EK MER, POUB LA PALESTINE
nière. Us y étalent leurs matelas, Tiin à côté de Tautre, de manière à ne pouvoir les atteindre qu'en passant les uns par-dessus les autres. Tant que le soleil darde, ces pauvres gens sont abrités, tant bien que mal, contre l'effet de ses rayons ardents, par une grosse voile qu'on étend immédiatement au-dessus de leurs têtes; totalement privés d'air, ces malheureux y étouffent en aspirant une atmosphère abominable. N'étant pas nourris à bord, ils mangent les mauvaises provisions froides, dont ils ont eu soin de lester leurs bissacs en partant. Ces provisions se composent : de pain tout à fait sec, souvent moisi, de mouton cuit, froid et par cela doublement nauséabonde, de fromage de chèvre, dont le souvenir seul soulève le cœur, et de beaucoup d'oignons et d'aulx crus. Qu'on se figure les bouffées qui arrivent de dessous cette toile, renfermant une masse compacte d'honmies, de fournies.
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d'enfants, tous empaquetés de vieux habits infects, gisant et dormant ainsi dans un espace renfermé et mangeant de Tail du matin au soir. Je m'ïibstîens de compléter le tableaux par la description des détails de certaines scènes hideuses, lorsque la mer devient méchante, et que tout ce monde lui paie son tribut.
Il est de fait, que c'est un très-grand inconvénient que cet arrangement, insuffisant pour les pauvres gens et non moins désagréable pour les passagers des premières, qui sont privés de la jouissance du tillac, à cause de ce voisinage doublement répugnant; car à part les exhalaisons fétides, il y a encore la crainte bien fondée d'attraper toute espèce de vermine.
Mais, d'un autre côté, plus ce voisinage inspire de dégoût matériel, plus on se sent édifié par l'exemple moral de ces pauvres gens qui ont, bien sûr, incomparablement plus de mérite que nous, à offrir au Sei-