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DEUXIÈME PARTIE

de Mahomet d’où il fut enlevé dans son voyage céleste,, et près de laquelle se dressent encore l’étendard du Prophète et la bannière du conquérant Omar. C’est ainsi qu’un souvenir révéré s’attache à chaque portion de l’édifice, mais troublé par la menace d’un prompt départ, , désireux de ne rien négliger, l’esprit ne peut prêter qu’une attention partagée aux merveilles qu’il entrevoit, aux traditions qu’il entend murmurer. On voudrait étudier à loisir cet admirable sanctuaire, on n’a qu’un moment pour le contempler; l’iinan nous presse, il est impitoyable, et l’on sort de la mosquée d*Omar la laissant encore toute voilée du mystère qu’on n’a pénétré qu’à demi.

Un seul mot suffit pour relier les légendes musulmanes aux traditions de l’ancienne alliance. Salomon choisit pour élever le temple le sommet du mont Morija, l’emplacement de l’aire d’Arauna le Jébuséen, où David vit l’ange exterminateur s’arrêter lors de la grande peste (II, Samuel, ch. xxiv, v.16 à 25). Le roclaissé à découvert est le lieu où le roi-prophète accomplit son sacrifice d’actions de grâces pour la cessation du fléau, et il devint plus tard le Saint des saints du temple de Salomon. Il paraît probable que le puits des âmes est la citerne qui se trouve en Orient dans toutes les aires pour rafraîchir les laboureurs.

En face de l’entrée orientale de la mosquée s’élève un petit dôme à douze pans, soutenu par des colonnes à claire voie. « C’est le tribunal de David, » dit l’iman; sans doute chez les Hébreux c’était la place de l’autel des holocaustes, près duquel les Israélites étaient appelés à prêter serment, ce qui aurait donné lieu à la désignation de tribunal que les musulmans lui assignent. Ils rapportent aussi une légende d’après laquelle Salomon avait ici une chaîne pendue au ciel et qui se

rompait dans la main du faux témoin. Les uns assurent qu’elle s’est si souvent brisée qu’il n’en est rien demeuré ; d’autres racontent qu’un témoin appelé à rendre une somme prêtée,- la cacha dans un bâton qu’il donna à tenir à son créancier : « J’ai rendu la somme, » dit-il, et ce témoignage, faux dans un sens, vrai dans l’autre, ayant été accepté, le charme fut rompu.

Nous quittons 4 terrasse par le côté sud ; le coup d’œil est vraiment oriental : près du portique à quatre arcades s’élève une chaire d’une élégante légèreté ; au delà du portique s’étend un térrain planté d’arbres, au milieu duquel est placée une fontaine ; en face c’est la mosquée et la coupole d’El-Aksa ; au loin, dominant les cyprès, se dresse un minaret dont la pointe conique et la large véranda diffèrent de tous ceux de Jérusalem et complètent le tableau. Pour nous, ce n’est encore qu’une vision; car l’irnan, dans la crainte de voir arriver des fidèles , ne nous accorde jamais un' instant de halte ; nous nous flattons de revenir par la môme route, il saura nous en empêcher.

La mosquée d’El-Aksa est l’ancienne basilique de Sainte -Marie ou de la Présentation de la Vierge au temple, construite^ sous Justinien ; son caractère primitif n’a rien perdu à la transformation. Surmontée d’une coupole de dimension inférieure à celle de la ( mosquée d’Omar, El-Aksa est précédée d’un porche à sept arcades ogivales correspondant aux sept nefs de la basilique. La nef centrale, d’une belle largeur, est supportée de chaque côté par six colonnes massives en marbre, qui soutiennent des arcs ogivaux, au-dessus desquels sont percées deux rangées de fenêtres. Les deux premières nefs latérales s’appuient sur des piliers carrés, les autres sont beaucoup plus basses. L’intérieur de la mosquée est nu et badigeonné en blanc.

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