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DEUXIÈME PARTIE

de Pilate et dont les fondements reposent sur le roc plus élevé par intervalles que ces plantations mêmes. Au milieu de ce terrain, qu’on appelle du nom général d’Haram-ech-Chérif, une plate-forme plus haute de deux mètres que le reste de l’enceinte sacrée, supporte la mosquée et ses dépendances immédiates: on l’atteint de chaque côté par plusieurs perrons de huit marches en marbre, qui aboutissent à un portique, tantôt de trois, tantôt de quatre arcades ogivales, séparées au milieu par des colonnes et que terminent des piliers. Ces portiques détachés produisent un effet d’une extrême légèreté. C’est ici qu’on prend les babouches.

Sur la plate-forme s’élève la mosquée, grandiose, imposante, offrant des lignes sérieuses et une unité absolue dans son ensemble. En effet, aucun minaret ne l’accompagne; les dépendances sont complètement distinctes, le sanctuaire se dresse isolé et abrité sous une seule et vaste coupole. La base est octogone ; les côtés, d’une régularité mathématique, sont coupés à chaque point cardinal par sept portes ogivales; aux quatre autres faces, par sept fenêtres qui correspondent avec les portes. Dans le tambour circulaire qui surmonte la base est pratiquée une rangée de fenêtres ; au-dessus s’élève la coupole, beaucoup plus considérable qu’elle ne le paraît d’abord, légèrement ogivale dans le haut , rentrant un peu vers la base et recouverte de plaques en cuivre vert tendre. Toute la décoration extérieure de la mosquée est rehaussée par la couleur : le tambour est revêtu de terres cuites bleu d’azur, ornées de sentences du Koran; la base, de marbre jusqu’à la moitié de sa hauteur, est enrichie d’ éclatantes mosaïques en tuiles vernissées ; enfin le soleil fait encore briller le croissant doré qui surmonte la coupole. Tel se présente à l’extérieur ie Koubbet-es-Sakhrah. Cette

disposition se retrouve dans le plan intérieur. Deux enceintes octogones, formées par des colonnes en marbres de différente espèce, entourent la partie du centre qui correspond exactement à la coupole et que garantit une balustrade circulaire en bois sculpté, richement peint et doré. Lorsque l’œil, étourdi d’abord par l’obscurité qui succède brusquement à l’éclat du dehors , s’est habitué au demi-jour, chaque instant lui révèle une splendeur de plus. La coupole est entièrement recouverte de dorures et de mosaïques, les fenêtres sont garnies de vitraux où se confondent les tons les plus brillants ; le marbre décore les murs, tout, en un mot, est richesse, profusion d’ornementation, tout, excepté le centre même de la mosquée, où, derrière la balustrade et sous un vaste dais de soie, s’élève un rocher nu, inégal, irrégulier de forme, qui présente le contraste le plus étrange avec les somptuosités qui l’environnent. Mais ce contraste se rattache à la raison d’être de l’édifice lui-même ; cette merveilleuse coupole n’est destinée qu’à protéger ce rocher aride et le musulman ne s’en approche qu’avec une respectueuse terreur. C’est le roc sacré qui ne tient à rien dans l’espace ; suspendu par la volonté du Très-Haut entre le ciel et la terre, il recouvre sous ses flancs tourmentés l’entrée du séjour des ténèbres. Pour fortifier cette assertion, on conduit le voyageur sous le rocher même, dans un petit souterrain où l’iman frappe de son pied une dalle qui, résonnant avec sonorité, prouve qu’audessous se trouve le vide. Et de nouveau, le pieux musulman s’incline et frissonne : ce vide, c’est le puits par lequel Asraël, l’ange de la mort, entraîne les âmes des trépassés. Dans ce caveau, des mihrabs portent le nom de David et de Salomon ; dans la mosquée même on montre une empreinte des pieds du Christ, la pierre

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