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LE SOULIER DE FA^NY ESSLER

Nos amis de Hongrie ne se privent de rien. On \a, nous apprend-on, placer dans le musée national de Budapest un document historique dont l'importance ne -saurait être discutée. Une dame a fait don à ce musée d'un chausson de danse de Fanny Essler. Cette relique provient de l'héritage d'un ancien maire de Pesth. Lorsque Fanny vint, en i844, charmer les riverains du Danube, on lui offrit, ainsi qu'il convenait déjà, un banquet enthousiaste. Le toast apologétique fut porté dans un soulier que la danseuse avait consenti à prêter à ses admirateurs en manière de coupe de communion. Elle daigna pousser plus loin encore la condescendance : elle inscrivit son nom au fond du vase vide et fit don du tout au maire interprète de la libation. La famille de cet édile aimé des dieux avait gardé jusqu'à ce jour ce chausson sacré ; elle vient de s'en dessaisir patriotiquement. Les deux gestes, celui d'aujourd'hui et celui d'hier, sont également beaux. Et le musée de l'Etat hongrois s'enrichit ainsi d'un précieux sou venir.

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