‹ En plein faubourg (moeurs ouvrières)Chapitre 15 sur 43 · EX PLEIN FAUBOURG · texte numérisé non relu

EX PLEIN FAUBOURG

])rèvient-elle pas le client que le marchand de vin ne garantit ni le contenant, ni le contenu ?... Ah ! la bonne, l'excellente loi Griffe (1) !

Une pièce de vin renfermant 225 litres, et coûtant — prenons une bonne moyenne — 135 francs, tous frais compris, cela met le litre à 0,60 centimes ; le débitant le vend 0,70 à emporter, 0,80 à consommer sur place. Mais, au comptoir, débité au demiseptier, le litre rapporte 1 franc, au cinquième i fr. 05. Enlin, les 50 litres qu'on a eu le soin de retirer de la pièce en la mettant en perce fournissent ()5 boutcnlles de vin cacheté, vendues 1 franc pièce, ou loO petites filles — demi-bouteilles — à 0,00 chaque. Résultat : un bènélice approximatif de cent pour cent !

1. I)ci>ui.s lo 20 août 189i, iino loi voloo nn mois auparavant par les Chaiiibros, interdit aux (lùl)itaiil,s do vendre des vins mouillés, sous i)t'iuo d'anuMido, do [)rison, de la perte des droits (;ivi(pics et i)oliti(iuos.

(Je m'en tiens, bien entendu, au commerce honnête, sans aborder le chapitre des opérations équivoques, mais essentiellement productives auxquelles se livrent des marchands de vin appartenant à des bandes noires qui alimentent la place de Paris de nombreuses pièces de vin obtenues — par quels procédés ? — à des prix inouïs de bon marché, provenant soit de la province, soit même de Bercy).

Ainsi, prélevant un bénéfice de cent pour cent sur le vin, un bénéfice de deux et trois cents pour cent sur l'alcool, quels bénéfices les débitants ne doivent-ils point réaliser sur la classe ouvrière ! Sans nul doute, le métier, à parler bourgeoisement, est des meilleurs, puisqu'il apparaît si productif. Mais, en laissant de côté les inconvénients moraux qui s'attachent à la profession, il y a le crédit qui emporte une bonne part des bénéfices ; il y a les sociétés coopératives qui fournissent des raiUiers de ménati:es, les

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