LE CENTRE ET LE SUD-EST
Le Monastère de Néaaioni.
Vers l'ail lUUO, dit une lég-ende qui parait contenir une part de vérité, vivaient àChio, sur le mont Provatyas, trois ermites : Nicétas, Jean et Joseph. Ils virent à plusieurs reprises, dans le bois voisin de leur retraite, un feu brillant qui disparaissait à leur approche. Convaincus que ce })hénomène avait une orig-ine surnaturelle, ils entreprirent d'incendier la forêt tout entière et d'isoler ainsi le feu divin de ce qui l'entourait. Les flammes détruisirent tout, à l'exception d'un buisson de myrte, aux branches duquel était suspendue une image de la Vierge. Ils la portèrent dans leur
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iL'lraile, iiuiis constatèrent avec étonneinent, le lendemain, qu'elle était revenue d'elle-même à sa première place.
En ce temps-là, Constantin Monomaque était en exil à Lesbos. Dieu sng-^éra aux [)ieux ascètes l'idée de se rendre vers lui, afin de lui prédire son avènement au trône. Ils le firent et lui demandèrent, pour toute récompense, d'édifier, le joui- où se produirait cet heureux événement, une église j mat;Mifi([ue, à l'endroit où avait été trouvée l'imag-e. Constanlin promit et donna comme gage un anneau. Or, le 11 juin de l'an 1042, l'impératrice Zoé était débarrassée de Michel V par une émeute et offrait le pouvoir à Conslaulin Monomaque. Les ermites vinrent présenter à l'empereur son anneau et celui-ci envoya à Cliio des architectes, qui se mirent aussitôt à la besogne. Théodora acheva l'œuvre commencée par son prédécesseur. Le monastère ainsi fondé prit le nom de Néainoiii. Voici ce ([n'en dit Tournefort (1).
« L'Evêque (irec est fort liclie, il a plus de 300 Eglises dans la ville, et tout le reste de l'isle est plein de Chapelles ; les Monastères Grecs y jouissent de gros revenus; celui de Saiut Minas est de oO Caloyers, et celui de Saint George d'environ vingt-cinq : le plus considérable est Néamoni, c'est à dire, Nouvelle solitude, situé à 5 milles de la ville : nous y allâmes le cinq Mars 1701. Ce couvent paye 500 écus de capitation ; il renferme loO Caloyers, qui ne mangent en communauté que le Dimanche et les Fêtes, le reste de la semaine chacun fait sa cuisine comme il l'entend ; car la maison ne leur donne que du pain, du \in et du fromage ; ainsi ceux qui ont du bien font bonne chère, et même
(1) Touraeforl, Helalion d'un coyarje du Levant, Pav'is, ITKi, l. I, p. 3G8-370.