‹ En Nouvelle-RussieChapitre 59 sur 107 · RUSSIE · texte numérisé non relu

RUSSIE

n 1896 a été jugé pour la troisième fois un procès qui a eu un grand retentissement dans la presse russe et dont les débats ont pris un caractère scientifique. Les dépositions des témoins et lés remarquables discours des savants ethnographes appelés comme experts fournissent de précieux renseignements sur une population finnoise, les Votiaks, que j'ai été visiter. Il y a des Votiaks -^ ^/—^-^r^c-n^/ baptisés (conservant généralement des pratiques païennes) et des Votiaks demeurés païens. Les Votiaks, dont j'ai étudié les us et coutumes, habitent dans le gouvernement, de Viatka, non loin d'Elabouga, sur la Kama (on compte 240,000 Votiaks dans le gouvernement de Viatka).

Les Votiaks que j'ai vus sont païens comme ceux du village Moullana CTapbM MjMTaHb (frontière des gouvernements de Kazan et de Viatka) qui viennent d'être jugés pour la troisième fois comme accusés d'avoir accompli un sacrifice humain.

En effet, le 6 mai 1892, une paysanne trouva sur le chemin qui conduit du village Tchouly au village Anyk, sur la commune Starotriksk, un cadavre sans tête. Une autre paysanne, nommée Golovidnina, avait aperçu la veille ce cadavre recouvert de morceaux d'une de ces tuniques dites « Asiam » que portent les habitants de la contrée ; elle pensa que c'était une personne endormie.

Le 6 mai, on reconnut que le cadavre était sans tête ; qu'il n'y avait autour de lui aucune trace de sang, seulement quelques taches au col de la chemise. La victime était vêtue comme le sont les simples paysans. Les bandes de toile (qui remplacent les bas) avaient été mises à la hâte autour des jambes, et les lapti (sorte de chaussure en écorce d'arbre) avaient été placés aux pieds aussi à la hâte. Tout

1. Ces notes sur les Votiaks ont été recueillies par le Baron de Baye pendant son séjour en 1896, dans les gouvernements de Kazan et de Viatka.

ceci était mal attaché. Bien que le cadavre fût entouré de boue, les lapti et les bandes de toile étaient entièrement socs. Un sac d'écorce d'arbre placé sur les épaules, contenait divers objets, entr'autres deux certificats du maire de la commune d'Agdinsk, (discricl de Mamadich, gouvernement de Kazan'), certificats datés du 25 novembre 1S79 et du 15 juillet 1891, délivrés au paysan Konon Dmilriévilch Malussine. Près du cadavre, tin sac en toile bleue pour porter l'argent, un bonnet latare, une croix en cuivre, avec sa corde coupée, et un bâton. L'absence de traces de sang, le désordre des vêlements, surtout des chaussures, firent admettre que le meurtre n'avait pas été commis dans cet endroit.

Il était bien curieux de trouver un cadavre sur un chemin fréquenté, où sa présence devait tôt ou tard attirer l'attention, lorsqu'il était si facile de le cacher aux environs ou de le faire disparaître. La victime était d'une constitution athlétique. La tête et le cou manquaient; on a constaté des taches grises sur la partie inférieure du ventre ; sur les hanches, on voyait des taches rouges produites par des coups. Lors de l'autopsie, un liquide rose très pâle s'écoulait des chevilles. Il a été de même constaté que le tronc, les organes parenchymateux, tous les membres, contenaient fort peu de sang et que les grandes veines étaient entièrement vides. La tête et le cou avaient été coupés à la hauteur de deux doigts. La section était nette, unie ; ce qui fait supposer qu'elle avait été produite par un couteau bien tranchant opérant tout autour du cou. La peau u'élait pas déchirée ; par devant elle avait été détachée de la chair jusqu'aux clavicules, par derrière jusqu'à la cinquième vertèbre qui avait été hachée horizontalement. Cinq côtes du côté gauche et quatre du côté droit étaient découpées.

De cette façon, le dos présentait une grande ouverture intéressant la poitrine. Les parties où Jes côtes avaient été séparées étaient unies, on y remarquait l'action d'une hache frappant par derrière. Le cœur, les poumons et les membranes avaient été enlevés. L'estomac était resté intact. Aucune aulre observation n'a été faite pour le reste du corps, sauf qu'il était complètement exsangue.

Les médecins, se basant sur cette autopsie, ont conclu que la mort avait été occasionnée par une blessure produite par un instrument Iranchant et que les parties internes de la poitrine avaient été détachées avec soin et enlevées après la mort. Les lésions des hanches peuvent provenir de l'agonie ou de la lutte avec les meurtriers, ou avoir été produites pendant le temps où le cadavre aurait été pendu pour en retirer le sang.

D'après l'enquête, cet homme aurait été vu pour la dernière fois le

4 mai, à sept heures du soir, au village Stari Moultana. Les certificats se rapportaient bien au défunt dont ils ont fait connaître le nom.

Le 5 mai, entre huit et neuf heures du matin, une paysanne nommée Kobylina passa par le chemin où le cadavre de Matussine, n'avait pas encore été apporté. Une autre paysanne le découvrit à midi sur le même chemin. On peut donc conclure que le meurtre fut consommé dans la nuit du 4 au 5 mai, au village de Stari Moultana, où des témoins avaient vu Matussine se coucher sur des poutres de bois pour y passer la nuit. Son corps aurait été placé le 5 mai sur le chemin entre huit heures du matin et midi.

L'état de mendicité du défunt qui ne portait rien de précieux avec lui, la présence de tous ses vêtements dont aucun ne manquait, l'exposition du cadavre sur le chemin où il devait être remarqué, la manière dont le meurtre avait été commis, l'absence de sang produite intentionnellement, les sections des parties internes de la poitrine et de la tète font conclure que le meurtre a été opéré dans un but religieux ou superstitieux nécessitant le sang et certaines parties internes de la victime.

D'après ces dominées, on a pensé que le mobile du meurtre était le désir d'offrir au dieu païen des Votiaks un sacrifice pour lequel les parties internes de la victime sont nécessaires. Quelques témoins ont fait allusion au terrible dieu KypôaHb qui parfois exige des victimes humaines. Or, il n'y a pas Je Dieu de ce nom. KypôaHT» veut dire prière.

Le maire de la commune Votiake Moultana où le crime a été commis, a menacé un de ceux appelés comme témoins de le chasser du village, s'il faisait une déposition incriminant les habitants de la commune.

Toujours au village Moultana, on a trouvé dans la cour du paysan Moïse Dmitrieff près d'un chalet servant exclusivement de lieu de prière aux Votiaks, une auge recouverte de planches portant des traces de sang ; dans ce même chalet, une courtine portant aussi des traces de sang. Le paysan a expliqué que le sang remarqué dans l'auge était produit par la viande salée et que celui constaté sur le rideau dans le chalet, provenait des punaises. L'analyse qui en a été faite a démontré que c'était du sang de mammifère. Sur les bords de l'auge, on a trouvé des poils collés qui ne ressemblaient pas à ceux du cadavre. Les traces de sang découvertes dans l'auge et dans le chalet de prières de Moïse Dmitrieff servent de preuves que celte auge recevait le sang des animaux sacrifiés et n'était pas un récipient pour conserver la viande salée. En fouillant sous le. parquet du chalet, on a trouvé sous le foyer, le crâne d'un taureau

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sacrifié quatre années auparavant, d'après l'aveu de Moïse Dmitrieff.

Parmi ceax qui étaient accusés d'être complices, se trouvait aussi un Dmitri Stepanoff qui remplissait les fonctions de grand prêtre chez les Voliaks. La prière ne pouvait avoir lieu en son absence. Etait aussi accusé Andrian Alexandroff, qui servait d'aide au grand prêtre. Un autre témoin a dit que deux semaines avant le meurtre, son grand prêtre Akmar était allé voir Moïse Dmitrieff et qu'il avait eu rendez-vous avec le boucher Houdma Samsonoff pour convenir du jour où où ils sacrifieraient quelque mendiant.

D'après les dépositions de Dmitri et de Constantin Mourine, le paysan Andréïeff prêtre que les Votiaks nomment Tbiprb-6ocHceMb aurait pris part au meurtre.

Au dire de Constantin Mourine, un jour, durant le grand carême de 1892, pendant une réunion, il avait entendu Andrian Andréïeff raconter (en votiak, naturellement), un rêve qu'il avait eu : Un dieu lui avait annoncé qu'il fallait prier, c'est-à-dire faire un sacrifice humain, pour délivrer la commune de la famine et des maladies.

Dmitri Stepanoff, incriminé dans cette affaire, ne nia pas ses fonctions de prêtre 6o43HM'b-6ocHCb, mais il expliqua que les Voliaks ne faisaient pas de sacrifices humains et assura qu'ils n'avaient pas tué l'homme en question.

Un autre Votiak, habitant le village où le crime a été commis, fut appelé comme témoin. Il se nomme Michel Titoff et remplit les fonctions religieuses de 6043HMT>-6ochcl. 11 a raconté que le jour de la Saint - Michel, dans la forêt ponsacrée à KepeMeTb, deux familles votiakes de Moultana avaient fait des prières à une oie ou à un canard. Le prêtre nommé IIOKH-Ôocncb égorgeait un canard pendant que le grand prêtre adressait une prière à lkmar IÏKMaprb, c'est-à-dire au même Dieu que prient les Russes. Ensuite, on ouvrit l'estomac du canard et on en relira les intestins. Puis on brûla la tête de l'animal sur un bûcher et on cuisit le reste pour le manger. On ne sacrifie point de taureaux dans les forêts sacrées. Le même témoin a eu l'occasion d'assister au sacrifice d'un taureau dans un chalet. On fend l'animal de la tête à la queue le long du dos, en suivant la colonne vertébrale. Après quoi les parties internes du ventre et de la poitrine sont enlevées.

Les deux familles votiakes de Moultana P0411 yqypcKiii et By4.iyuiciii prient chacune dans leur propre chalet et n'assistent jamais aux prières l'une de l'autre.

Au procès, on a communiqué la déposition d'un témoin morl depuis, Moïse Dmitrieff. Elle contient de curieux détails sur la manière dont les Votiaks prient Dieu. Dans le village de Moultana il y a

trois chalels affectés à cet usage. Deux appartiennent aux familles sus-désignées et le troisième est commun. Ce dernier chalet existe en un lieu consacré à Kérémet. Les habitants de quatorze maisons vont prier dans le chalet de la famille Outchoursk y^ypCKiw. Les fonctions de grand prêtre de ce chàlel sont remplies par Dmitri Stépanoff, celle de deuxième prêtre par Trophim Maximoff, celles de IIokmh - ôoCflTb par Kouzma Anlonoff et par André Alexandroff: Il existe de même trois rangs de prêtres pour le chalet appartenant à l'autre famille précitée.

Le savant professeur Smirnoff a été appelé à litre d'expert. Il a discuté la possibilité de sacrifices humains chez les Votiaks. H a fait allusion aux indications fournies par les ouvrages publiés sur cette question. Il a cité les auteurs : Maximoff* Fonks, E. Solovieff. Il a aussi rappelé certaines traditions et croyances des Votiaks. Par exemple celles ayant trait aux esprits malins appelés': ciiicb el K)HCb c'est-à-dire mangeant et buvant ; et aussi aux Ky.iecMb yônpax'b : c'est-à-dire aux morts qui boivent le sang humain.

Il a de même rappelé quelques cérémonies, en admettant que les traditions et les croyances aient pu se conserver malgré la conversion des Votiaks au christianisme. Le professeur Smirnoff a admis que le fait du sacrifice humain est possible. Selon lui, la disparition des traces du paganisme est due, non à l'expansion de la civilisation dans le peuple, mais à l'influence de la loi qui défend de faire des sacrifices humains.

Le professeur en parlant des rites en usage pour les sacrifices a constaté qu'ils étaient soumis à des variations. Selon les différents endroits, on entaille la victime de différentes façons et on se sert de diverses parties. L'essentiel est la manière de prendre le sang, de trancher la tête, d'enlever les poumons et le cœur de la victime. Le foie joue un rôle secondaire.

D'après le professeur Smirnoff, l'état du cadavre de Matussine porte tous les indices caractéristiques des victimes sacrifiées par les Votiaks païens. Les diverses circonstances relatées au cours de l'instruction de cette affaire sont aussi du ressort de l'ethnographie comme le songe d'André Andréieff, la réunion délibérative qui Ta suivi, etc.. Quant à la participation de deux familles Votiakes, M. Smirnoff suppose qu'elle est possible. L'habitude de vivre en famille tend à disparaître chez les Votiaks. Il arrive parfois que, dans un village, il existe un seul chalet appartenant à une famille et cependant deux ou même trois familles y offrent des sacrifices.

Un autre expert, M. Véréchaguine, a nié la possibilité de sacrifices humains chez les Votiaks. Il a de même nié la participation aux

prières dans un chalet de ceux auxquels il n'appartient pas. Il n existe d'exception que dans les villages où se trouve un seul chalet, or ce n'est pas le cas à Moultana.

Le professeur Kouznétzoff a été aussi appelé comme expert. 11 a étudié les populations finnoises avec un grand talent, a publié de très remarquables travaux sur leurs coutumes et les connaît à fond. 13 a nié absolument la possibilité de sacrifices humains chez les Vo- Itaks. A son avis s'est rangé M. Bogaievsky qui vient de publier une hrochure intitulée : « Les prières du culte des Votiaks de Moultana1 ». Dans cette publication et dans des articles plus détaillés parus dans la revue d'ethnographie du professeur Muller, il décrit les sacrifices ijui diffèrent un peu dans leurs rites selon les tribus et selon les familles Votiakes.

Généralement, dans.l'enclos qui entoure chaque maison, au fond de la cour, se trouve une hutte en forme de chalet avec une seule ♦ ntrée en façade, très basse, sans fenêtres, ayant au toit un trou pour laisser passer la fumée. Dans l'intérieur est disposé un foyer au-dessus duquel pend un essuie-main et un chaudron attaché & une chaîne. Cette chaîne est vénérée, elle préserve des maladies et on l'embrasse souvent après le sacrifice. Ces cérémonies se font ainsi publiquement, quelquefois dans le bois et très souvent dans des places découvertes. Les sacriGcaleurs sont entourés des pieux habitants du village et des baba (vieilles femmes). Les sacrifices sont pour les assistants le prétexte d'une fêle. On sacrifie des oies, des ranards et le plus souvent des agneaux, des brebis.

Les chalets où l'on sacrifie sont consacrés aux dieux : Moudor, Invou,Vorchoun, ou bien à un même dieu portant ces différents noms.

Les bienfaits du dieu ne se répartissent que sur les membres de la famille auquel appartient le chalet. Enfin M. Bogaievsky conclut en prétendant qu'il n'y a pas parmi les Votiaks actuels de symboles indiquant la survivance de sacrifices humains.

Après le troisième jugement, les Votiaks accusés d'avoir fait un sacrifice humain ont été renvoyés absous. Il semble cependant que U\ mystère dont le meurtre de Matussine est entouré, demeure toujours aussi obscur et aussi intéressant.

Pendant mon séjour à Elabouga (gouvernement de Viatka), j'ai pu rassembler quelques documents sur les Votiaks païens de celte région.

(les documents, je les ai recueillis principalement au village Votiak nommé Ianaberdino Jlua6ep4iiiio.

1. II. BoracBciàft. — MyjrraiioKoe « Mojieuie 9 Bothkobt». — Mocnea 1896.

Ils ont des dieux de la forêt qu'ils nomment : Hy-flCCb, HypTa, Ila^eç'b.

Un dieu de l'eau : ByMyprt. Un dieu de la maison : rI>ycTypraH'fc. Certains Votiaks adorent en outre une divinité commune ou plutôt spéciale aux Tchérémisses et aux Tchouvacbes : « Kiremet », divinité inférieure qu'ils redoutent plus que le grand dieu. « Kiremet » est l'esprit malin. Ils lui sacriûent dans les bois, près des sources, au fond des ravins. Enfin le plis grand des dieux, celui du ciel : HHMap'b.

C'est ainsi qu'ils prient ce dernier :

« Grand et ancien Dieu, ton peuple te prie, il fa apporté du pain, des cierges, de la bière, du miel, des bestiaux. Il s'est rassemblé sous cet arbre. Aime bien ton peuple, ne rejette pas sa prière. Dieu, donne la vie à ton peuple, donne des* bestiaux, donne du pain, après le pain, donne le miel, après le miel donne l'argent pour payer les impôts, après l'argent, donne-lui une bonne chasse, donne lui une bonne pêche. Reçois ceci avec grâce. Donne une bonne vie au Tzar blanc et à tous ceux qui prient ici et qui t'ont apporté des offrandes ».

C'est alors qu'ils tuent les animaux et les mangent. Pour les cuire, ils frottent une planche à l'arbre sacré afin d'en obtenir le feu.

11 ne faut pas que les Russes voient les Votiaks tuer les animaux sacrifiés. Sachant combien les Russes et les princes orthodoxes sont contraires aux restes du paganisme, les Votiaks ne parlent pas volontiers de ces sujets. Aussi les personnes qui se sont occupées d'étudier les pratiques en question ont-elles émis des avis divers.

Certains disent que les Votiaks sacrifient un être humain tous les 20 ou 40 ans

Quand un enfant naît, on le porte aux bains. On fait venir une baba (vieille femme) qui dit des prières et donne le nom à l'enfant.

Si c'est un garçon on lui donne le nom du grand père, si c'est une fille le nom de la grand'mère. Après cette cérémonie, on boit.

Les noms sont intéressants. Ainsi j'ai vu une fille de 18 ans, du nom d'Aoudzanka ; une femme de 30 ans, appelée Kostiorka ; l'enfant qu'elle allaitait se nommait Kochka ; un homme de 30 ans, nommé Minébail ; enfin une jeune mariée de 22 ans, portant le nom assez agréable à l'oreille d'Orinka.

Les Votiaks de cette région pratiquent le mariage par rapt, comme les Tchérémisses, et souvent ils achètent la fiancée, ce marché se nomme KOvibiNFL. On la paie de 40 à 50 roubles environ. Orinka a coûté 50 roubles à son mari : elle était donc considérée comme étant

ce qu'il y a de mieux. Pour le mariage, un vieil homme qui sert de prêtre récite des prières, toujours les mêmes. Ensuite les mariés et les assistants boivent la « Koutnouichka » jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus tenir debout. Pendant trois jours, ils restent dans la maison de la famille du fiancé, allant boire partout où on veut les recevoir. Ensuite ils rentrent dans leur propre maison. Quelque temps après le mariage le mari peut renvoyer sa femme et la femme peut quitter le mari.

Avant la moisson, les habitants de chaque maison font un petit llan. Ensuite tous vont au bois sacré, s'assoient en rond, font du feu.

Chaque famille apporte un flan. Un de ces flans est coupé en petits morceaux qui sont jetés au feu ; les autres gâteaux sont mangés dans le bois sacré. Les oiseaux doivent aussi avoir leur part.

Au carnaval, les habitants de dix maisons votiakes se rassemblent pour manger du gruau.

A Pâques, ils prennent un grand bâton et vont par les maisons et les rues pour chasser le diable ; lorsqu'il ont terminé cette promenade religieuse, ils festoient.

Aussitôt qu'un des leurs est mort, ils lavent son corps, prennent

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Peigne votiak, en cuivre. Village laoaberdino Hna6epAHHO

ilu lin et l'enveloppent. Chaque personne qui vient à la maison mortuaire doit apporter une ou deux archines de toile. Pour l'enterrement, on creuse la fosse, on place au fond une couche d'écorce de tilleul sur laquelle oh dépose le mort bien enveloppé. Au dessus, on pose soigneusement pliée toute la toile apportée par les invités. Auitessus, ils étalent une seconde couche d'écorce d'arbre. Les femmes votiakes ne vont pas au lieu de sépulture. Les votiaks portent sur les tombeaux des œufs et de la vodka, (eau de vie).

Les hommes suspendent à leur ceinture un petit peigne métallique semblable à ceux que l'on trouve dans les anciens gorodischés l des gouvernements de Viatka et de Perm. Ces derniers ont une ornementation zoomorphique mieux indiquée.

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