I,KS TURCS
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Les (linV-ri'iils sons du iiu>( n-i-. — Un cuu|) do poini;' biiMifiiisaiil. J'ai un pi'uci's sur les bras.
Nous trouvâmes sur le quai, uu grou[)e de fouctiontiaires eulouraul uu lieutenaut eu uniforme. Il me demanda brus- ({uemeut nos teskérés et, comme je lui tendais celui de ma sanir, m'interpella en se servant du mot vrè. En grec, on emploie familièrement ce vocable, dans des expressions comme ;3p£ àôsftpé, vieux frère, en s'adressant par exemple à un ministre. Ce peut être aussi une injure, quelque chose comme le français animal ; tout dépend du ton qu'on y met. Le ton ici ne laissait aucun doute sur la signification ; elle n'avait rien d'amical. Je me servis, dans ma réponse, du même terme, avec la même intonation; l'officier bondit du tabouret sur lequel il était assis et m'envoya, en plein visage, un coup de poing- qui, fort heureusement pour mon anatomie, dévia un peu et ne me causa qu'une légère douleur.
Le piège qu'on m'avait tendu était grossier. On espérait me voir riposter, on m'aurait fait ensuite un mauvais parti et des témoins seraient venus attester que j'avais été le provocateur. Je n'eus garde de sortir de mon calme. Cet incident d'ailleurs n'avait pas été inutile. Notre batelier, profitant de l'inattention momentanée des douaniers, s'était éloigné du quai et, le lendemain, j'entrais en possession de mes instruments. Quinze jours après, arrivait de Constanlinople l'ordre de les laisser pénétrer à Chic.
Au lever du soleil, je frappai à la porte de M. Spadàro, auquel je fis part de mon aventure. Il s'en montra fort ému
E\ PAYS TUUC
et, pour me donner des preuves de son énergie, me conla riiisloirc d'un chapeau d'év»k[ue, qu'il avait un jour arraché
].. Kihot.
M. l'eniot. \V. Milwitzkv.
\. Cliiin-Mii. 11. l'ernnt.
Paris à Pvrorlii.
aux (loiiaiiiers. Je déposai cuire ses mains une plainte écrite; il manda son drog-man, celui-ci envoya chercher la casquette yalonuée, emblème de ses lonctions, et ma lettre j)arvint
(MU) LIOS TURCS
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ainsi an yoiivcriicnr, ([iii se déclai'a [)rè(, à l'aiti; ce (ju'cxigeaieiit les lois. Bienfaisaiil coii|> de poiiiq ! Du jom- où je le
Mcsta. — Un philosophe.
reçus, les rôles furent intervertis dans mes relations avec Son Excellence. Kostis Manv,'ailvas, descendu la veille avec les gérontes, reg-ag-na Pyrg'hi le lendemain, après quelques heures de prison seulement, et nos midets purent enfin digérer
G() EN PAYS TITRC
en toute; ([iiiétudf I;i [taille dt'S khans de la \illt'. J'appris du reste, par un fonctionnaire ottoman auquel j'avais donné, à la fin du mois, les quelques medjidiés qu'il attendait en vain de son gouvernement, qu'un long télégramme était veiui de Constantinople et ([u'on paraissait ennuyé au koiiak. En effet, la surveillance se relâcha autour de nous et, si la fameuse proclamation aux habitants de Pyrghi ne fut jamais rapportée, du moins ceux-ci purent-ils, dans la suite, converser avec nous en toute liberté.
Quant à l'officier qui m'avait frappé, il fut poursuivi devant les tribunaux. J'assistai à la première audience, à laquelle il fit défaut, et j'appris la fin du procès par les lettres suivantes :
Chio, le 31 décembre 1898, Cher Monsieur,
Après votre départ, la marche générale de l'affaire n'a eu aucun changement de procédure. Ala deuxième audience, la première c'est-à dire en votre absence, ont été interrogés les autres témoins, qui ont dit la vérité. Le tribunal a alors émis sentence contre le Mulazim, le condamnant à la prison pour dix jours et aux frais du tribunal.
D. Spadaro.
Cliio, le 10 avril 189!J.
Monsieur,
Ali-Mulazim a fait appel à Khodes et S. E. le Gouverneur de Chio m'a transmis une citation pour vous, que j'ai transmise au consulat général de France à Smyrne. Suivant mes conseils, vous devriez avoir ici un fondé de pouvoirs, pour vous représenter dans toutes les phases de cette affaire.
D. Spadauo.
ciiio — r.i:s Tcncs 07
\'l(;i:-(^()NStILAT I)K FkANCI-: Uiiodus, le 12 mai 1811'.».