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DEUXIÈME PARTIE

sur les dalles qui pavent encore la cour et les portiques; aucune trace des civilisations postérieures ne vient distraire la pensée de l’œuvre des Ptolémées, inspirée par les œuvres des Pharaons, et ce temple, que les sables ont protégé, permet de se rendre compte dans son ensemble d’un sanctuaire égyptien , et d’assigner aux ruines confuse^ de ceux que nous verrons ensuite leur place respective dans le plan général.

Edfou est donc, si l’on peut parler ainsi, la clef de tous les monuments religieux de l’Egypte. Construit sous les Ptolémées, de 222 à 52 avant Jésus-Christ , il est comparativement moderne ; mais la nouvelle dynastie ayant adopté les formes religieuses du pays soumis à ses lois, le style s’était conservé, sinon aussi pur, au moins dans le sens primitif (1).

Un grand temple égyptien peut se diviser en trois parties : 1° le temple lui-même, avec le vestibule et le logement des prêtres; 2° la cour qui l’environne, garnie ordinairement de colonnades et aboutissant à 3° la porte d’entrée ou le pylône, qui dépasse tobjours en élévation tout l’ensemble des édifices (On emploie les noms grecs à défaut d’appellations mieux appropriées aux formes spéciales de l’architecture égyptienne). Quelquefois une seconde cour précède ce pylône, comme il arrive également que plusieurs pylônes se succèdent, reliés par une avenue de sphinx ou de béliers. Les fouilles d’Edfou n’ont dégagé que celui qui formait l’entrée même de la cour.

Un pylône se compose de deux grands massifs de maçonnerie, tours quadrangulaires plus larges que longues, à pans inclinés et réunies vers la moitié de leur éléva-

(1) Edfou aide à faire comprendre les autres temples et n’a été que récemment déblayé dans son entier; c’est ce qui motive cette description plus détaillée.

tion par une porte dont les côtés affectent aussi l’inclinaison pyramidale. Des chambres et des escaliers sont pratiqués dans les tours : à Edfou, c’est de la terrasse supérieure du m assif Est qu’on peut le mieux embrasser le plan général du temple, quadrilatère allongé dont le pylône est la base un peu plus large, dans ses trois parties, que le reste du quadrilatère.

On entre alors dans la cour principale. Celle d’Edfou est garnie de douze colonnes de chaque côté de sa longueur, et de quatre en retour sur chaque massif de l’entrée. Le quatrième côté, qui fait face à cette entrée, est formé par le portique même du temple, un peu moins large que le fond de la cour, de manière à laisser à droite et à gauche, entre le bâtiment et le mur d’enceinte, un passage de quatre pieds : ce passage ouvre le chemin de ronde qui, prolongeant la cour, isole complètement le sanctuaire et ses dépendances.

Le temple lui-même doit toujours renfermer au moins deux parties : le pronaos ou portique, et le secos ou sanctuaire. Ordinairement le nombre des vestibules est plus considérable, et ceux-ci donnent accès à des chambres latérales.

Ici, où le plan est fort complet, le pronaos, qu’on peut appeler 1 e portique extérieur, è st soutenu par trois rangées, chacune de six colonnes; la première rangée étant prise à mi-hauteur dans un mur qui ne laisse de libre que l’espace entre les deux colonnes du milieu, la porte est simulée par les deux montants, couronnés d’un commencement de chambranle dont le milieu reste ouvert, disposition fréquente dans les temples et que je nommerai désormais clemi-porte. Le pronaos avait une grande importance dans les temples égyptiens : lieu de réunion des fidèles qui ne pénétraient pas dans le sanctuaire même, réservé aux prêtres, il devait avoir des

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