‹ En OrientChapitre 67 sur 161 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

martyre près de la porte de Damas (au vme siècle on l’indiquait sur la colline de Sion). Ici commence la Voie douloureuse; elle passe près des murs extérieurs du temple jusqu’au palais de Pilate qui l’avoisinait, et dont une caserne, édifiée sur les ruines dont elle a utilisé une partie, occupe l’emplacement. Une arche irrégulière, sous laquelle passe la rue, est désignée sous le nom d’arc de l’Ecce-Homo. La base et le commencement de l’archivolte sont romains ; le haut est de construction comparativement moderne et forme une chambre habitée pendant longtemps par un derviche. Sa mission consistait, assure-t-on, à jeter des immondices sur les chrétiens agenouillés devant l’arc, vexation qui cessa d’avoir lieu il y a un siècle environ (1).

Presque en face de l’ancien palais de Pilate, les croisés ont fondé l’église de Sainte-Anne, sur une grotte où la Vierge serait née. Reprise parles Turcs sous Saladin, elle a été rendue à la France, en 18o6, et l’on s’occupe de la restaurer. Un peu plus loin, dans un petit couvent

(1) Le terrain, à la droite de l’Arc, en venant de Gethsémani , a été acquis par l’œuvre de Sion pour y établir un couvent. L’abbé Ratisbonne, en déblayant la place, a trouvé un petit arc disposé de manière à faire suite au grand, dont il continue l’archivolte. Cet arc est incontestablement romain et, sans nul doute, le pendant se trouvait et se trouve, peut-être encore de l’autre côté de la tue, de manière à former en dimensions moindres un portique simple dans le genre de l’arc du Carrousel, à Paris. Il a fallu les bouleversements qu’a subis Jérusalem pour séparer ainsi à la vue les parties d’une même construction. — On a également retrouvé de larges dalles anciennes: or, il est évident que la ville étant autrefois pavée à plusieurs endroits, il faut traduire par dalle le mot hébreux gabbatha, attribué exclusivement au tribunal de Pilate. Tout se rapporte donc avec une exactitude assez grande pour que l’on puisse assurer que l’arc de l’E.cce-Homo faisait partie du palais et se trouvait près du tribunal du gouverneur romain.

latin, on voit l’église de la Flagellation ; ici plus que jamais, les noms rappellent plutôt qu’ils ne précisent les lieux. Je me permettrai la même remarque à propos des diverses stations indiquées par des fragments de colonne, et j’arrive enfin, après quelques détours nécessités par de vieilles maisons et par des constructions nouvelles, jusqu’à la porte murée de l’église du Saint- Sépulcre, dont j’ai parlé plus haut comme terminant la Voie douloureuse.

On est loin de pouvoir offrir pour le site désigné comme celui du palais d’Hérode, les preuves qu’il est aisé de présenter en faveur du palais de Pilate.

Tels sont les souvenirs chrétiens les plus sûrs et les plus connus : je viens maintenant aux souvenirs juifs.

J’ai rappelé qu’il subsiste peu de fragments des anciennes enceintes de Jérusalem. Le mur crénelé actuel date, dans son ensemble, du sultan Soliman (1534) et renferme plusieurs portes d’un bon style sarrasin, parmi lesquelles on remarque surtout celle de Damas.

Dans ce mur sont enclavés, non-seulement quelques fragments de la deuxième enceinte de l’ancienne ville et des constructions du temps des croisés, mais encore plusieurs portions des murs extérieurs du temple et de la forteresse de David. C’est près de la porte de Jaffa que s’élèvent les deux grosses tours carrées, dites de David ou des Pisani : chaque domination successive leur a laissé son empreinte; cependant les assises inférieures semblent remonter à l’époque du roi prophète : on y retrouvé la construction massive et les pierres colossales de l’architecture hébraïque.

En second lieu, je dois citer deux piscines, l’une d’Ézéchias, non loin du Saint-Sépulcre et bien conservée quoique l’eau soit quelque peu saumâtre ; l’autre dite de Béthesda (ce qui n’est pas une certitude mais

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