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PREMIÈRE PARTIE

quel on puisse s’appuyer, malgré ses assertions quelquefois erronées, assure que le troisième mur traversait les Cavernes Royales. Or, il semble impossible de donner ce nom aux sépultures ^situées à trois quarts d’heure hors des murs actuels, et dont les fondateurs sont encore inconnus (voir plus bas). Une extension pareille sortirait entièrement de la mesure de trentetrois stades, assignée par l’historien à la circonférence totale de la ville, tandis que le terrain ne porte aucune de ces traces que laissent toujours des habitations. On pourrait alors supposer que ce nom de Cavernes Royales doit plutôt s’attacher aux carrières qui s’ouvrent près de la porte de Damas : le mur actuel serait, de ce côté, en partie identique avec l’enceinte d’Agrippa; une vieille tour dont le premier étage, d’architecture massive, subsiste enclavée dans la construction sarrasine, semblerait en être encore un vestige. D’après eette hypothèse, le second mur pourrait, selon les mesures indiquées par Josèphe, être reporté plus en arrière, et l’angle rentrant, si peu compréhensible, il faut l’avouer, serait peut-être prouve par le sommet d’une arcade qu’on retrouve prise dans les constructions, non loin de l’établissement des Diaconesses. On voudrait y voir l’ancienne porte de Gennath ou des Jardins, qu’il faudrait peut-être confondre avec celle dite de l’Angle, et la distance de cette porte au Calvaire correspond assez exactement avec le nombre de coudées assigné par Josèphe. Les raisons stratégiques opposées à ce second mur justifieraient néanmoins la place du troisième. Trois côtés de la ville sont défendus par un ravin, le quatrième par un fossé et les fondements sont placés dans le roc.

Si nous évoquons enfin la tradition pour sortir de l’incertitude produite par ces assertions contraires, qu’il est aisé, de part et d’autre, d’appuyer sur des

chiffres, aucune lumière nouvelle ne vient éclairer la question. En effet, si d'une part il semble étrange que, trois siècles seulement après la mort du Christ, le souvenir du lieu qui en fut témoin ne se fut pas perpétué de génération en génération, il est cependant prouvé par les historiens du temps, que l’impératrice Hélène dut faire de nombreuses recherches, et ils ne s’accordent pas sur la manière dont la découverte fut opérée. Si l’on assure encore, comme preuve, que l’emplacement choisi par l’impératrice était celui d’un temple païen, terrain souillé , on peut être également surpris du choix fait par les Romains d’un lieu de supplice pour y élever un sanctuaire aux dieux, et l’on ne saurait oublier les paroles d’Eusèbe, s’étonnant du voile qui cache aux yeux des chrétiens l’endroit où s’accomplit la Passion.

Que résulte-t-il de ces opinions contradictoires, si ce n’est que la plus grande circonspection doit présider à toute affirmation de ce genre et que, sans nier d’une manière absolue un emplacement que l’irrégularité d’une ville orientale aurait pu, à la grande rigueur, exclure de son plan, et qui de toutes manières ne pouvait être loin du lieu du supplice, on doit aussi s’abstenir de ne voir, dans Jérusalem, que cette seule église à laquelle tout se rapporte. Cette incertitude même ne prouvet-elle pas que le chrétien, plutôt que de s’arrêter à la forme matérielle, doit s’attacher avant tout au spiritualisme de la rédemption (1) ?

(1) Je liens à constater que ce n’est pas une partialité résultant d’une nuance religieuse qui a fait émettre des doutes sur l’authenticité du Saint-Sépulcre. Plusieurs protestants l’ont affirmée, des catholiques l’ont combattue à plusieurs reprises. Voir, pour le résumé de ces travaux, la remarquable Topographie de Jérusalem, par M. Coquerel fils; et comme élude récente en faveur de l’authenticité, le chapitre intitulé : Topographie de l’ancienne Jéru salem, dans Trois ans en Judée , de feu M. Gérardy Saintine,

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