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DEUXIÈME PARTIE

nombreux détours pour nous rendre aux Pyramides de Sakliara. Nous suivons les digues qui serpentent audessus des prairies encore marécageuses ; après des bois de beaux palmiers, nous franchissons deux vieux ponts en pierre d’architecture arabe. Au départ de Bédréchéin, les Pyramides semblent à peu de distance ; il nous faut trois heures pour les atteindre, et à l' arrivée nous éprouvons presque une déception. À l’endroit où commencent les sables du désert s’élève la plus grande; parmi les autres, construites à une certaine distance et à des hauteurs inégales, quatre ou cinq seulement frappent l’attention. Au loin à gauche on aperçoit celles d’Abousir, à droite à l’horizon Celles de Gizeh.

La grande Pyramide de Sakhara, lorsqu’on est auprès, ne forme plus qu’une masse de pierres dont la base est enfouie sous le sable; les côtés ont perdu leur régularité primitive, et beaucoup de débris jonchent le sol environnant. 11 est néanmoins intéressant d’en étudier la structure : elle présente dans son ensemble cinq gradins fortement accentués et dont les vides ne sont pas comblés de manière à former la pyramide parfaite.

En 1843, une expédition prussienne, dirigée avec un rare talent par l’illustre docteur Lepsius, explora tous ces alentours sur une très-vaste échelle : ne se bornant pas à décrire les Pyramides connues, elle en découvrit de nouvelles accompagnées de tombeaux qui remontent aux premières dynasties. Les peintures de ces nécropoles étaient une preuve de plus du développement prématuré de l’Égypte, et le musée de Berlin s’est enrichi de plusieurs de ces chambres sépulcrales, soustraites, avec grand’peine , aux dévastations des Arabes. Mais les sables n’avaient pas encore rendu tous leurs trésors : M. Mariette a porté sur ce point

quelques-unes de ses investigations et elles ont été couronnées d’un brillant succès. A un quart d’heure environ de la grande pyramide de Sakhara, au fond d’une vallée de sable, nous avons visité la plus récente de ces découvertes. C’est un monument funéraire, le sépulcre presque royal d’un prêtre inconnu jusqu’ici dans l’histoire et qui vécut vers la quatrième dynastie.

On arrive par une avenue qui s’abaisse au milieu d’un mur de larges pierres, enveloppe extérieure de massifs en maçonnerie, placées par assises graduées, taillées sur leurs faces principales, mais sans sculptures. Quelques marches aboutissent au portique, petit vestibule décoré de deux piliers, à droite et à gauche duquel commence un couloir encore fermé qui rappelle les chemins de ronde des temples. Au fond du vestibule s’ouvre une porte, très-étroite eu égard à l’épaisseur des murs dans lesquels elle est pratiquée : elle donne accès à la salle ou cour principale, garnie de douze piliers disposés en carré et qui laissent le milieu de l’espace vide. La salle est fermée par deux murs contigus : celui du fond, attenant au rocher, est en grosses pierres sur lesquelles s’appuie un revêtement en pierre tendre et sculptée. Une double irrégularité se manifeste ici : la porte d’entrée correspond, non au milieu de la cour, mais aux deux derniers piliers de droite, tandis que l’entrée du couloir qui continue l’édifice est pratiquée précisément dans l’angle droit du fond. Cet étroit couloir, resserré à deux reprises par des portes probable ment fermées autrefois, donne accès d’abord à une chambre latérale et se termine par une salle plus grande, dont le plafond encore complet est soutenu par deux piliers.

L’entrée actuelle du caveau sépulcral se trouve sous

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