‹ En OrientChapitre 8 sur 10 · ES MER, POUB LA PALESTINE · texte numérisé non relu

ES MER, POUB LA PALESTINE

gneur les souffi'aiices de leur pèlerinage, rendu si difficile par les privations et la misère, et cependant, dans leur naïve humilité ils ne se plaignent de rien, ils supportent tout sans murmurer, et trouvent même que les peines qu'ils endurent ne sont pas à beaucoup près assez grandes pour payer le bonheur d'accomplir leur vœu.

Nous, au contraire, nous nous imaginons avoir fait l'impossible en ayant réalisé ce voyage, quelque peu fatiguant il est vrai, mais cependant accompagné d'autant d'aises et de confort que l'on peut seulement en désirer. Aussi, toutes les fois que la matière provoquait en moi des sentiments de dégoût et d'impatience, je parvenais à les maîtriser aussitôt, en établissant cette comparaison morale qui, apparaissant toujours à mon détriment, me rendait indulgent, ou plutôt juste, à l'égard de mes voisins du pont.

Notre diner avait été presque éléganmient

Page 1