommes dussent être considérés comme abominables. Des doutes lui vinrent sur la vérité d'une religion qui condamnait la nature, et, par suite, sur la mission même et la divinité de Jésus.

Il songea dans son angoisse : « Si je l'avais vu après sa résurrection, je ne douterais pas aujourd'hui; car j'aurais la preuve qui me manque et sans laquelle je ne peux plus vivre en repos. Mais du moins je puis interroger ceux qui L'ont vu après le crucifiement. Leur témoignage suppléera à celui de mes sens et.

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