PREMIÈRE PARTIE
Judée d’un jaune rosé ; de grands candélabres d’argent sont placés aux deux extrémités , et sept lanternes sont suspendues au-dessus. On arrive ensuite par la gauche dans l’église principale, rotonde en très-mauvais état qui supporte la coupole si détériorée. Au milieu de la rotonde s’élève une petite église dans l’église, une chapelle revêtue à l’extérieur de marbre et surmontée d’un dôme octogone, au-dessus duquel flotte un voile bleu semé d’étoiles d’or, qui produit un très-bel effet. A l’entrée sont deux sièges de pierre et huit grands candélabres d’argent. Cette chapelle a deux divisions : la première, presque obscure, est l’endroit du Sépulcre où se tenaient les anges. De là, par une porte basse qu’on ne peut franchir qu’en rampant à genoux, on pénètre dans une étroite chapelle dont la partie droite est occupée dans toute sa longueur parle sépulcre lui-même, éclairé par quarante-huit magnifiques lampes aux armoiries des donateurs. Les fidèles allument leur cierge et peuvent s’agenouiller quatre en même temps devant le tombeau. La pierre sépulcrale elle-même a un revêtement de marbre.
Précisément en face de l’entrée du Saint-Sépulcre s’ouvre, sur la grande rotonde, le chœur des Grecs, formant comme la nef de l’église; il est orné de nombreuses peintures et dorures dans le style grec et surmonté d’une coupole, la moins vaste des deux. La naïve crédulité y montre, par une étoile en mosaïque , le centre de la terre. Le chœur des Latins, beaucoup moins important, se trouve à droite de la rotonde ; on y voit un débris de la colonne de la Flagellation, et dans la sacristie les moines présentent au voyageur l’épée et le chapelet de Godefroy de Bouillon.
Derrière le chœur des Grecs s’ouvrent plusieurs petites chapelles, celles du Centenier, du Bon Larron, du Partage des vêtements, et par un escalier large et
profond on descend à la chapelle souterraine de Sainte- Hélène. Celle-ci comme coup d’œil est une des plus frappantes de toutes : elle est décorée dans le style oriental et garnie de vieilles colonnes byzantines soutenant une coupole qui prend son jour d’en haut. On y voit la chapelle latérale de l’Invention de la Croix, c’est-à-dire le lieu où sainte Hélène retrouva la croix du Seigneur et celle des deux larrons. Je citerai aussi dans ces abords les trois petites cellules séparées, taillées dans le roc, qu’on indique comme l’ancienne prison des condamnés pendant les apprêts de leur supplice. .
A la sortie du chœur des Grecs on gravit à droite un escalier double de dix-huit marches, et l’on se trouve sur une petite plate-forme avec sa coupole particulière mais peu élevée et éclairée par deux fenêtres. Le fond forme trois autels; le sol est dallé. Où êtes-vous? Sur le Calvaire!
L’autel principal, celui de gauche, appartient aux Grecs; derrière s’élève un grand crucifix, et devant l’image du Crucifié brûlent deux rangées de lampes vertes et rouges, les unes pendues dans* les interstices laissés par les autres. Sous l’autel, une plaque mobile en argent recouvre le trou dans lequel fut plantée la croix; il est facile de s’y convaincre que l’autel est, en effet, bâti sur un rocher que dissimule le revêtement de marbre. On y montre même une fente profonde qui descend jusqu’à l’étage inférieur (la fente du roc au moment de la mort du Sauveur). L’autel de droite appartient aux Latins, qui Je désignent comme la place où le Seigneur fut cloué sur la croix. A quelques pas plus loin on indique le lieu où se tenaient les saintes femmes. Les Grecs assurent qu’Adam est enterré sous la chapelle du Calvaire.
Dans le côté arménien de l’église, au nord de la ro-