EN MER, POUR LA PALESTINE
La Mercey est un bâtiment de la force de 250 chevaux seulement, mais il est bon marcheur. Son arrangement intérieur est simple, mais pratique. Le commandant, W Roux, est un brave et excellent homme, d'une politesse et d'une obligeance qui vont presque jusqu'à l'excès. H pousse les attentions si loin, que sachant que nous voulions faire maigre, tandis qu'on mange gras à bord, il nous fait préparer deux dîners maigres, l'un à la manière catholique romaine, le second plus rigoureux^ à l'huile, selon la règle du rite grec.
Je m'établis sur un bon canapé, dans la salle à manger. La mer est sage et sympathique, comme un enfant bien élevé; tout le monde est gai et jouit de cette heureuse chance, mais les Américains et les Anglais, non contents de babiller, deviennent plus que bruyants. Parmi eux, nous apercevons une nouvelle figure très-caractéris-
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idque; c'est un personage claasique, grand, vieux, maigre, à barbe toute blanche, tombant jusqu'à mi-corps.
Quel bonheur qu'une traversée par un temps calme! Il semblait que nous naviguions sur de l'huile; la vieille Méditerranée paraissait toute rajeunie; pas une ride sur sa face, souvent si mobile et si capricieuse.
Le plus beau soleil du monde, ardent comme de la braise, darde en plein sur notre navire qui, fier du bon accueil que loi fait la mer, s'avance à grands pas dans la direction des côtes de la Palestine.
Sur tous les bâtiments desservant les communications entre l'Europe et le Levant, le pont est partagé en deux, au moyen d'une barrière longitudinale, qui fait la ligne de démarcation entre la partie destinée à la promenade des passagers de première classe et le réduit où sont littéralement parqués, entassés pêle-mêle, les voyageurs de la der-