LES SALAIRES
— Trois pures, patron, c'est moi qui régale!... .Je te dis que nous nous battions. II recevait une de ces trempes, et salée! quand un pékin nous sépara.
— En voilà un salaud !
— Ecoute donc!... Alors, de quoi vous mêlez-vous? que je lui fais. C'est pas vous qui me donnerez du pain !
— Pour sûr ! il en crèverait plutôt.
— Vas-tu fermer ça?... Alors, que je lui fais, c'est pas vous qui me donnerez du pain?... « C'est pas les coups, non plus! » qu'y me dit.
: : EN PLEIN FAUHOrRd 1()7
— Fallait lui dire que ça tait digérer, p't-ôtre !
— N'en jette plus, la cour est pleine!... Alors, je lui dis que j'avais le droit de lui f...tredes gnons puisqu'il m'avait fait perdre ma place : « Combien que vous gagniez? — Trente-cinq sous. — Je vous en donne quarante. Venez chez moi à deux heures, je vous embauche ! » Tu penses s'il m'en bouche un coin î A deux heures, je m'amène, il m'embauche, et je travaille. En v'ià une affaire ! C'est « les vieux » ({iii seront contents !
— T'es rien veinard, toi ! Moi, (piand je me bats, c'est les fUrs (pii s'am<'MUMit... et j'dètale !
Le héros de cette petite histoire véiichipic a dix-huit ans. Il vit avec s«ïs parents. Le père est mécanicien, la mère couturière. Depuis (pielques années, V) ménage est heureux. Peu de chômage, plus de maladie, seulement encore (piehpicvs dettes arriérées
à payer. Si la chance continue, s'il n'arrive aucun avaj'O (1), ou pourra mettre quelques sons (le côté pour la vieillesse — ce rôvo (le tant d'ouvriers I Rôve trop souvent ;il);ni- (loiinè, par la force des choses, car, dans la vi(^ (les ()uvri(îrs, survient toujours, imniun- (juablement, c(i (pi'ils app(3llent un avaro.
On a établi, par des travaux rendus pu- 1)1 ics, h moyenne générale des gains quoti(li(His (I(; rouvrier parisien. Tour à tour, Foniccî (hi Ti'iiviiil — institution olïlciellc i"(îss()rl;iuf, MU iiiiiiist("îr(î du ('ommerce, — la JJonrse (hi Triivnil — fédération libre des SyiidicMls professionnels, ont dressé le tabhuiu des salaires de la grande industrie; enlln les srrirs de yrlx i\\\ usage chez l(Vs arcliii(M'tes, chez Icîs (uitre preneurs, font ('()iiiinitr(i les snhiiivs de tous les ouvriers du bAtiiiiciit, (l('j)iiis le in;iitr('-com[)agnon (dmrjxMiticr jiis([u'au giuduMir de maçonnerie,