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DEUXIÈME PARTIE

produit les fresques les plus curieuses des diverses époques de l’art égyptien.

On visite d’abord la salle de droite, au milieu de laquelle sont déposés, sous une cage de verre, les nombreux et splendides bijoux de la reine Aah-Hotep, dix-septième dynastie, que M. Mariette a trouvés dans un tombeau de Thèbes.

Par quels moyens mécaniques les artistes égyptiens étaient-ils arrivés à modeler avec tant de perfection l’argent et l’or, à composer les longues chaînes de gourmettes d’une extrême ténuité enlacées les unes dans les autres, à revêtir les métaux précieux de l’émail cloisonné le plus éclatant ?

11 n’y a point d’exagération à dire que cette parure de souveraine, portée dix-huit cents ans avant Jésus- Christ, soutient la comparaison avec tous les bijoux modernes les plus finement exécutés. Elle a même un mérite peut-être supérieur : celui de l’invention qui a su concilier une étonnante originalité avec le goût le plus exquis.

Les emblèmes hiéroglyphiques ont inspiré les artistes : sur un des bracelets se dressent deux sphinx aux vives couleurs ; un autre est fermé par le corps d’un oiseau symbolique dont les ailes diaprées, se rejoignant avec une grâce infinie , devaient faire mieux ressortir la beauté du bras qu’elles enlaçaient ; un troisième, replié au milieu sur une charnière, s’ouvre en deux par-

debout sur les colonnes papyroïdes de l’entrée ; la déesse Neith , aux dessins astronomiques, étend ses longs bras sur le plafond , comme au tombeau de Rhamsès V; les athlètes continuent les luttes de Béni- Hassan ; les esclaves présentent aux convives, comme à Thèbes, les coupes de vin et les fleurs du lotus. Une série de ces reproductions est destinée à représenter l’histoire égyptienne sous ses différents monarques, avec tous les cartouches des Pharaons, des Ptolémées et des Empereurs.

ties semblables décorées d’une inscription. Tantôt les colliers sont garnis d’un scarabée en médaillon, tantôt ils se rattachent à trois grandes mouches d’or. Il faut citer le diadème, le naos ou pectoral, la barque sacrée, les insignes du commandement, et surtout un poignard à lame d’or et de bronze incrusté, dont le pommeau présente une tête sur chaque face, chef-d’œuvre d’orfévrerie qui ferait honneur à toutes les civilisations. Après les productions massives de l’antiquité égyptienne , cette étincelante collection ouvre une phase toute nouvelle dans l’histoire de l’art.

La caisse qui renfermait la momie de la reine est d’une conservation parfaite ; elle est recouverte de la tête aux pieds d’une épaisse couche de dorure. Près d’elle on en a placé deux autres, spécimens des produits les plus remarquables dans ce genre. Une autre reine occupe dans cette salle une place d’honneur, Amnéritis de la vingt-sixième dynastie, dont la statue en albâtre, oriental retrouvée àKarnak, est une œuvre d’une rare élégance quoique empreintede la roideur desderniers temps. Elle forme par là même un curieux contraste avec la statue en bois d’un prêtre, ouvrage de la quatrième dynastie et l’un des objets les plus précieux du musée. C’est la seule connue jusqu’ici de cette dimension (petite nature) : le modelé en est excellent, les traits sont pleins d’expression et les yeux animés par une prunelle de cristal et une pointe d’argent.

Les conservateurs ont réuni dans une même vitrine des objets de toute espèce , dont je ne puis énumérer ici que les principaux : ce sont les peintures sur papyrus de la déesse Nephtys qu’on plaçait sur la poitrine des momies, un petit hippopotame en terre bleue émaillée, des vases d’albâtre, un buste, une petite amphore, une table en miniature ornée de marqueterie et

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