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VORONOVO. — LES ECURIES

YORONOVO 99

toire a de l'attrait, présente un double intérêt : d'abord par les événements dont elles furent le théâtre, ensuite à cause du rôle important que jouèrent leurs propriétaires. Le nom de Voronovo est intimement lié aux noms illustres de Volynsky, de Woronzow et des Rostoptchine, et nous estimons que les Français aussi bien que les Russes pourront trouver dans ces pages qui constituent un recueil documentaire, quelques notions dignes de leur attention.

Cette notice fait suite à celles que nous avons précédemment consacrées à d'autres anciens domaines du gouvernement de Moscou, tels que: Ostafiévo (1), Kouskovo (2) et Viasiomy (3).

Nous sommes persuadé qu'il y aurait une grande utilité à faire revivre le passé de ces lieux jadis célèbres, de toutes ces anciennes résidences illustrées par des personnalités considérables et opulentes. Combien de souvenirs émouvanls, de précieuses manifestations de l'art, d'archives inexplorées, de sites empreints d'une poésie pénétrante, dorment dans ces campagnes vouées à un regrettable oubli !

Nous signalons ce vaste champ d'étude tant aux érudits qu'aux curieux des choses de l'ancien temps.

Us trouveront un charme particulier à rendre la vie à toute une brillante société, à restituer l'aspect des demeures qu'elle a peuplées des plus dramatiques souvenirs.

(1) Ostafiévo, 1904.

(2) Kouskovo. La résidence d'un grand seigneur russe au XVIIIe siècle, 1905.

(3) Viasiomy, 4908.

B — 7334 — Imprimerie Mottbroz et Martinet, 7, rue Saini-Benoit, Paris.

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Le Baron de BAYE !

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Le Baron de BAYE

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PARIS

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EN GÉOEGIE1

J'ai accompli mon voyage en Transcaucasie dans des conditions spécialement favorables, je devrais dire privilégiées, puisque j'accompagnais le comte Serge Chéréméteff et sa famille. Celui-ci professe le culte du souvenir. 11 a fondé une association à la mémoire d'Alexandre III, s'occupe d'histoire, préside la Société des amis des anciens textes ; admirateur du Caucase, il le connaît car il possède des biens en Khakhétie et, ce qui est plus précieux encore, c'est un esprit cultivé, élevé, observateur, judicieux, toujours préoccupé du côté moral des gens et des choses. Je vous ai présenté mon compagnon de route doublé d'un ami.

S'inspirant d'une pensée gracieuse et délicate, le comte m'avait invité à le suivre au Caucase pour me reposer de ma mission en Sibérie; celte proposition me charmait puisqu'elle me permettait de juger du constraste frappant qui existe entre ces contrées si différentes d'aspect et de situation. Aux deux mois d'études, de difficultés matérielles, passés entre l'Oural et l'Altaï, succéda une féerie aux pays éblouissants de clarté, dans ces montagnes si sauvages, si fières et si caressantes aux regards. Us sont de velours ces rochers qui prennent les plus tendres des nuances, qu'ils soient couverts de fleurs, d'arbres, de mousses, qu'ils soient nus, étincelants de cascades, couronnés de neiges éternelles, qu'ils soient enveloppés de nuages mystérieux, qu'ils apparaissent illuminés des rayons du soleil ou des reflets de la lune.

Ceci dit pour ne parler que de la nature souriante, enchanteresse, capiteuse. Mais les populations, leur vie, leurs mœurs, leurs traditions, offrent des sujets d'étude d'un intérêt piquant et d'un charme attachant.

Je n'ai pas la prétention de généraliser, je raconterai ce qu'un

1. Conférence faite à l'Académie de Reims le 12 février et à la Société de Géographie commerciale dans sa séance générale du f 5 février 1898 et publiée ici pour la première fois.

voyage de deux mois en Géorgie m'a permis de voir. Pays dont l'histoire nationale s'épanouit dès son aurore sous l'auréole de la foi prêchée par une sainte Nino et dont l'apogée de grandeur et de puissance s'incarne dans le règne glorieux de la reine Tbamar. L'une de ces héroïnes marque le commencement et Fautre couronne le sommet d'une œuvre historique qui est la vie mouvementée d'un peuple ayant su vivre noblement malgré les ennemis des montagnes, ceux du Nord ; malgré les invasions incessantesdo

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