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DEUXIÈME PARTIE

par six et maintenant par deux colonnes seulement, sont encore très-visibles. Ils garnissent les murs sur neuf rangées qui se succèdent sans autre intervalle que la ligne figurant le terrain, et sur laquelle sont placés des personnages d’environ une coudée de hauteur peints en rouge et en noir. Ce sont les dispositions observées dans toutes ces fresques.

Les sujets varient : ils retracent des luttes gymnastiques, des tireurs d’arc, des danses , des pirouettes, des bateaux à rames, des joueurs de dames et de morra, et une rangée de bœufs, vus de trois quarts, expressifs et rendus avec une étonnante vérité ; on y voit enfin une chasse ou les bêtes sauvages, attirées dans un enclos entouré de filets, sont criblées de flèches. Nous trouvons dans une autre grotte des [luttes d’hommes ou de femmes en tuniques collantes blanches ornées de bleu ; la fabrication du vin, la bastonnade et des scènes artistiques, dans l’une desquelles un sculpteur achève sa statue, dans l’autre deux peintres copient des animaux. Ce dernier dessin est précieux en ce qu’il prouve, par le chevalet qui soutient le tableau, que, dès cette époque reculée, la peinture égy tienne ne se bornait pas aux décorations murales, mais qu’elle était déjà considérée comme un véritable art d’agrément qui trouvait son emploi dans les demeures. Quant à l’architecture, les colonnettes des excavations du Sud offrent le type égyptien primitif décomposé , si l’on peut ainsi parler, et font comprendre sa formation, imitée d’un faisceau de tiges retenues au sommet par un lien commun.

Le côté Nord ne renferme que deux grottes; deux colonnes d’ordre dorique forment le portique de chacune d’elles ; les deux premières ont seize pans, les secondes huit, ce qui enlève aux Grecs l’origine de cet ordre qu’ils ont perfectionné sans doute, mais dont l’invention

ne leur appartient pas. Le premier des sépulcres est une chapelle à trois nefs voûtées : ces voûtes, peintes en bleu, étaient, semées d’étoiles d’or, car de tous temps, en Égypte, à Rome, au moyen âge, l’homme dans ses tombeaux, dans ses demeures ou ses églises, aimait à retrouver au-dessus de sa tête un reflet du ciel et de ses splendeurs. Les peintures de ces deux chambres sépulcrales l’emportent sur les autres par leur finesse : des oiseaux, dont chaque espèce est reconnaissable, voltigent dans un arbre sans apercevoir le chasseur qui les guette ; des hommes en pirogue prennent le poisson à la lance ; des animaux malades sont soignés, et toute une famille étrangère vient rendre hommage à un personnage puissant. Longtemps on a cru retrouver dans cette scène naïve l’histoire de Joseph et de ses frères ; les dates ne s’y rapportent pas, la venue des Israélites étant postérieure à ces peintures, qui peuvent cependant en donner l’idée. Cette fresque présente le singulier défaut de l’art égyptien, qui proportionnait la taille des personnages à leur importance relative : le seigneur devient de la sorte un géant salué par des nains.

La tombe voisine, la première de toutes sous le rapport architectural, outre le péristyle, conserve trois des quatre colonnes à seize pans qui soutenaient l’arête de sa triple nef. Une niche, pratiquée au fond, renferme les statues assez grossières d’un homme et de deux femmes. Les voûtes sont peintes en damier jaune et blanc, que traverse longitudinalement une rangée d’hiéroglyphes bleus. Les peintures, très- bien conservées, représentent des acrobates, des porteurs d’eau, des bijoutiers, des animaux qu’on sauve de l’inondation, scène encore visible, chaque année, sur les bords du Nil,

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