PREMIÈRE PARTIE
loi
tonde, on visite les sépultures de Joseph d’Arimathie et de Nicodème. Il y a là trois emplacements de cercueil creusés dans le roc, et qui frappent d’autant plus que c’est la seule partie de l’édifice laissée dans son état primitif.
L’église était autrefois infiniment plus étendue; toutes les portes, sauf une seule, sont murées, entre autres celle qui indiquait la dernière station du Chemin de la Croix et terminait la Voie douloureuse. Il en reste à l’extérieur des colonnes à demi enterrées dans le gravier. C’est à quelques pas de cette porte qu’on peut encore visiter la citerne dite de Sainte-Hélène, curieuse par ses dimensions et par son excessive profondeur. Ce beau travail est d’une incontestable utilité dans une ville où il y a toujours disette d’eau. Beaucoup de dépendances complètent l’ensemble des bâtiments du Saint-Sépulcre.
J’ai tout décrit sans commentaires, quoique la seule nomenclature fasse reconnaître combien il est de ces places d’une impossible authenticité ; combien d’autres qui, érigées en commémoration, ont avec le temps passé à l’état de réalités qu’on ne permet pas de contester. Le moine latin lui-même, qui montre l’église, appuie avec chaleur sur plusieurs points, tandis qu’il émet des doutes ironiques sur d’autres lieux appartenant à ses rivaux. Mais la grande question qui résume toutes les incertitudes secondaires est celle-ci : le Calvaire a-t-il pu être là-même où on le tnontre ?
Les raisons pour et contre reposent sur la place assignée aux différentes enceintes de la ville. Jérusalem, au temps du Christ, n’en possédait que deux; Hérode- Agrippa enclava une portion des faubourgs dans un troisième mur partiel. Où passaient ces murs, tel est le nœud de la difficulté qui est loin d’être résolue. Il ne nous appartient pas de trancher une question qui
soulevait des doutes dès l’an 1336, et que des voix éloquentes ou des investigateurs patients et éclairés ont cru devoir tour à tour attaquer ou défendre.
Il est un fait constant, c’est que, si la place est réelle, le plan de la Jérusalem ancienne est réduit à des proportions dont l’exiguïté est difficile à comprendre; c’est que l’angle rentrant, nécessité alors dans la construction du second mur, est contraire aux règles de toute fortification, puisque l’extérieur dominerait l’intérieur ; que la piscine d’Ézécliias reste en dehors et qu’on se demande où résidaient les nombreux habitants de la grande cité. La situation du Calvaire, je laisse ici la tradition de côté, est une de celles qu’on choisirait en dernier pour les exécutions. On menait les criminels hors de la ville, est-il dit; mais si, par une bizarrerie de forme que rien ne justifie, cette place avait été laissée dehors, elle devait être entourée par les constructions qui la dépassaient de tous côtés et qu’ Agrippa, quelques années plus tard, faisait entrer dans l’enceinte même. Quant à l’aspect des lieux, les bouleversements successifs que Jérusalem a subis, et surtout la dévastation exercée par le calife Hakem qui détruisit autant qu’il pût tout ce qui se rattachait au christianisme, auraient dû le dénaturer entièrement. Rauchwolf écrit en 1373 qu’il n’est resté du sépulcre qu’un mur du côté droit. Il est par conséquent difficile de tirer une preuve quelconque, soit pour la négative, du peu d’élévation du Calvaire, soit pour l’affirmative, de l’existence de ce petit rocher. J’ajouterai même que rien dans l’Evangile n’indique une éminence, quoiqu’il soit naturel de penser qu’à Jérusalem, comme dans presque toutes les cités anciennes, le lieu du supplice était placé sur une hauteur, afin d’attirer les yeux de la multitude.
D’autre part, Flavius Josèphe, le seul auteur sur le-