DEUXIÈME PARTIE
des détails contribuent à augmenter l’effet général d’Edfou. Je ne citerai que les plus remarquables.
Les sculptures du pylône présentent le sujet qu’on retrouve en Egypte sur presque toutes ces entrées : à l’extérieur ce sont quatre divinités colossales devant lesquelles le monarque tient d’une main, par les cheveux, une poignée de captifs, tandis que de l’autre il brandit son épée au-dessus de leurs têtes ; à l’intérieur sont gravées douze divinités gigantesques. Sans nous arrêter sur les hiéroglyphes, dont chaque mur d’entre-colonnement présente une scène, il est impossible de ne pas mentionner la finesse toute particulière des petits bas-reliefs à l’entrée du pronaos, parmi lesquels se détachent en première ligne des figurines accroupies dont l’exécution délicate fait autant d’honneur à la main qui les a reproduites qu’à l’imagination qui en conçut le dessin.
Parmi les curieux bas-reliefs qui décorent le passage découvert avant le secos, on remarque sur le mur de droite une scène où les morts, enveloppés dans leurs bandages de momie , peints en bleu, en blanc ou en rouge, comparaissent devant le juge suprême pour lui rendre compte de leurs actes. L’ornementation générale de la salle voisine de ce mur est très-riche : dans les petites chambres autour du sanctuaire, on peut étudier* les longues rangées d’hiéroglyphes qui couvrent les parois, à partir d’une plinthe uniquement composée de boutons et de fleurs de lotus épanouis à l’extrémité de leurs longues tiges.
Un étroit escalier qui, du portique intérieur, permet d’atteindre la plate-forme du temple , nous montre sur ses deux rampes une procession de jeunes prêtres, à la tête entièrement rasée, sauf la natte sacerdotale : ils sont presque de grandeur naturelle et fort caractéristiques.
Le chemin de ronde enfin est une des portions les plus importantes d’Edfou : le mur d’enceinte et celui du temple sont couverts, depuis les dalles jusqu’à la frise, de sculptures d’une conservation parfaite, interrompues seulement par trois lions couchés sortant à moitié de la muraille et destinés sans doute à l’écoulement des eaux. Parmi ces bas-reliefs, on peut citer, au commencement du chemin de ronde, tant à gauche qu’à droite, mais plus visibles à gauche, un filet entouré de chasseurs et rempli d’oiseaux, un roi conquérant, et sur le mur de gauche, des barques de diverses dimensions, sans voiles ou avec une large natte rattachée par de nombreux cordages. Près de ces scènes de la vie usuelle, la pompe religieuse est représentée par la bari, le bateau symbolique porté par les prêtres dans les cérémonies. L’influence étrangère se fait sentir dans la suite des bas-reliefs qui forme la rangée inférieure des deux murs : ce sont de petits personnages en pied , hommes et femmes, auxquels sont joints des attributs divers. Les uns tiennent à la main deux vases de forme élégante, aux pieds des autres sont placés des animaux lilliputiens, un bœuf, une gazelle, une oie. Ceux de la muraille du fond, qui l’emportent de beaucoup sur les autres, sont accompagnés d’oiseaux jouant autour d’eux dans les branches. Le dessin, dans un style plus naïf qu’à Pompéi, constate déjà une tendance semblable. Les types sont charmants, les animaux ont de l’expression, on dirait presque de la malice dans le regard. Ce chemin de ronde, qu’on retrouve si rarement conservé, parce que sa position extérieure l’expose davantage aux atteintes des hommes et du temps, achève de faire comprendre l’ensemble d’un temple et la corrélation de ses diverses parties.
Le petit templesitué à quelques minutes du premier,