Rambaud, Histoire de la Russie. Paris, 1884, p
Le passage des troupes russes par le délilé du Darial, et plus tard la prise de Gounib, furent des actions si héroïques qu'elles imposèrent aux montagnards ennemis l'admiration pour une armée habituée aux plaines, armée qui, par des efforts inouïs, sut se frayer une route dans des gorges resserrées entre les rochers, où seuls les torrents tumultueux trouvaient place.
Ce n'est pas seulement la gloire des armes que la Russie conquit au milieu de ces montagnes géantes, mais aussi la consécration du génie de ses plus illustres poète*, car la féerie de cette nature grandiose, la hardiesse de ces montagnes menaçant le ciel, leur ont inspiré des accents qui les ont immortalisés.
« Salut à toi, Caucase au front chenu! Bien souvent, j'ai rêvé de ton ciel méridional et des rocs altiers de les cimes. Que tu es belle, ô rude terre de la liberté! Et vous aussi, immuables autels de la nature, où, comme la fumée de l'encens, bleuissent les nuées qui volent de loin vers vous à la tombée du jour!
« Sauvages sont les races de ses défilés; leur Dieu s'appelle liberté, leur loi, guerre; elles croissent au milieu des brigandages furtifs, des cruels forfaits, des actions héroïques. Là, ce n'est point un crime de frapper son ennemi ; là, l'amitié est fidèle, plus Adèle encore la vengeance ; là, le bien se rend pouf le bien, lé sang veut du sang, et la haine est sans mesure comme l'amour. »
5097.— L-lmprimeriei réunios,B, me Saint-Benoît, 7. — Motteroi, direct car.
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