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On fête sainte Nino le 14 janvier

avons donc fait une visite aux plantations de thé, près la station Tchakhva située à deux verstes de fiatoum.

Dès 1853 le prince Voronzoff plantait à Soukhoum-Kalé, en Abkhazie, sur les bords de la mer Noire, quelques arbustes de thé pour orner son jardin. En 1870 il restait encore 18 arbustes. Mais il y a tout au plus une huitaine d'années que les premiers essais ont été tentés au Caucase, pour cultiver le thé comme plante

COUVENT DE SAINTE-NINO, PRÈS SIGNAKH. — LKS NONNES. (Photographie du baron de Baye.)

productrice. Un propriétaire, M. Solovlzoff, a été l'initiateur. Il possède 20 décitines plantées en thé. Son exemple a été suivi par le célèbre et richissime marchand de thé, Constantin Popoff1, qui a été étudier en Chine tout ce qui concerne la culture de cette plante. Le climat des environs de Batoum est chaud, humide, peu salubre pendant les grandes chaleurs. En été, le thermomètre ne monte pas au-dessus de 40° centigrades et, en hiver, il descend

1. Les plantations de thé de Constantin Popoff se nomment c Otradnoé »

exceptionnellement àu-déssôus' de. zéro. Le thé, comme j'ai pu m'en assurer, prospère dans cette argile rouge ferrugineuse qui est produite par la décompositionde roches porphyriques. Plus le sol est rouge, mieux les arbustes réussissent ou poussent C'est le même terrain qu'à Ceylan ouïes Anglais récoltent beaucoup de thé. Les cultures de Sôlovtzoff/ de Popoff et des Apanages sont voisines, étalées le long de cette amiral) le corniche qui longe la voie ferrée en quittant Batoum.

Popoff ainsi que la direction des Apanages ont fait venir des Chinois pour diriger les travaux. Us habitent dans des maisons à part et sont chargés d'inilier les ouvriers indigènes aux soins à donner pour mener à bien l'acclimatation du thé. J'ai rapporté la photographie de la famille Laou-Djen-Djaou que, dans ce but, Constantin Popoff a fait émigrer du Céleste Empire. Les Apanages ont sept Chinois dont le chef reçoit 150 roubles par mois; il est logé comme les autres, mais ceux-ci sont moins rétribués.

M. Spéchkoff, qui gère les biens faisant partie des Apanages à Tchakva, nous a fait, avec la meilleure grâce, les honneurs des plantations. Déjà 50 décitines sont garnies d'arbustes à thé, mais comme les Apanages possèdent 1,000 décitines en cette localité, on compte défricher et planter tous les ans.

Les pieds que j'ai vus n'ont pas plus de deux années, or ce n'est qu'à la cinquième année qu'ils pourront donner une récolte permettant de juger la production. Ces pieds étaient garnis de nombreuses feuilles vert foncé, dures et cassantes, et les tiges garnies de jolies'fleurs blanches, répandant un parfum doux et délicat. Ces fleurs ne servent pas, s'il était possible de les enlever, la plante pousserait davantage ; or ce sont les jeunes pousses qui donnent les feuilles non développées, d'un vert tendre, dont on fait quatre fois par an la cueillette pour les sécher. Les arbustes à thé peuvent produire pendant cinquante années. Outre les boutures faites à Tchakva on en emploie d'autres qu'on fait venir de Chine.

Dans cette localité, les Apanages joignent à la culture du thé des pépinières pour l'acclimatation de végétaux rares et utiles. Par exemple, cette plante nommée par les Russes <r rami * » avec laquelle on fait des étoffes, puis une autre plante chinoise avec laquelle on fabrique du papier, puis les bambous pour introduire

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